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Barlev nie les accusations de recours illégal au logiciel espion de NSO

Selon le ministre, les enquêtes n'ont révélé aucun acte répréhensible mais il ne s'étonne pas que les démentis de la police soient mis en doute

Le chef de la police Kobi Shabtai, à gauche, le ministre de la Sécurité publique Omer Barlev, au centre, et le chef de la police du Commandement Nord Shimon Lavie, à droite, lors d'une cérémonie à Nazareth, le 9 novembre 2021. (Michael Giladi/Flash90)
Le chef de la police Kobi Shabtai, à gauche, le ministre de la Sécurité publique Omer Barlev, au centre, et le chef de la police du Commandement Nord Shimon Lavie, à droite, lors d'une cérémonie à Nazareth, le 9 novembre 2021. (Michael Giladi/Flash90)

Samedi, le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, qui supervise les forces de l’ordre, a nié les accusations selon lesquelles elles auraient enfreint la loi en utilisant régulièrement des logiciels espions pour s’introduire dans les téléphones des Israéliens et ce, sans aucune surveillance juridique.

Selon Barlev, les enquêtes sur cette affaire n’ont jusqu’à présent apporté aucune preuve d’actes répréhensibles. Le ministre issu du parti Travailliste a par ailleurs salué les technologies sophistiquées utilisées par la police, tout en déplorant la méfiance généralisée de la population à l’égard des forces de l’ordre.

Mardi dernier, pour la première fois, le site d’information économique Calcalist avait accusé la police d’utiliser le logiciel d’espionnage Pegasus de la société israélienne privée NSO Group contre des civils israéliens, y compris des personnes qui ne sont pas soupçonnées d’avoir commis des crimes. D’autres informations faisant état d’une utilisation abusive sont depuis apparues.

La police n’a pas nié avoir utilisé cette technologie, et a même semblé reconnaître avoir utilisé ce logiciel espion – ce qui n’était pas connu du public avant l’article de Calcalist. Mais la police insiste sur le fait qu’elle n’a aucunement enfreint la loi.

Une succursale du groupe NSO près de la ville de Sapir, dans le sud du pays, le 24 août 2021. (AP Photo/Sebastian Scheiner)

Samedi, au micro de la Douzième chaîne israélienne, Barlev a qualifié le reportage d’inexact.

« Je peux vous dire que toutes les enquêtes, y compris celles du procureur général, toutes les enquêtes sur toutes les questions soulevées dans l’article de Calcalist, à l’exception du fait que la police israélienne utilise des technologies avancées – tout s’est avéré incorrect », a déclaré Barlev.

Jeudi, le procureur général Avichai Mandelblit a annoncé l’ouverture d’une enquête sur cette affaire. Barlev avait déclaré que l’enquête n’avait jusqu’à présent révélé aucun acte répréhensible, mais qu’elle était bien en cours.

« La foi des citoyens dans la police israélienne était déjà faible – et je n’aime pas dire cela – je ne suis pas surpris que la foi des citoyens dans la police ne se soit pas renforcée » en raison de l’affaire, avait déploré Barlev.

Le chef de la police Kobi Shabtai prend la parole lors d’une cérémonie dans la ville de Nazareth, dans le nord du pays, le 9 novembre 2021 (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Il a déclaré que la police avait déjà été en mesure de réfuter la plupart des affirmations de l’article de Calcalist, alors que les allégations remontaient à 2015, y compris l’accusation principale selon laquelle la police a illégalement mis sur écoute les téléphones de civils.

Barlev a reconnu qu’on lui avait interdit de voir certains documents d’enquête. Il a déclaré que son bureau n’était pas celui qui menait l’enquête et qu’il n’était pas impliqué dans les technologies spécifiques utilisées par la police.

Il a ajouté qu’il avait été en mesure de rejeter rapidement les affirmations de Calcalist après sa publication parce que le site d’information avait contacté la police pour obtenir des commentaires avant de publier l’article.

Barlev a déclaré qu’il n’était pas gêné par les informations selon lesquelles la police utilisait des technologies avancées dans ses enquêtes. « Je suis très heureux que la police israélienne dispose d’outils avancés pour faire face à des organisations criminelles très dures qui utilisent les technologies les plus avancées », a-t-il déclaré.

Le procureur général Avichai Mandelblit à la conférence annuelle de l’INSS à Tel Aviv, le 28 janvier 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Il a nié les allégations selon lesquelles la police aurait d’abord collecté des informations à l’aide du logiciel espion, puis demandé l’autorisation juridique plus tard, une fois l’enquête commencée.

Nitzav Ygal Ben Shalom, chef du service d’enquête de la police, a également défendu l’utilisation des technologies avancées par la police dans une interview accordée vendredi à la Treizième chaîne.

« Il n’y a pas de traçage et il n’y a pas d’espionnage par quelque moyen que ce soit contre des personnes innocentes. Nous agissons et nous continuerons à agir contre les criminels et les entreprises impliqués dans des crimes graves. Nous les déjouerons, les trouverons et les jugerons », a-t-il déclaré.

« La police israélienne, à l’ère du numérique, ne peut pas se laisser distancer », a-t-il ajouté. « Tous les criminels utilisent des outils numériques pour faire avancer leurs activités criminelles. Il est impossible que la police israélienne agisse pour éradiquer la criminalité sans ces outils. »

Jeudi, Avichai Mandelblit a informé le chef de la police Kobi Shabtai de l’ouverture d’une enquête sur la police, déclarant dans sa missive à la police qu’ « il est difficile de surestimer la gravité de l’atteinte présumée aux droits fondamentaux » si l’article de Calcalist s’avérait être vrai.

Il a déclaré que si les allégations « dressent un tableau très préoccupant, [l’article] ne contient pas d’informations suffisamment concrètes, ce qui rend l’identification des incidents en question difficile ».

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