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Biden réaffirme le rôle de tutelle de la Jordanie des sites musulmans à Jérusalem

Le président a accueilli le roi Abdallah II à la Maison Blanche ; cette dernière a fait part de son soutien au statu quo sur le Mont du Temple après la visite du souverain

Le président américain Joe Biden accueille le roi de Jordanie Abdullah II à la Maison Blanche, le 13 mai 2022. (Crédit : Cour royale hachémite)
Le président américain Joe Biden accueille le roi de Jordanie Abdullah II à la Maison Blanche, le 13 mai 2022. (Crédit : Cour royale hachémite)

La Maison Blanche a affirmé, vendredi, que l’administration Biden reconnaissait le rôle tenu par la Jordanie dans la supervision des lieux saints musulmans de Jérusalem après une rencontre entre le président américain Joe Biden et le roi Abdallah II de Jordanie à Washington.

Biden a rencontré le souverain jordanien à la Maison Blanche après des affrontements répétés entre la police israélienne et des fidèles musulmans sur le mont du Temple, lieu saint particulièrement sensible de la Vieille Ville de Jérusalem, pendant le mois sacré du ramadan – des heurts qui ont entraîné des tensions diplomatiques croissantes entre l’État juif et le royaume hachémite.

La Maison Blanche a noté dans un communiqué qui a été émis suite à la réunion que Biden avait répété « son fort soutien à une solution à deux États au conflit israélo-palestinien et à la nécessité de préserver le statu quo historique dans le complexe Haram al-Sharif/Mont du Temple », utilisant les noms désignant le lieu saint qui sont respectivement utilisés par les musulmans et par les Juifs.

Les deux dirigeants « se sont entretenus des mécanismes pressants pour enrayer la violence, apaiser les discours et réduire les tensions en Israël et en Cisjordanie », a précisé le communiqué.

« Le président a aussi reconnu le rôle crucial tenu par le royaume de Jordanie en tant que tuteur des lieux saints musulmans à Jérusalem », a ajouté la Maison Blanche.

La Jordanie avait gouverné la Cisjordanie et Jérusalem-Est de 1948 à la guerre des Six jours, en 1967, quand Israël avait capturé le secteur et revendiqué ensuite sa souveraineté sur la Vieille Ville et sur une ville de Jérusalem élargie.

La Jordanie maintient depuis longtemps que ses traités conclus avec Israël lui accordent la tutelle des lieux saints chrétiens et musulmans à Jérusalem. Si Israël n’a jamais accepté cette affirmation, l’État juif délègue toutefois l’administration quotidienne du mont du Temple au Waqf, une instance financée par le royaume hachémite.

Appelé Haram al-Sharif ou mosquée al-Aqsa par les musulmans, le Mont du Temple est le lieu le plus saint du judaïsme et le troisième sanctuaire le plus sacré de l’islam.

Il représente un lieu sensible et les tensions ont, encore une fois, connu un nouvel essor ces dernières semaines – avec des émeutes des Palestiniens, des affrontements avec la police israélienne et des tentatives de la part d’extrémistes juifs de prier sur le mont.

Tout changement apporté au statu quo de longue date mis en place sur le mont du Temple – qui détermine que les non-musulmans peuvent se rendre sur le site à des horaires choisis mais qu’il leur est interdit d’y prier – est susceptible d’entraîner des violences.

Le secrétaire à la Défense Lloyd Austin, à gauche, accueille le roi Abdallah II de Jordanie, à droite, au Pentagone à Arlington, en Virginie, le 12 mai 2022. (Crédit : Alex Wong/Getty Images via AFP)

Les tensions sur le lieu saint se sont accompagnées d’attentats terroristes, de pressions de la part des alliés d’Israël, de menaces du Hamas et elles ont exacerbé la crise qui secoue actuellement la coalition au pouvoir.

Abdallah a condamné l’État juif pour les affrontements, critiquant vivement le pays qui, selon lui, a autorisé des pèlerins juifs à pénétrer sur le site. Il a appelé Israël à respecter « le statu quo légal historique » mis en place sur le Mont du Temple, selon un communiqué de la cour royale.

Des musulmans participent aux prières de l’Aïd al-Fitr, fête de la rupture du jeûne, qui marque la fin du mois sacré du Ramadan, près de la mosquée du Dôme du Rocher dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, dans la Vieille Ville de Jérusalem, lundi 2 mai 2022. (Crédit: Mahmoud Illean/AP)

De son côté, le ministre des Affaires étrangères jordanien, Ayman Safadi, a déclaré mardi qu’Israël n’avait aucun droit sur les lieux saints de Jérusalem qui, a-t-il dit, sont « des territoires palestiniens occupés ».

Dans une interview accordée à la chaîne de télévision jordanienne Al-Mamlaka, le haut diplomate a affirmé « qu’Israël n’a aucune souveraineté sur la mosquée Al-Aqsa – c’est un lieu de culte musulman. Seul le Waqf jordanien a la pleine autorité sur la gestion de ce complexe. »

Vendredi, Safadi a critiqué l’État juif après que la police à Jérusalem s’est heurtée aux Palestiniens lors des funérailles de la journaliste d’Al-Jazeera, Shireen Abu Akleh, qui a été tuée pendant un échange de tirs entre soldats israéliens et tireurs palestiniens mercredi, en Cisjordanie.

« L’agression terrible, inhumaine des Israéliens contre les personnes venues lors des funérailles nécessitent une réponse globale scrupuleuse, » a-t-il dit.

La Maison Blanche, de son côté, a qualifié l’incident de « très perturbant » et Biden a déclaré qu’une enquête devait être ouverte.

La police a dit être intervenue lors de la procession funéraire parce que des émeutiers s’étaient saisis du cercueil d’Abu Akleh contre la volonté de sa famille et qu’ils avaient jeté des objets en direction des agents.

Safadi a également attribué à Israël la responsabilité de la mort d’Abu Akleh, vendredi. L’État juif a déclaré ne pas être en mesure de déterminer qui a tiré sur la journaliste sans examiner la balle fatale, tandis que les Palestiniens ont affirmé qu’Israël était à l’origine du tir et a rejeté les offres portant sur une enquête conjointe.

Safadi a déclaré que « toutes les données et tous les témoins indiquent qu’elle a été abattue par les soldats de l’occupation. Ce crime nécessite une action internationale ».

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