Blinken : Le Hamas pourrait perdre son emprise sur Gaza si nous réussissons
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Blinken : Le Hamas pourrait perdre son emprise sur Gaza si nous réussissons

Les États-Unis prévoient de s'impliquer activement dans la région après les 11 jours de conflit, tout en soulignant le soutien de l'administration à la solution à deux États

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Les membres des Brigades Ezzedine Al-Qassam, aile armée du groupe terroriste du Hamas, défilent à Gaza City en date du 22 mai 2021. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)
Les membres des Brigades Ezzedine Al-Qassam, aile armée du groupe terroriste du Hamas, défilent à Gaza City en date du 22 mai 2021. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

Suite au récent conflit à Gaza et des troubles à Jérusalem, les États-Unis prévoient de s’attaquer aux « causes sous-jacentes » qui pourraient déclencher un nouveau cycle de violences, a déclaré mardi soir le secrétaire d’état américain Antony Blinken.

S’exprimant lors d’une conférence de presse dans le centre de Jérusalem, M. Blinken a indiqué que l’administration Biden s’impliquera activement dans le conflit israélo-palestinien, faisant écho aux commentaires qu’il a faits plus tôt dans la journée, lors d’une rencontre avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Les mots de l’Amérique comptent, les actions de l’Amérique comptent, l’engagement de l’Amérique compte », a-t-il souligné.

M. Blinken est le plus haut responsable américain à se rendre en Israël depuis l’entrée en fonction du président américain Joe Biden en janvier.

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken avec le ministre des Affaires étrangères israélien Gabi Ashkenazi, à son arrivée à l’aéroport Ben Gurion à Tel Aviv, le 25 mai 2021. (Crédit : Alex Brandon / POOL / AFP)

Il a rencontré mardi de hauts responsables israéliens, dont M. Netanyahu, le ministre des Affaires Etrangères, Gabi Ashkenazi et le ministre de la Défense Benny Gantz, avant de se rendre à Ramallah, pour des réunions d’une importance capitale avec des dirigeants de l’Autorité palestinienne, dont son président Mahmoud Abbas.

Le haut diplomate américain a fait valoir que la reconstruction de Gaza et l’amélioration des conditions dans la bande affaibliront le Hamas, le groupe terroriste qui dirige le territoire côtier.

« Si nous nous y prenons bien, la reconstruction puis l’aide à la population de Gaza, loin de donner du pouvoir au Hamas, a le potentiel de le miner », a déclaré M. Blinken.

« Le Hamas prospère, malheureusement, sur la souffrance, la misère, le désespoir, sur le manque d’opportunités. »

L’objectif des États-Unis est de « donner au peuple palestinien, y compris à celui de Gaza, un sentiment renouvelé de confiance, d’optimisme et de possibilités réelles », a déclaré M. Blinken.

« Si nous y parvenons ensemble, le Hamas perdra pied à Gaza. Nous le savons, et je pense que le Hamas le sait. »

Le secrétaire d’État Antony Blinken (à gauche) s’entretient avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas le 25 mai 2021, à Ramallah, en Cisjordanie. (Crédit : Alex Brandon / POOL / AFP)

M. Blinken avait déclaré plus tôt dans la journée que l’administration Biden allait demander au Congrès d’approuver une aide de 75 millions de dollars aux palestiniens.

L’aide humanitaire et la reconstruction pourraient remettre sur les rails les efforts en faveur d’une solution à deux États, a déclaré M. Blinken, estimant qu’il s’agit là de « la seule façon d’assurer véritablement l’avenir d’Israël en tant qu’état juif et démocratique, et de donner aux Palestiniens l’État auquel ils ont droit. »

« Les dirigeants des deux parties devront tracer une meilleure voie, en commençant par améliorer réellement la vie des gens en Israël, à Gaza et en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

M. Blinken ne s’est pas engagé sur un calendrier pour la réouverture d’un consulat américain à Jérusalem répondant aux besoins des Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Mais, il a souligné l’importance d’avoir « cette plateforme pour pouvoir engager plus efficacement non seulement l’Autorité palestinienne, mais aussi les Palestiniens de différents horizons. »

Une scène devant la maison d’une famille juive lors d’une manifestation dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est, le 3 mai 2021. (Jamal Awad/FLASH90)

Interrogé sur l’expulsion potentielle de familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est en vertu d’une décision de justice, Blinken a déclaré que les États-Unis demandaient à Israël et aux Palestiniens d’éliminer les « catalyseurs potentiels d’un nouveau cycle de violence ».

« Nous nous opposons à toute mesure prise par l’une ou l’autre des parties qui risque de déclencher la violence ou, à terme, de saper la perspective de retour à la poursuite de deux États – et cela inclut les activités de colonisation, les démolitions, les expulsions, l’incitation à la violence, les paiements aux terroristes – toutes ces choses, je pense, seraient d’une part potentiellement des catalyseurs pour un regain de tension et saperaient certainement les perspectives de deux États », a dit Blinken.

Blinken a précisé que les dirigeants israéliens et palestiniens ont été informés de cette situation au cours des discussions qui ont eu lieu plus tôt dans la journée.

M. Blinken a également souligné le « rôle essentiel » joué par l’Egypte dans la négociation du cessez-le-feu à Gaza et a qualifié la Jordanie de « voix de la paix et de la stabilité dans la région. »

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, durant une conférence de presse au Caire, le 29 juillet 2018. (Crédit : MENA via AP)

M. Blinken se rendra en Egypte et en Jordanie mercredi après avoir rencontré le chef de l’opposition Yair Lapid et le président Reuven Rivlin.

M. Blinken a défini quatre objectifs pour son voyage : démontrer l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël, œuvrer à la réduction des tensions en Cisjordanie et à Jérusalem, soutenir la reconstruction à Gaza et reconstruire la relation des États-Unis avec l’autorité palestinienne et le peuple palestinien.

M. Blinken a évoqué des conversations avec deux employés locaux du département d’État : un Israélien de la zone périphérique de Gaza et un Palestinien de la bande.

« Tous deux ont raconté comment la violence de ces dernières semaines les a obligés à plusieurs reprises, eux et leurs familles, à se mettre à l’abri. Tous deux craignaient d’être tués. »

Abordant les discussions à Vienne sur le retour des Etats-Unis et de l’Iran à l’accord nucléaire de 2015, M. Blinken a souligné que « les Etats-Unis et Israël sont absolument unis dans la proposition que l’Iran ne doit jamais être autorisé à acquérir une arme nucléaire. »

« Nous partageons exactement le même objectif. Ce n’est pas un secret que nous avons parfois des différences sur la meilleure façon d’atteindre cet objectif. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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