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Bénédiction de Pessah : Des milliers de fidèles, dans une ville sous tension

L’événement s’est terminé sans heurts, en présence d’un grand nombre de policiers dépêchés pour assurer la sécurité de la prière, dans le sillage des violences dans la capitale

Des fidèles juifs se couvrent de leur châle de prière alors qu’ils participent à la bénédiction pour Pessah au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 avril 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des fidèles juifs se couvrent de leur châle de prière alors qu’ils participent à la bénédiction pour Pessah au mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 avril 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mercredi, des milliers de personnes ont assisté à la deuxième prière traditionnelle de la semaine au mur Occidental, sous l’oeil attentif des autorités qui craignent une reprise des violences dans une Jérusalem déjà tendue.

De nombreux membres des forces de l’ordre, parmi lesquels des agents infiltrés, ont été déployées pour sécuriser l’événement dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui a commencé vers 8h30 ce matin. De nombreuses voies dans les environs avaient été fermées à la circulation. L’événement s’est terminé paisiblement, sans incident.

La cérémonie semestrielle de bénédiction sacerdotale, connue en hébreu sous le nom de « Birkat HaCohanim », a lieu au milieu des fêtes de Pessah et de Souccot. Elle attire généralement des dizaines de milliers de fidèles, bien au-delà de la place du mur, jusque dans les zones environnantes.

Cette année, la cérémonie de Pessah a été scindée en deux afin d’éviter des attroupements trop importants, avec en mémoire les 45 personnes tuées par un mouvement de foule lors d’un événement religieux au mont Meron, l’an dernier. La première cérémonie de prière lundi a attiré plusieurs milliers de personnes, en deça de l’affluence des années précédentes, dans un contexte de tensions accrues dans la capitale.

La Fondation du patrimoine du mur Occidental, qui administre le site, a estimé la participation à quelque 10 000 fidèles ce mercredi, en hausse par rapport à lundi.

La cérémonie rassemble les descendants masculins des Cohanim pour une bénédiction les mains levées et, pour ceux qui dirigent la bénédiction, enveloppés dans des châles de prière.

Le mur Occidental est un des murs de soutènement du complexe du mont du Temple, dans la Vieille Ville. Il se trouve à l’emplacement des deux anciens temples juifs et est le lieu le plus sacré du judaïsme. Il est vénéré en raison de sa proximité avec le site original des temples, et est l’endroit le plus proche du mont du Temple où les Juifs sont autorisés à prier. Bien qu’ils puissent visiter le mont – sous autorité jordanienne –, les Juifs ne sont pas autorisés à y prier.

La mosquée Al-Aqsa sur le mont du Temple est le troisième lieu le plus saint des musulmans.

L’importance religieuse du site en fait une zone névralgique, particulièrement ces dernières semaines, et l’épicentre émotionnel du conflit israélo-palestinien. Les tensions accrues dans la ville surviennent alors que le Ramadan et Pessah coïncident cette année. Dimanche, c’était également Pâques.

Parallèlement à la cérémonie de prière de mercredi, les autorités israéliennes se sont préparées à de possibles violences en marge d’une marche prévue à Jérusalem, plus tard dans la journée, par des mouvements de droite. Hier mardi, la police a refusé la demande, déposée par des militants de droite, d’organiser une marche dans la Vieille Ville. Elle a poursuivi les négociations avec les organisateurs pour tenter de parvenir à un compromis.

Dans un communiqué publié mercredi matin, la police a déclaré avoir accepté un itinéraire alternatif proposé par les organisateurs, mais ces derniers sont par la suite revenus sur leur proposition pour des raisons non indiquées.

« Nous précisons à nouveau qu’à ce stade, la police n’a pas approuvé la manifestation dans le format demandé », indique le communiqué.

L’appel à la marche a été lancé après plusieurs exactions commises par des Palestiniens cette semaine, allant des attaques de bus, à l’extérieur de la Vieille Ville à destination du mur Occidental, qui ont brisé des vitres et blessé des passagers, à l’agression de Juifs revêtus de leur châle de prière.

Les nationalistes organisent traditionnellement une « marche du drapeau » dans certaines parties de la Vieille Ville, au mois de mai, pour la Journée de Jérusalem. Cette journée célèbre la réunification de la ville après la prise, par l’armée israélienne, de Jérusalem-Est à la Jordanie – Vieille Ville et lieux saints compris – lors de la guerre des Six Jours de 1967. La marche traverse le quartier musulman en direction du mur Occidental suivant un itinéraire qui, selon les critiques, est un affront aux résidents arabes.

La marche de mercredi se voulait apparemment, dans son principe, semblable à cette « marche du drapeau ».

Cette photo de la police donne à voir un policier qui observe, en contrebas, les fidèles juifs dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 20 avril 2022. (Crédit : Police israélienne)

Avant le défilé prévu mardi, le groupe terroriste du Hamas au pouvoir à Gaza avait averti avoir « le doigt sur la gâchette ». La menace était proférée un jour après un tir de roquette effectué contre Israël depuis la bande de Gaza, pour la première fois depuis des mois. En réaction, Israël frappait des cibles du Hamas à Gaza quelques heures plus tard.

Aucun groupe terroriste dans la bande de Gaza n’a revendiqué la responsabilité du tir de roquette, mais la radio publique Kan a indiqué que le Hamas avait contacté Israël par l’intermédiaire de médiateurs égyptiens. Le Hamas aurait déclaré ne pas être l’auteur de l’attaque et ne pas souhaiter de nouvelle flambée de violence.

Au-delà des tensions liées aux fêtes religieuses, les forces de l’ordre israéliennes ont procédé à des arrestations en masse en Cisjordanie après la série d’attentats terroristes en Israël qui a récemment fait 14 morts. Les arrestations dégénèrent parfois en violences dans les villes de Cisjordanie, et 17 Palestiniens au moins auraient trouvé la mort au cours d’affrontements.

Des tensions similaires autour du Ramadan, en mai dernier, avaient conduit le Hamas à tirer des roquettes sur Jérusalem, déclenchant 11 jours de combats entre Israël et le groupe terroriste doublés de violences judéo-arabes généralisées dans des villes mixtes.

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