Retour sur la conférence de presse entre Blinken et Netanyahu à Jérusalem
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Retour sur la conférence de presse entre Blinken et Netanyahu à Jérusalem

Au menu : l'Iran, le Hamas, l'aide humanitaire à Gaza en contournant le groupe terroriste et les attaques antisémites aux États-Unis, condamnées par Joe Biden

Antony Blinken (d) et Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 25 mai 2021 (Crédit : capture d'écran YouTube)
Antony Blinken (d) et Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 25 mai 2021 (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a entamé mardi en Israël une tournée au Proche-Orient dans l’espoir de consolider la trêve entre l’Etat hébreu et le groupe terroriste palestinien du Hamas après des affrontements sanglants en Israël dans la bande de Gaza.

Arrivé dans la matinée à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, M. Blinken s’est ensuite entretenu avec M. Netanyahu à Jérusalem.

Voici un compte-rendu de la conférence de presse entre les deux politiciens.

S’exprimant en premier, Netanyahu a remercié les États-Unis pour leur « soutien ferme au droit d’Israël à l’autodéfense. »

« Si le Hamas rompt le calme et attaque Israël, notre réponse sera très puissante », a-t-il tout de même prévenu.

Il a indiqué que lui et Blinken « ont discuté des moyens de travailler ensemble pour empêcher le réarmement du Hamas. »

Concernant l’Iran qui finance entre autre le Hamas, le Jihad islamique et le Hezbollah libanais, Netanyahu, a déclaré : « J’espère que les Etats-Unis ne reviendront pas à l’ancien JCPOA. Nous pensons que cet accord [de 2015] ouvre la voie à l’Iran pour avoir un arsenal d’armes nucléaires avec une légitimité internationale. »

« Quoi qu’il arrive », a ajouté Netanyahu qui a nommé la veille un nouveau chef du Mossad, « Israël se réservera toujours le droit de se défendre contre un régime déterminé à nous détruire, déterminé à obtenir les armes de destruction massive à cette fin. »

Netanyahu affirme qu’Israël et les Etats-Unis doivent travailler ensemble pour étendre la normalisation entre Israël et le monde arabe et musulman.

Il a également discuté, dit-il, des moyens « d’améliorer la vie et les conditions des Palestiniens, les conditions humanitaires à Gaza, y compris la question du retour de nos MIA [Missing in action (MIA), en l’occurrence il s’agit de deux dépouilles des soldats Oron Shaul et Hadar Goldin retenues par le Hamas] et de deux civils [entrés de leur propre chef : Avera Mengistu, Hisham al-Sayed] … ainsi que de la construction de la croissance économique pour la Judée, la Samarie, la Cisjordanie, avec la coopération et la participation internationales ».

Dans le sens des aiguilles d’une montre, à partir du haut à gauche : Avera Mengistu, Hisham al-Sayed, Hadar Goldin et Oron Shaul. (Flash 90/Times of Israel)

Quant à une paix formelle avec les Palestiniens, dit Netanyahu, « le président Biden avait tout à fait raison quand il a dit « vous n’obtiendrez pas la paix tant qu’Israël ne sera pas reconnu comme un Etat juif indépendant. »

« C’est la clé, je ne pourrais pas être plus d’accord avec le président Biden, » précise Netanyahu. « Nous avons des objectifs communs de paix, de sécurité et de prospérité. »

A la fin, Netanyahu prend un moment pour remercier Biden pour sa condamnation de la montée de l’antisémitisme.

« Merci à vous et au Président pour vos déclarations fortes contre l’antisémitisme », qui se fait « passer pour de l’anti-sionisme mais c’est de l’antisémitisme et vous avez pris une position audacieuse, une position claire, et nous l’apprécions. Je pense que toutes les personnes décentes partout dans le monde apprécient cette position. »

Joseph Borgen montre ses blessures après avoir été agressé par des propalestiniens dans les rues de New York. (Capture d’écran)

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a répondu que les États-Unis soutenaient le droit d’Israël à l’autodéfense et qu’ils s’impliqueraient fortement dans la reconstruction de Gaza après la dernière série de combats, et dans la recherche d’une solution politique au conflit.

« Le président Biden m’a demandé de venir ici, aujourd’hui, réellement pour quatre raisons », dit M. Blinken.

« Tout d’abord, pour démontrer l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité d’Israël, pour commencer à travailler à une plus grande stabilité et à une réduction des tensions en Cisjordanie et à Jérusalem, », pour soutenir « l’aide humanitaire urgente à la reconstruction de Gaza », et pour « continuer à reconstruire notre relation avec le peuple palestinien et l’Autorité palestinienne. »

Après que l’intense diplomatie menée par le président Biden auprès de Netanyahu, a contribué à produire le cessez-le-feu, « nous pensons maintenant que nous devons nous appuyer dessus », dit-il.

« Les pertes des deux côtés ont été profondes » et « comme l’enseigne le Talmud, perdre une vie, c’est perdre le monde entier, que cette vie soit palestinienne ou israélienne. »

Il a affirmé que les États-Unis soutenaient pleinement le droit d’Israël à se défendre contre les attaques, « telles que les milliers de roquettes tirées par le Hamas sans discrimination contre les civils israéliens… »

« Pour le président… cet engagement est personnel, il est profond… »

Le président américain Joe Biden au Capitole à Washington, le 13 avril 2021. (AP Photo/J. Scott Applewhite, Pool)

« Nous continuerons de renforcer tous les aspects de notre partenariat de longue date, et cela inclut une consultation étroite avec Israël, comme nous l’avons fait aujourd’hui, sur les négociations en cours à Vienne, autour d’un retour potentiel à l’accord sur le nucléaire iranien ; en même temps que nous continuons à travailler ensemble pour contrer les actions déstabilisatrices de l’Iran dans la région. »

« Nous savons que pour empêcher un retour à la violence, nous devons utiliser l’espace créé (par le cessez-le-feu) pour aborder un ensemble plus large de questions et de défis sous-jacents, et cela commence par s’attaquer à la grave situation humanitaire à Gaza, et commencer à reconstruire. »

Il indique que les États-Unis annonceront une contribution importante à cet effort dans le courant de la journée.

« Nous allons travailler de près avec nos partenaires, afin de nous assurer que le Hamas ne bénéficie pas de l’aide à la reconstruction, » souligne-t-il.

Les membres des Brigades Ezzedine Al-Qassam, aile armée du groupe terroriste du Hamas, défilent à Gaza City en date du 22 mai 2021. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

« Nous devons également travailler pour élargir les opportunités à Gaza et en Cisjordanie.

Des investissements comme ceux-ci contribueront à favoriser un environnement plus stable qui profitera à la fois aux Palestiniens et aux Israéliens. »

Blinken dit avoir parlé avec Netanyahu « d’autres mesures qui aideront à mettre les deux parties sur la voie d’un avenir meilleur. »

Citant Biden, il déclare : « Nous croyons que les Palestiniens et les Israéliens méritent tout autant de vivre en sécurité, de jouir des mêmes mesures de liberté, d’opportunités et de démocratie, et d’être traités avec dignité. »

En ce qui concerne la « violence intercommunautaire qui a éclaté en Israël au cours de ce conflit, il déclare : « Pour panser ces blessures, il faudra un leadership à tous les niveaux. »

Aux États-Unis, M. Blinken indique qu’il y a eu une « éruption choquante » d’attaques antisémites. » Citant à nouveau Biden, il déclare qu’elles sont « méprisables » et qu’elles « doivent cesser. »

Dans l’ensemble, dit-il, il y a beaucoup de travail difficile à accomplir et, après avoir vu l’alternative, il faut « redoubler d’efforts pour améliorer la vie des Israéliens et des Palestiniens, » a-t-il conclu.

Il doit rencontrer dans l’après-midi à Ramallah le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui n’exerce toutefois aucun pouvoir à Gaza car le Hamas l’en a férocement chassé en 2007 après le désengagement unilatéral d’Israël. Il poursuivra sa tournée en Egypte et en Jordanie, deux acteurs clés de la stabilité régionale.

Illustration: Un policier palestinien fait signe à un camion qui entre par le point de passage de Kerem Shalom dans la bande de Gaza le 1er septembre 2020, après un accord conclu avec Israël grâce à la médiation du Qatar. (SAID KHATIB / AFP)

Lundi soir, Israël a annoncé la réouverture quotidienne dès mardi du terminal de Kerem Shalom pour l’entrée de l’aide humanitaire. Ce point de passage a été pris pour cible par les terroristes du Hamas, faisant un soldat blessé qui aidait au chargement de l’aide pour Gaza. Les malades pourront également entrer et sortir de Gaza pour la première fois depuis le 10 mai et la zone de pêche au large de l’enclave sera élargie à six milles nautiques (un peu plus de 11 km).

Médiateur traditionnel entre Palestiniens et Israéliens, Le Caire s’active pour consolider le cessez-le-feu qui ne comporte aucune condition à l’arrêt des hostilités et n’établit aucun plan pour la reconstruction de la bande de Gaza.

Une délégation égyptienne se trouve dans l’enclave palestinienne pour des discussions avec le Hamas, organisation classée terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne. Et le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukry, a été reçu lundi à Ramallah par Abbas.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a rencontré, mardi le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman al-Safadi, à Ramallah, suite aux récents combats entre Israël et le Hamas.
Selon un communiqué transmis par le bureau d’Abbas, les deux parties ont discuté des contacts diplomatiques en cours entre l’AP, les Nations unies et les États-Unis concernant une collaboration dans les efforts de reconstruction de Gaza dans le sillage du conflit.

« Abbas a souligné la nécessité d’intensifier les initiatives de reconstruction de ce qui a été détruit par l’occupation israélienne dans la bande de Gaza. Le cessez-le-feu doit comprendre la fin des attaques et des invasions israéliennes » dans les lieux saints de Jérusalem et en Cisjordanie, a fait savoir le bureau du chef de l’AP.

Selon le même communiqué, Safadi a déclaré qu’il fallait reconstruire Gaza et que toutes les parties devaient poursuivre, dans les meilleurs délais, la recherche d’une solution politique qui mettrait un terme au contrôle israélien sur les Palestiniens.

Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken doit arriver à Ramallah en fin d’après-midi. C’est la visite américaine de plus haut-rang depuis que le président Joe Biden est entré à la Maison Blanche, au mois de janvier.

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