Bernard Langlois, co-fondateur du magazine Politis et les clichés antisémites
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Bernard Langlois, co-fondateur du magazine Politis et les clichés antisémites

L'affaire n'a pas fait grand bruit. Sur Twitter, un ex-journaliste de renom assimile Emmanuel Macron, la banque Rothschild et Israël pour expliquer les frappes françaises en Syrie

Bernard Langlois en 2013 (Crédit: capture d'écran Dailymotion/Presse et Cité)
Bernard Langlois en 2013 (Crédit: capture d'écran Dailymotion/Presse et Cité)

« Avez-vous jamais pensé qu’un ex-banquier de chez Rothschild puisse être en désaccord avec Washington et Tel-Aviv ? »

Le tweet, posté au lendemain des frappes anglo-américano-françaises en Syrie du 13 avril est signé Bernard Langlois, 72 ans.

Bernard Langlois est un journaliste au long cours : il commence sa carrière en 1963 puis passe de l’ORTF, au Matin de Paris, devient présentateur du JT sur Antenne 2, etc…

En 1988, il co-fonde la revue anti-libérale Politis, sur le site de laquelle il écrit des chroniques jusqu’à l’automne 2016. Un de ses dernières billets tentait alors d’expliquer comment le candidat d’alors Emmanuel Macron, roulait sans doute pour la réélection de François Hollande.

Bernard Langlois connaît le sens des mots, et leur impact. Le cocktail Rothschild-finance internationale, l’alignement supposé de la France sur la position des Etats-Unis et d’Israël du fait que Macron a travaillé pour la banque Rothshild peut dire plusieurs choses : une critique boîteuse du monde libéral reprenant les poncifs de la propagande antisémite, une provocation destinée à faire du bruit autour de cet ancien journaliste, ou l’expression simple d’un tropisme anti-juif.

Ce tweet n’a pas plu à certaines de ses connaissances, qui lui ont répondu vertement sur la même plate-forme : « Un jour on est journaliste. Puis un jour on décide de changer de métier et de faire antisémite » explique Virgile Klamp, « C’est très très laid, Bernard (à mon humble avis), » écrit le docteur-écrivain Christian Lehmann, tandis que d’autres comparent son message au dérapage de Gérard Filoche qui avait tweeté une image d’un Macron soumis au même axe judéo-américano-israélien, dont le jugement devrait avoir lieu d’ici quelques semaines.

« Qu’y a-t-il de choquant à dire que la finance internationale a partie liée avec la politique étasunienne, elle-même soutien sans faille de l’État d’Israël ? écrit-il dans un nouveau message au simplisme géopolitique déroutant. Si Dieudonné dit la même chose, il a raison ».

Et puis, la menace tombe.

A noter, qu’en 2013, la France découvrant avec un certainement effarement l’ampleur du renouveau antisémite et complotiste incarné par le duo Dieudonné-Soral, Bernard Langlois – qui affirmait par ailleurs que la « quenelle » était un geste antisémite – tweetait :

Mais lui, défendant alors une ligne « ni Crif, ni Dieudonné » écrivait alors : « J’ai conscience que, sur ces sujets, on est toujours sur le fil du rasoir. Mais j’assume ! ».

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