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Bennett chahuté par des familles endeuillées lors d’une cérémonie de Yom HaZikaron

Traité de "traître" et "escroc" , interrompu et sommé de se taire, le Premier ministre a répondu : " Familles bien-aimées... Je comprends votre douleur "

Herzl Hajaj chahute le premier ministre, Naftali Bennett, lors du discours donné le Jour du Souvenir, au mont Herzl, en hommage aux victimes du terrorisme, le 4 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Herzl Hajaj chahute le premier ministre, Naftali Bennett, lors du discours donné le Jour du Souvenir, au mont Herzl, en hommage aux victimes du terrorisme, le 4 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett et la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked ont tous deux été hués, mercredi, lors de leur discours dans le cadre de commémorations de Yom HaZikaron.

À l’occasion du service commémoratif au cimetière national du mont Herzl, en mémoire des plus de 4 000 Israéliens tués lors d’attentats terroristes, des membres de l’auditoire ont qualifié le Premier ministre de « traître », « escroc » et de « serpillère ».

« Ferme ta bouche », s’est écriée une personne.

Le chahut a dérangé d’autres familles endeuillées, qui prenaient également part à la cérémonie, et ont demandé aux perturbateurs de se taire.

Sur le podium, Bennett a gardé le silence pendant quelques minutes, au milieu des cris, avant de reprendre son discours.

« Vous, familles endeuillées, êtes bénies. Vous pouvez crier, vous pouvez nous dire des choses désagréables. Familles bien-aimées, je vous aime tendrement. Je comprends votre douleur », a-t-il assuré.

Entre les cris, le Premier ministre a affirmé que les Israéliens étaient tous en première ligne dans la lutte contre le terrorisme.

« Le champ de bataille a ses propres règles, mais hélas, en Israël, la nation est aussi sur le front. Depuis l’émergence du sionisme jusqu’à la renaissance de Sion, nos ennemis n’ont jamais accepté notre existence. Ils pensent que s’ils nous tuent, nous allons plier à un moment donné. Comme ils ont tort », a assuré Bennett.

« Si seulement nos ennemis investissaient dans la construction de leur avenir, ne serait-ce qu’un dixième de l’énergie qu’ils mettent à nous harceler, ils se trouveraient dans une tout autre situation. Mais ils préfèrent sanctifier la mort et se complaire dans la pauvreté, la misère et un sens permanent du sacrifice », a-t-il affirmé.

La responsabilité première d’Israël, a déclaré Bennett, est de « rester ferme, sur notre terre ».

Le Premier ministre, Naftali Bennett, prend la parole à la cérémonie du Jour du Souvenir au mont Herzl, en hommage aux victimes du terrorisme, le 4 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Abie Moses, chef de l’organisation nationale pour les victimes du terrorisme, a pris la parole après Bennett et lui a présenté ses excuses pour le chahut. On a alors entendu une personne dans le public crier « nous ne sommes pas désolés ».

L’un des perturbateurs est Herzl Hajaj, dont la fille Shir est l’un des quatre soldats tués par un terroriste lors d’un attentat à la voiture bélier, à Jérusalem, en 2017.

Le Premier ministre Naftali Bennett attend que le chahut cesse lors d’une cérémonie commémorative d’État en hommage aux victimes du terrorisme, au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, le 4 mai 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Quelques heures plus tôt, sa femme brandissait une pancarte protestant contre le gouvernement au moment où Bennett s’exprimait, à l’occasion d’un autre événement au mont Herzl, en l’honneur des soldats morts au combat. Ce n’est pas la première fois que le couple proteste contre le gouvernement.

« Bennett, qui a formé un gouvernement avec des soutiens du terrorisme, n’est pas le bienvenu ici », pouvait-on lire sur la pancarte brandie par Merav Hajaj.

Selon la chaîne publique Kan, des proches du lieutenant-colonel Emmanuel Moreno – un Franco-israélien commando des forces spéciales et ancien camarade de Bennett tué lors de la seconde guerre du Liban en 2006 – ont demandé à Hajaj de partir.

L’aile droite du gouvernement critique régulièrement la participation à la coalition de Raam, faction islamiste qu’ils qualifient de « soutien du terrorisme ». Le chef de Raam a pourtant dénoncé à plusieurs reprises le terrorisme et a souligné s’être également entretenu avec l’ex-Premier ministre, Benjamin Netanyahu, avant de rejoindre la coalition.

Shaked, la numéro 2 du parti Yamina de Bennett, a elle aussi été interrompue lors d’une cérémonie commémorative à Petah Tikva.

« Rentrez chez vous. C’est répugnant. Vous devriez avoir honte », a-t-on entendu un homme crier.

L’événement a été brièvement interrompu lorsque le perturbateur a été exfiltré, Shaked semblant prendre les interruptions avec sérénité.

« Il n’y a pas de problème. Les familles endeuillées sont bénies. Elles peuvent évidemment exprimer leur douleur », a-t-elle déclaré, avec des mots proches de ceux de Bennett.

Il s’avère que le perturbateur est Arik Hanan, dont le frère a été tué au combat en 1985 au Liban.

« C’est sorti dans le feu de l’action », s’est expliqué Hanan au quotidien Haaretz, estimant que la dépendance du gouvernement à l’égard de Raam est « inconcevable ». « Des gens me disaient de me taire, mais je pense que c’était la bonne chose à faire », a-t-il assuré. « Si ce n’est pas le moment ou l’endroit, alors quand ? »

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked tient une conférence de presse à l’aéroport international Ben Gourion, annonçant de nouveaux critères d’admission des réfugiés, le 13 mars 2022. (Crédit : Roy Alima/Flash90)

De telles interruptions sont fréquentes à cette occasion depuis quelques années, et elles n’ont pas épargné les membres des gouvernements précédents.

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