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Bennett : Israël attend de l’AIEA la transmission d’un message « clair » à Téhéran

Devant la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, le Premier ministre a salué une année 2021 qui a été un "tournant" dans la stratégie nationale face à l'Iran

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett, au centre, s'exprime lors de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 6 juin 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett, au centre, s'exprime lors de la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 6 juin 2022. (Crédit : Haim Zach/GPO)

Alors que le bureau des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) se réunit actuellement à Vienne, le Premier ministre Naftali Bennett a appelé l’instance à transmettre un message clair à l’Iran concernant les avancées de son programme nucléaire.

« Nous attendons du bureau des gouverneurs de l’AIEA un signal d’alarme clair en direction du régime de Téhéran, et qu’il établisse clairement que si ce dernier continue sa politique nucléaire provocatrice, il devra en payer le prix lourd », a déclaré le Premier ministre lors d’une réunion de commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset.

Le bureau des gouverneurs de l’AIEA de l’Agence internationale de l’Énergie atomique est réuni depuis lundi à Vienne dans un climat fébrile, et ce jusqu’à vendredi. Il devrait condamner l’Iran pour la toute première fois depuis le mois de juin 2020 à l’occasion de cette rencontre par le biais d’une résolution.

La résolution de l’Agence internationale de l’Énergie atomique, qui a été rédigée par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne somme l’Iran de « coopérer pleinement » avec l’agence de l’ONU.

Bennett a rencontré le chef de l’Agence, Rafael Rossi, en Israël dans la journée de vendredi.

« Il est venu pour une visite-éclair en Israël et je lui ai fait part du positionnement israélien avec beaucoup de clarté – nous agissons et nous continuerons à conserver notre liberté d’action contre le programme nucléaire de l’Iran aussi longtemps que cela s’avèrera nécessaire, avec ou sans accord, nos mains ne sont liées en rien », a dit Bennett, qui se tenait aux côtés du président de la commission Ram Ben Barak et du conseiller à la sécurité nationale Eyal Hulata.

Le Premier ministre Naftali Bennett, à droite, rencontre Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le 3 juin 2022. (Crédit: Kobi Gideon/GPO)

Lundi, un haut-responsable israélien a déclaré que les pressions diplomatiques se renforçaient sur l’Iran en raison de son programme nucléaire – ce qui pourrait entraîner le retour du dossier devant le Conseil de sécurité, une initiative qui, selon Israël, serait positive.

« Cette décision va, pour la toute première fois, permettre d’exercer des pressions diplomatiques sur l’Iran », a dit l’officiel. « Des pressions diplomatiques qui n’ont pas pleinement et sérieusement été appliquées depuis le début des négociations sur la réintégration des États-Unis et de l’Iran au sein du JCPOA », a-t-il ajouté, se référant à l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 entre la république islamique et les puissances mondiales et connu sous le nom de Plan d’action global commun.

Le Premier ministre a repris dans ses propos tenus devant la commission de la Knesset son incontournable métaphore de la pieuvre iranienne, soulignant que l’État juif ne s’attaque pas seulement à ses tentacules – les groupes mandataires armés de la République islamique – mais aussi à sa tête, à Téhéran.

« Les jours de l’immunité, ces jours où l’Iran frappait Israël encore et encore, où l’Iran propageait son terrorisme par le biais de ses groupes mandataires dans la région tout en restant indemne – c’est terminé », a-t-il continué.

La République islamique tenterait actuellement de mener des représailles suite à plusieurs assassinats et décès mystérieux de haut-rang sur son territoire, notamment après la mort du colonel Hassan Sayyad Khodaei, haut responsable du Corps des Gardiens de la Révolution, et celle d’un célèbre scientifique.

Des personnes passent devant une bannière montrant le colonel Hassan Sayyad Khodaei des Gardiens de la révolution iraniens, à Téhéran, en Iran, le 24 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Israël, qui n’a pas fait de commentaire officiel sur l’incident, aurait renforcé son niveau d’alerte dans les ambassades et dans les consulats du pays du monde entier par crainte d’une attaque de représailles. Un officiel des renseignements, qui s’est entretenu avec le New York Times sous couvert d’anonymat, a affirmé que l’État juif avait reconnu devant les Américains être à l’origine de l’assassinat de Khodaei. Ce que Ben Barak, président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, a ultérieurement démenti.

Dans ses propos tenus mardi, Bennett a qualifié l’année qui vient de s’écouler comme un « tournant » dans la stratégie israélienne face à l’Iran.

L’année la plus calme à Gaza depuis 2005

Il a commencé son allocution devant la commission – un bilan de sa première année à son poste – en évoquant la zone frontalière de Gaza.

Bennett a fait remarquer que seulement six roquettes avaient été tirées jusqu’à présent pour l’année 2022, disant qu’il s’agissait « de l’année la plus calme depuis le plan de désengagement de Gaza » en 2005.

« Il n’y a pas de coïncidence », a-t-il ajouté. « C’est le résultat d’une politique à la fois claire et déterminée – des attaques pour chaque ballon incendiaire lancé vers le territoire et un positionnement ferme face au chantage et aux violences du Hamas ».

Toutefois, Bennett n’a offert aucune vision de trêve ou d’éventuel accord conclu avec le Hamas. Le dernier conflit majeur entre le groupe terroriste et Israël remonte au mois de mai 2021.

Bennett a terminé sa prise de parole en saluant les efforts de l’État juif en matière de diplomatie publique, des efforts dirigés et coordonnés par l’Administration nationale de diplomatie publique.

« Nous avons été là pour faire face à tous les événements récents, aussi difficiles qu’ils ont pu être, pour démentir rapidement tout ce qui devait l’être et nous avons géré des dizaines d’incidents qui auraient pu entraîner un prix élevé s’il n’y avait pas eu une prise en charge rapide de la part de la hasbara », utilisant le mot en hébreu désignant la diplomatie publique.

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