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Aymeric Caron projette un film sur Gaza dans une ambiance tendue à l’Assemblée

Le député controversé assure ne pas vouloir répondre à celui compilé par les autorités israéliennes sur le massacre commis par le Hamas le 7 octobre, qui avait été diffusé à l'Assemblée

Aymeric Caron. (Crédit : Capture d'écran Twitter ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Aymeric Caron. (Crédit : Capture d'écran Twitter ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Le député apparenté LFI Aymeric Caron diffuse ce mercredi soir à l’Assemblée nationale un film consacré aux « atrocités » commises à Gaza, alors que la situation au Proche-Orient a encore enflammé l’hémicycle la veille.

Présentée à 19h15, cette vidéo agrège en 1h30 sept mois d’images de la guerre dans la bande de Gaza, explique le parlementaire, qui accuse des élus d’autres groupes d’être « timides dans leur dénonciation » de la situation dans le territoire palestinien voire de « soutenir Israël ».

Avec ce film, baptisé « Gaza depuis le 7 octobre », Aymeric Caron assure ne pas vouloir répondre à celui compilé par les autorités israéliennes sur le massacre commis par le Hamas le 7 octobre, et qui avait été diffusé le 14 novembre à l’Assemblée nationale.

La projection, à laquelle Aymeric Caron s’était rendu, avait suscité une forte émotion parmi les députés.

À ce stade, seuls treize députés ont confirmé leur présence à la diffusion de mercredi, selon le parlementaire. « Foutaise. Prétexte. Lâcheté », a-t-il commenté sur X.

L’événement intervient au lendemain d’une séance très agitée à l’Assemblée, au cours de laquelle l’insoumis Sébastien Delogu a brandi un drapeau palestinien dans l’hémicycle et a été exclu 15 jours, la sanction maximale, pour avoir provoqué du « tumulte ».

Mathieu Lefèvre (Renaissance), président du groupe d’amitié France-Israël, revendique son absence à la projection. Il dénonce une « concurrence victimaire » et l’omission du terme « terroriste » pour décrire le Hamas dans le mail d’invitation d’Aymeric Caron.

D’autres passeront leur tour en raison de leur sensibilité, y compris chez LFI. « Je pense que c’est un film à voir. À titre personnel j’ai trois enfants, je supporte mal de voir des images d’horreur », a expliqué Alexis Corbière (LFI), la voix tremblante et les larmes aux yeux sur BFMTV. « Je ne me sens pas capable de voir les images », a abondé Dominique Simonnet (LFI) sur X. Tous deux s’étaient aussi abstenus de voir le film montrant les images du 7 octobre.

« Aucune image du Hamas »

Au contraire, le président du groupe d’études France-Palestine Richard Ramos (MoDem), qui ne s’était pourtant pas rendu à la projection du film des autorités israéliennes en novembre dernier, estime que celle-ci ayant eu lieu, il est « normal » de voir le film sur Gaza pour éviter « deux poids deux mesures ».

Certains hésitent, comme Mireille Clapot (apparentée Renaissance), vice-présidente du groupe d’études France-Palestine. Favorable à la diffusion pour des raisons « d’équilibre », elle n’est pas sûre de vouloir voir les images sur grand écran.

Le groupe d’études a soutenu la diffusion du film, mais laisse Aymeric Caron « responsable des images », qui n’ont pas été présentées à ses membres.

La plupart de ces vidéos ont été récupérées via les réseaux sociaux auprès de plusieurs sources, explique Aymeric Caron. Parmi elles, des journalistes palestiniens, des médias français et étrangers, l’armée israélienne, et des habitants gazaouis.

Le député revendique un travail « d’authentification » du contenu de son film. « Il n’y a aucune image du Hamas », assure-t-il.

Selon lui, les vidéos sont présentées « brutes », telles qu’elles ont été diffusées par leurs auteurs. Seul ajout de son équipe : des sous-titres et quelques mentions de dates et noms importants.

Le film avance mois par mois depuis octobre, retraçant la progression de la guerre à Gaza.

Les images violentes ne sont pas floutées, précise Aymeric Caron. « Notre subjectivité doit s’exprimer de manière minimale », revendique l’ancien journaliste, qui raconte avoir travaillé avec deux monteurs palestiniens habitant en France, une documentaliste et des locuteurs de l’arabe et de l’hébreu pour les traductions.

Lundi, Aymeric Caron avait écrit sur X que « de manière évidente Gaza a montré que non, nous n’appartenons pas à la même espèce humaine. Il y a des soutiens qui ne seront jamais pardonnés, car ils ont montré la pourriture dans l’âme de certaines personnes, parfois même dont on se croyait proches ».

Mercredi matin, toujours sur X, le philosophe Raphaël Enthoven lui a répondu, écrivant que « non seulement il ne suffit pas d’être inhumain pour être sorti de l’humanité mais, tout au contraire, l’inhumanité est le propre de l’humanité. L’inhumanité, c’est le propre de l’homme. Les nazis étaient des humains, et il est essentiel de les regarder comme tels. Les gens qui voulaient déshumaniser les Juifs étaient eux-mêmes des humains. Nier cela, s’abriter derrière la monstruosité pour exclure de l’humanité, c’est se donner bonne conscience tout en préparant le terrain pour le retour du pire. Plus près de nous, les génocidaires du Hamas sont des humains. Tout comme les gens qui les soutiennent et diffusent leur propagande en expliquant que leurs chiffres ‘font consensus’. Les gens qui refusent de dire ‘terrorisme’ à propos du 7 octobre sont des humains. Des sous-merdes, mais des humains. Les gens qui ressuscitent l’entreprise nazie de déshumanisation du juif sous prétexte d’antisionisme sont des humains. Idem pour les gens qui appellent à l’éviscération des Juifs en se peignant les mains en rouge, qui applaudissent l’exclusion d’un Juif d’un amphi ou qui peignent des étoiles de David sur les murs. Humanité ! Ce sont des monstres, mais ce sont des humains. Ce sont des ordures, des crevures, des salauds, des immondes, tout ce que vous voulez. Mais ce sont des humains. Bref, Eichmann était un humain, de la même espèce qu’Aymeric Caron ».

La guerre a été déclenchée par une attaque menée le 7 octobre sur le sol israélien par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza, entraînant la mort de près de 1 200 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes. Sur les 252 personnes emmenées comme otages, 121 sont toujours détenues à Gaza, dont 37 sont mortes selon l’armée israélienne. En représailles, Israël a lancé une offensive dévastatrice dans la bande de Gaza, où au moins 36 171 personnes ont été tuées, selon le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 13 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier de terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre et dans les jours qui ont suivi l’assaut.

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