Barghouti à Abbas: Tiens bon, Trump et son plan de paix vont bientôt disparaître
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Barghouti à Abbas: Tiens bon, Trump et son plan de paix vont bientôt disparaître

Pour le 16e anniversaire de son arrestation pour son rôle dans l'assassinat de cinq Israéliens, le terroriste palestinien appelle à la poursuite de la résistance contre Israël

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Un Palestinien passe devant une affiche avec le portrait du terroriste condamné et célèbre prisonnier palestinien Marwan Barghouti dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 3 mai 2017. (AFP/ ABBAS MOMANI)
Un Palestinien passe devant une affiche avec le portrait du terroriste condamné et célèbre prisonnier palestinien Marwan Barghouti dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 3 mai 2017. (AFP/ ABBAS MOMANI)

Le chef du soulèvement palestinien emprisonné, Marwan Barghouthi, a déclaré dimanche au président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qu’il doit rester ferme dans son rejet du plan de paix du président américain Donald Trump, qui n’a pas encore été annoncé, en affirmant que Trump serait bientôt parti.

Dans un message délivré depuis sa cellule de prison à ses partisans à l’occasion du 16e anniversaire de son arrestation par les forces de sécurité israéliennes, Barghouthi a exprimé son soutien total au rejet par Abbas de la « conspiration du siècle », une référence au plan de paix « accord du siècle » de Trump, qui n’a pas encore été rendu public.

Barghouthi, qui purge cinq peines de prison à vie pour son rôle dans les attentats terroristes meurtriers perpétrés contre les Israéliens lors de la deuxième Intifada, est extrêmement populaire parmi les Palestiniens et est considéré comme un successeur possible d’Abbas.

Barghouthi a également déclaré qu’il soutenait Abbas face aux « pressions internationales, régionales et israéliennes ».

Marwan Barghouti (Crédit : Flash90)

Abbas a rejeté à plusieurs reprises le plan promis depuis longtemps comme une « conspiration visant à liquider la cause palestinienne et les droits nationaux ». Elle survient au milieu de la colère croissante des Palestiniens suite à la décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et de transférer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

Abbas aurait subi d’intenses pressions de la part d’États arabes comme l’Arabie saoudite et l’Égypte pour accepter les termes du plan de Trump. Les États-Unis ont également réduit le financement des Palestiniens à la suite de leur boycott des représentants officiels américains.

Mais Barghouthi a exhorté les dirigeants palestiniens à rester fermes, en disant que Trump serait bientôt parti.

« Nous devons aussi avoir conscience que Trump disparaîtra dans un an ou cinq ans, mais Jérusalem, la Palestine et son peuple resteront et poursuivront leur résistance et leur lutte contre le colonialisme sioniste », a-t-il dit.

Barghouti a également exprimé son soutien au « droit des Palestiniens de résister au colonialisme israélien sous toutes ses formes et méthodes », une référence apparente aux attaques armées. Cependant, il a déclaré qu’elles devraient être limitées aux « territoires occupés de 1967 », Jérusalem-Est, la Cisjordanie et Gaza, qu’Israël a conquis pendant la guerre des Six Jours.

Il a également déclaré que la « lutte » palestinienne devrait se concentrer sur le soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), Jérusalem et ses résidents arabes, et les prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

Le texte intégral du message a été publié par le Palestine News Network.

Barghouthi, qui a été élu membre du Fatah au Conseil législatif palestinien en 1996, a été condamné à cinq peines d’emprisonnement à perpétuité pour son rôle dans les attaques terroristes contre des cibles civiles et militaires israéliennes pendant la deuxième Intifada. L’année dernière, il a organisé une grève de la faim d’une semaine par des prisonniers palestiniens exigeant de meilleures conditions.

Un Palestinien prend la pose devant une affiche du leader du Fatah actuellement en prison, Marwan Barghouthi, au cours d’une manifestation pour le Jour des Palestiniens emprisonnés, à Gaza Ville, le 17 avril 2016. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Il a critiqué la gestion par Abbas de la politique intérieure palestinienne, en particulier l’accord de réconciliation avec le groupe terroriste du Hamas qui dirige la bande de Gaza.

Barghouthi a exhorté Abbas à « prendre des mesures décisives pour mettre de l’ordre dans la maison palestinienne, unifier le peuple palestinien, restaurer la démocratie et former un gouvernement d’unité palestinienne qui se préparerait à la tenue de nouvelles élections et dirigerait les efforts de reconstruction de la bande de Gaza ».

Barghouthi a appelé à la convocation d’une conférence nationale pour un dialogue global avec la participation de toutes les factions palestiniennes, y compris le Hamas et le Jihad islamique palestinien. Il a également appelé à inclure les deux groupes terroristes dans l’OLP.

Le dirigeant du Fatah emprisonné a appelé les dirigeants palestiniens à ne pas négocier avec un gouvernement israélien à moins qu’il ne s’engage à respecter le « principe de la fin de l’occupation et du retour aux frontières de 1967, et reconnaît le droit des Palestiniens à l’autodétermination et la création d’un État palestinien souverain et indépendant avec Jérusalem comme capitale ».

Il a également exhorté les Palestiniens à participer à la Marche du retour organisée par le Hamas et d’autres organisations palestiniennes dans la bande de Gaza.

Au cours des trois dernières semaines, des manifestations de masse ont eu lieu le long de la frontière entre Gaza et Israël, les manifestations dites « Marche du retour », dont les dirigeants du Hamas déclarent qu’elles visent en fin de compte à la suppression de la frontière et à la libération de la Palestine.

Les Palestiniens s’apprêtent à incendier un drapeau israélien et des portraits du président américain Donald Trump et du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lors d’une manifestation contre la barrière frontalière avec Israël, à l’est de Khan Younès, au sud de Gaza le 13 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Thomas COEX)

Vendredi, quelque 10 000 Palestiniens y ont participé. La semaine précédente, environ 20 000 Palestiniens ont manifesté le long de la frontière de Gaza dans ce qu’Israël a décrit comme une émeute orchestrée par le Hamas, et ce que les Palestiniens affirment être une manifestation pacifique. La semaine précédente, on estimait à 30 000 le nombre de manifestants.

Trente-quatre Palestiniens ont été tués et des milliers ont été blessés par les forces israéliennes depuis le 30 mars, selon le ministère de l’Intérieur dirigé par le Hamas à Gaza.

Israël a déclaré que ses forces ont ouvert le feu pour mettre fin aux tentatives de blesser les soldats, endommager la clôture, infiltrer Israël et tenter de mener des attaques. Israël a accusé le Hamas d’essayer de mener des attaques frontalières sous couvert de grandes manifestations et affirme qu’il empêchera à tout prix une brèche dans la clôture. Les Palestiniens affirment que des manifestants sont abattus alors qu’ils ne représentent aucune menace pour les soldats.

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