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Blair et Kushner se joignent à la réunion de Trump sur Gaza

Le responsable de la Maison Blanche a minimisé l'importance de ce que Steeve Witkoff avait qualifié de "grande réunion" autour du projet "global" de l'administration pour l'après-guerre

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'une réunion du cabinet, aux côtés du sSecrétaire d'État Marco Rubio (à gauche), du Secrétaire à la Défense Pete Hegseth (2R) et du Secrétaire au Commerce Howard Lutnick (à droite), à la Maison Blanche, à Washington, le 26 août 2025. (Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'une réunion du cabinet, aux côtés du sSecrétaire d'État Marco Rubio (à gauche), du Secrétaire à la Défense Pete Hegseth (2R) et du Secrétaire au Commerce Howard Lutnick (à droite), à la Maison Blanche, à Washington, le 26 août 2025. (Mandel Ngan/AFP)

Mercredi, le président américain Donald Trump a présidé une réunion politique sur la guerre à Gaza, lors de laquelle il a écouté les conseils de son ex-envoyé au Moyen-Orient, Jared Kushner, et de l’ex-Premier ministre britannique, Tony Blair, a déclaré un haut responsable de la Maison Blanche.

En compagnie de hauts responsables de la Maison Blanche ainsi que de Blair et Kushner, Trump a passé en revue tous les aspects de la question Gazaouïe, y compris l’intensification de l’aide alimentaire, la crise des otages, les projets d’après-guerre et plus encore, a précisé le responsable à Reuters.

La veille, l’envoyé spécial des États-Unis, Steve Witkoff, avait déclaré à Fox News que la « grande réunion » de mercredi avait pour but de discuter du « projet d’ensemble » en cours de définition pour la gestion de Gaza dans l’après-guerre, mais le responsable de la Maison Blanche a préféré parler de « simple réunion politique », coutumière de Trump et de son équipe.

« La Maison Blanche organise régulièrement des réunions politiques sur des questions diverses, notamment Israël et Gaza. Nous n’avons rien d’autre à dire pour le moment », a déclaré au Times of Israel un responsable de la Maison Blanche.

Kushner, qui est marié à la fille de Trump, Ivanka, a été conseiller de la Maison Blanche sur les questions du Moyen-Orient lors du premier mandat Trump. Blair, qui était le Premier ministre britannique pendant la guerre en Irak en 2003, a lui aussi été actif sur les questions du Moyen-Orient.

Ces derniers mois, Blair a élaboré un plan d’après-guerre pour Gaza, fruit de ses entretiens avec les parties prenantes régionales, dans le but de recueillir leur contribution mais aussi leur soutien, a expliqué au Times of Israel une source proche du dossier, ajoutant que l’ex-Premier ministre britannique avait été en contact avec Kushner et Witkoff.

Le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (à droite), en compagnie de l’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, à Amman, en Jordanie, le 13 juillet 2025. (Crédit : Thaer Ghanaim/Service de presse de l’Autorité palestinienne (PPO)/AFP)

Blair s’est entretenu avec Witkoff à la Maison Blanche en juillet dernier, le jour même où le Premier ministre Benjamin Netanyahu était venu voir Trump, a rapporté Axios. Le site d’information a précisé que Kushner s’était rendu en Israël plus tôt ce mois-ci et y avait vu Netanyahu pour discuter de la guerre à Gaza.

Mercredi toujours, le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, s’est rendu à Washington pour s’y entretenir avec des hauts responsables de la Maison Blanche juste avant la réunion politique sur Gaza, a indiqué la source, soulignant le niveau étroit de coordination entre les États-Unis et Israël sur la question.

Peu après la réunion à la Maison Blanche, le Secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, qui avait lui aussi fait le déplacement à Washington, et a remercié l’administration Trump pour son soutien à Israël.

Les deux hommes ont discuté de l’Iran, suite à la coopération sans précédent entre les pays pour éliminer la menace nucléaire iranienne et la question du ‘snapback’, de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et des discussions de l’Assemblée générale des Nations unies le mois prochain. La coopération pour repousser les mouvements anti-israéliens sur la scène internationale a également été soulevée », selon un communiqué israélien.

Axios a déclaré que Blair avait travaillé au projet d’après-guerre que Dermer avait conçu en collaboration avec le ministre émirati des Affaires étrangères Abdullah bin Zayed sous l’administration Biden. Certaines parties de cette proposition ont été intégrées dans un plan que le Secrétaire d’État de Biden, Antony Blinken, avait présenté quelques jours avant de quitter ses fonctions.

Trump, qui avait minimisé l’importance de la guerre de Gaza dans son programme, a dit son désir qu’elle se termine rapidement.

« Je ne peux plus voir ça. C’est terrible », a déclaré un responsable américain s’adressant à Axios, citant Trump.

Par ailleurs, il semble favorable au projet israélien de conquête de la ville de Gaza, ce qui fera probablement traîner le conflit quelques mois encore et mettra en danger la vie des otages.

L’envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, Steve Witkoff (à gauche), et Jared Kushner attendant l’arrivée du président Donald Trump à l’aéroport de Teterboro, d’où ils se rendront en cortège pour assister à la finale de la Coupe du monde des clubs de la FIFA 2025, le 13 juillet 2025. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

En février déjà, Trump avait déclaré que les États-Unis prendraient le contrôle de Gaza et relocaliseraient définitivement tous les Palestiniens. Bien accueillie en Israël, l’idée avait été catégoriquement rejetée par les partenaires américains, au Moyen-Orient, dont Trump pensaient qu’ils seraient disposés à accueillir des réfugiés gazaouis.

Le mois dernier, Trump a fait la une des journaux en annonçant qu’il révèlerait sous peu un nouveau plan d’aide pour Gaza. La Maison Blanche a fait savoir qu’il serait annoncé prochainement, sans suite. Le Département d’État a fini par faire savoir que l’administration allait augmenter de trois à 16 le nombre de centres de distribution gérés par la controversée Fondation humanitaire de Gaza (GHF).

Toutefois, cela n’a pas encore été suivi d’effet et les États-Unis n’ont versé que la moitié des 30 millions de dollars promis pour le projet – qui coûtera sans doute beaucoup plus cher au final.

Mardi toujours, Witkoff a déclaré que la position officielle de l’administration Trump était de s’opposer à de nouveaux accords partiels sur les otages de Gaza – mot pour mot la ligne israélienne -, d’où la non-réponse à une proposition acceptée par le Hamas en vue de la libération progressive des 50 derniers otages. Vingt d’entre eux seraient vivants et 28 morts (confirmés par les autorités israéliennes) : l’état de santé des deux derniers suscite de vives inquiétudes.

Le Secrétaire d’État américain Marco Rubio (à droite) avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, dans la salle des Traités du Département d’État, à Washington, le 27 août 2025 . (Crédit : Andrew Harnik/GETTY IMAGES NORTH AMERICA/Getty Images via AFP)

Trump avait lui-même rappelé que c’était la position de son administration en écrivant sur Truth Social, quelques heures après que le Hamas a accepté la dernière proposition des médiateurs arabes le 18 août, que les otages ne seraient libérés qu’une fois le groupe terroriste anéanti.

Mais dès le lendemain, la Maison Blanche avait déclaré être en train d’examiner la dernière proposition d’accord progressif, très semblable à celui que Witkoff avait proposé il y a de cela plusieurs mois.

En dépit de l’acceptation de cette proposition par le Hamas, Witkoff a déclaré que le groupe terroriste était entièrement responsable de l’absence d’accord à ce jour, qu’il avait « ralenti le processus » le mois dernier en ajoutant de nouvelles conditions – entraînant le rappel de leurs négociateurs par les États-Unis et Israël.

Depuis, Israël a fait savoir qu’il ne souhaitait pas d’accord échelonné, ce qui n’a pas empêché les médiateurs arabes de travailler pour convaincre le groupe terroriste palestinien du Hamas d’accepter la dernière proposition, en espérant que Jérusalem revoie sa décision.

Ce que n’a pas fait Netanyahu, qui en parallèle finalise son projet de conquête de la ville de Gaza, destiné selon lui à démanteler le dernier bastion du Hamas dans la bande de Gaza. Ses détracteurs estiment qu’il avait déjà dit cela de l’invasion de Rafah par Israël, en 2024, et qu’une nouvelle opération ne ferait que durcir l’insurrection du groupe terroriste palestinien, sans compter les otages, dont la vie pourrait être mise en danger.

Reuters a contribué à cet article.

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