Australie : un restaurant retire ses frites « Liste de Schindler » de sa carte
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Australie : un restaurant retire ses frites « Liste de Schindler » de sa carte

C'est une femme juive en visite dans une station balnéaire de l'est du pays qui a découvert le plat proposé par The Arc at Nobbys

Une scène de "La liste de Schindler", qui, selon Eva Lavi, correspond à la réalité : les nazis l'avaient séparée de sa mère mais Schindler l'a sauvée en disant aux gardes qu'"il avait besoin de ses petits doigts pour manipuler les machines". (Crédit : capture d'écran/YouTube)
Une scène de "La liste de Schindler", qui, selon Eva Lavi, correspond à la réalité : les nazis l'avaient séparée de sa mère mais Schindler l'a sauvée en disant aux gardes qu'"il avait besoin de ses petits doigts pour manipuler les machines". (Crédit : capture d'écran/YouTube)

Un restaurant australien assure avoir retiré de son menu les frites « La liste de Schindler » après qu’une femme juive s’est plainte de son caractère insultant.

Arc at Nobbys, situé dans la Gold Coast australienne à l’est du pays, avait prévu dans la foulée de réimprimer des menus épurés de ce plat de mauvais goût, a rapporté dimanche le quotidien britannique Daily Mail.

C’est une femme prénommée Lisa qui a remarqué le plat vendredi, alors qu’elle rendait visite à son compagnon dans la région, d’après un communiqué de la Commission anti-diffamation (Anti-Defamation Commission), la première organisation de défense des droits de l’Homme australienne.

« Presque immédiatement, j’ai remarqué les frites ‘La liste de Schindler’ à 15 dollars [australiens] », a expliqué Lisa. « Difficile d’exprimer à quel point cela nous a perturbés, mis mal à l’aise et grandement choqués en lisant le menu. »

Le célèbre film oscarisé de Steven Speilberg raconte l’histoire d’un propriétaire d’usine allemande, Oskar Schindler, qui a sauvé des milliers de Juifs des atrocités nazies pendant la Shoah.

Lisa a indiqué s’être plainte à la responsable du restaurant, qui s’est ensuite excusée.

« J’ai demandé à parler à la responsable et je lui ai expliqué à quel point c’était déplacé de donner le nom du film à un plat », a-t-elle expliqué. « Elle s’est confondue en excuses et m’a assuré que le nom serait changé. »

Le restaurant propose d’autres plats portant des noms de longs-métrages : « Le parrain », « Pulp Fiction » et « Terminator. »

« Pour l’instant, la responsable du restaurant a fait savoir à la cliente que ses commentaires seraient transmis à ses supérieurs et immédiatement examinés, » a indiqué The Arc at Nobbys au Daily Mail.

Depuis, le restaurant a retiré le plat de son menu et a fait réimprimer ses cartes.

« Nous souhaiterions ajouter qu’à aucun moment notre intention n’a été de blesser qui que ce soit mais que la connotation du nom a pu être sortie de son contexte, » a fait savoir le restaurant. « Les frites sont très demandées alors nous avons donné à nos quatre différents types de frites des noms de films populaires. »

Dvir Abramovich, le président de la Commission anti-diffamation, a déclaré qu’il s’agissait d’un exemple « de détournement et de rabaissement de la Shoah à des fins publicitaires et commerciales. »

Le film de Spielberg, qu’il avait également produit, s’est trouvé au cœur de plusieurs incidents controversés ces dernières années — en raison notamment de sa bande-originale réalisée par John Williams, qui avait reçu l’Oscar de la meilleure musique de film.

En février 2018, une patineuse artistique allemande avait été critiquée pour avoir présenté une chorégraphie sur la musique du film aux Jeux olympiques.

Quelques mois après la sortie du film, c’était une patineuse allemande deux fois médaillée d’or, Katarina Witt, qui avait également fait scandale lors d’une compétition en 1994. Le patineur américain Paul Wiley avait également utilisé la musique de la « Liste de Schindler » lors du même événement.

Aux Jeux olympiques de Sotchi en 2014, la patineuse russe Yulia Lipnitskaya, âgée de 15 ans, avait permis à son équipe de remporter la médaille d’or sur le même thème musical.

Début janvier, c’est une salle d’escape game située dans la ville grecque de Thessalonique qui a suscité la polémique, comme l’avait rapporté Medium. Elle proposait en effet à ses visiteurs de vivre une expérience de type « La liste de Schindler ». Après la publication de l’article, la salle avait été renommée « Agent secret ».

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