La reconnaissance d’un État palestinien enflamme l’Assemblée et la campagne européenne
Après que le député LFI Sébastien Delogu a agité un drapeau palestinien à l’Assemblée, une vive altercation verbale a opposé le député LFI David Guiraud et son collègue LR Meyer Habib
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

La gauche l’exige, la droite et l’extrême droite s’y opposent, Emmanuel Macron refuse d’agir sous le coup de « l’émotion ». La question de la reconnaissance d’un État palestinien a enflammé mardi la campagne et l’Assemblée nationale, où un député LFI a été exclu après avoir brandi un drapeau palestinien.
En pleine séance de questions au gouvernement, Sébastien Delogu a agité ce drapeau dans l’hémicycle, après une intervention d’une autre députée de La France insoumise, Alma Dufour, sur l’offensive israélienne à Rafah.
La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet a dénoncé un comportement « inadmissible » et suspendu la séance.
Le bureau de la chambre basse du Parlement a immédiatement proposé d’exclure le député des Bouches-du-Rhône pour 15 jours de séance, en raison du « tumulte » provoqué. La sanction, la plus lourde possible, a été aussitôt validée par les élus.
LFI a exprimé sa « stupéfaction » face à une décision saluée par la majorité, Les Républicains et le Rassemblement national.
Pendant la suspension des échanges, une vive altercation verbale a opposé le député LFI David Guiraud et son collègue LR Meyer Habib. « Ce monsieur est un porc, il fait honte à la France », a lancé le premier, « espèce de pourriture », a répondu le second. Les huissiers se sont interposés.
Ces scènes enflammées interviennent le jour où trois pays, l’Espagne, l’Irlande et la Norvège ont formellement reconnu « l’État de Palestine ». Paris les a accusés d’adopter un « positionnement politique » en vue des européennes, prévues à partir du 6 juin.
« Au lieu de sanctionner (…) le gouvernement de Benjamin Netanyahu qui est en train de commettre un massacre dans la bande de Gaza, on sanctionne un député (…) qui demande à un État d’exister et qui brandit ce drapeau », a tenté de justifier sur LCI la tête de liste de LFI, Manon Aubry.
Sur la même chaîne, le candidat LR François-Xavier Bellamy a estimé que « faire entrer » à l’Assemblée « un autre drapeau » que celui de la France, « c’est évidemment montrer qu’en réalité, on n’est pas là pour défendre les intérêts des Français, mais (…) des intérêts étrangers ».
« À l’Assemblée nationale, il n’y a que deux drapeaux derrière lesquels nous nous retrouvons tous : le drapeau de la République française et le drapeau de l’Union européenne », a lancé dans la soirée le Premier ministre Gabriel Attal lors d’un meeting, dénonçant un spectacle « absolument navrant ».
Face à cette opposition gauche/droite, le camp présidentiel reste circonspect, voire partagé sur la question de l’État palestinien.
Après avoir déclaré mi-février que « la reconnaissance d’un État palestinien » n’était « pas un tabou pour la France », Emmanuel Macron a clarifié sa position attentiste depuis l’Allemagne.
« Je suis totalement prêt à reconnaître un État palestinien mais (…) je considère que cette reconnaissance doit arriver à un moment utile », a-t-il dit. « Je ne ferai pas une reconnaissance d’émotion », a-t-il prévenu.
« Je suis déçu », a réagi dans la soirée sur LCI le candidat des socialistes Raphaël Glucksmann, déplorant qu’on « repousse aux calendes grecques » une fois de plus cette décision.
« Je pensais qu’il y avait peut-être une ouverture », a-t-il encore ironisé, en référence aux propos du numéro deux de la liste macroniste, Bernard Guetta. Ce dernier s’était lui prononcé pour une reconnaissance de « l’existence d’un État palestinien », contraignant la candidate Valérie Hayer à se justifier sur ces dissonances.
L’ex-chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, qui pilote le comité de soutien de Valérie Hayer, considère pour sa part que ce geste diplomatique est devenu « indispensable ».
« L’État de Palestine » est désormais reconnu par 145 des 193 États membres de l’ONU, selon un décompte de l’Autorité palestinienne, mais aucun pays du G7 n’a franchi le pas.
la Communauté du Times of Israël !







