Biden : Pas de paix, sans la reconnaissance du droit d’Israël à exister
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Biden : Pas de paix, sans la reconnaissance du droit d’Israël à exister

Le président a estimé que les Démocrates soutenaient Israël, ajoutant qu'il espérait que les heurts cesseraient à Jérusalem

Le président américain Joe Biden pendant une conférence de presse conjointe avec le président sud-coréen Moon Jae-in à la Maison Blanche, le 21 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)
Le président américain Joe Biden pendant une conférence de presse conjointe avec le président sud-coréen Moon Jae-in à la Maison Blanche, le 21 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

Le président Joe Biden a déclaré vendredi dans une deuxième intervention consacrée au sujet qu’il n’y avait eu aucun changement dans son engagement à assurer la sécurité d’Israël, insistant néanmoins sur la nécessité de mettre en œuvre une solution à deux États qui comprendrait un État palestinien – ce qui est, selon lui, « la seule réponse » à apporter au conflit.

Biden s’est exprimé lors d’une conférence de presse organisée à la Maison Blanche lors de la toute première journée d’un cessez-le-feu qui est venu conclure onze jours de combats entre l’État juif et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Biden, qui a pris la parole au terme d’une visite effectuée par le président de la Corée du sud, a aussi minimisé l’idée que les combats récents avaient donné lieu à une division au sein du parti Démocrate – certains membres ayant clairement fait part de leur désaccord avec la « diplomatie silencieuse » mise en œuvre par Biden à l’égard d’Israël, son allié, en appelant publiquement à un cessez-le-feu.

« Mon parti soutient encore Israël », a dit Biden. « On va établir clairement les choses. Jusqu’à ce que la région reconnaisse sans équivoque le droit d’Israël à exister en tant qu’État juif indépendant, il n’y aura pas de paix ».

Biden a ajouté qu’il « priait » pour le maintien du cessez-le-feu.

Le président a promis d’aider à organiser les efforts de reconstruction à Gaza. Il a expliqué que lui et d’autres nations prendraient des initiatives pour « reconstruire les habitations » qui ont été démolies dans les combats, « sans donner au Hamas l’opportunité de reconstruire son système d’armement ».

« J’ai fait savoir aux Israéliens que j’estimais très important qu’ils mettent fin à ces affrontements à Jérusalem entre communautés qui sont le fait d’extrémistes des deux bords », a par ailleurs ajouté M. Biden.

Le président américain Joe Biden pendant une conférence de presse conjointe avec le président sud-coréen Moon Jae-in à la Maison Blanche, le 21 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

La solution à deux États – avec un État palestinien souverain aux côtés d’Israël, et Jérusalem comme capitale partagée – a été la pierre d’achoppement de décennies de diplomatie internationale visant à mettre un terme au conflit israélo-palestinien. La politique américaine défendue par l’ancien président Donald Trump avait été critiquée par les pays du monde comme outrageusement favorable à Israël et ignorante des Palestiniens.

Un plan de paix qui avait été mis au point par le haut-conseiller de Trump Jared Kushner – qui était aussi son gendre – avait prétendu fournir une solution à deux États. Toutefois, l’ébauche du plan prévoyait un État palestinien doté d’une souveraineté limitée, dont Israël conservait le contrôle en matière de sécurité.

Ce projet avait été immédiatement rejeté par les leaders palestiniens.

Biden a insisté, vendredi, sur la nécessité d’une solution à deux États.

« Il n’y a aucun changement dans mon engagement à préserver la sécurité d’Israël, point final, aucun changement, aucun changement du tout », a-t-il martelé.

« Mais je vais vous dire là où les choses changent. Le changement, c’est que nous avons encore besoin d’une solution à deux États. C’est la seule réponse, la seule », a continué Biden.

Jeudi, Biden a salué le gouvernement égyptien pour son rôle crucial tenu dans la négociation du cessez-le-feu, ajoutant que lui et d’autres conseillers de son administration avaient été impliqués « heure par heure » et de manière intense dans l’effort visant à stopper les combats.

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« Je pense que les Palestiniens et les Israéliens méritent tout autant de vivre dans la sécurité et de bénéficier de manière égale de la liberté, de la prospérité et de la démocratie », a déclaré Biden.

« Mon administration continuera notre diplomatie discrète mais sans relâche à la poursuite de cet objectif. »

Il a ajouté qu’il avait « salué » le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour avoir cessé les affrontements avec Gaza.

Biden a déclaré qu’au cours de leur dernier entretien téléphonique, Netanyahu avait fait part de sa satisfaction concernant le système de défense antiaérien du Dôme de fer – dont le financement avait été initialement approuvé par l’administration Obama et qui a permis d’intercepter l’écrasante majorité des roquettes tirées depuis Gaza vers les secteurs de population civile en Israël. Le président a précisé qu’il avait assuré à Netanyahu que les États-Unis reconstitueraient l’arsenal de missiles du Dôme de fer à l’avenir.

Biden a souligné les efforts américains en faveur de la désescalade de la situation sur le terrain, une initiative apparente visant à repousser les critiques qui ont estimé que les États-Unis s’étaient désengagés et qu’ils avaient même bloqué des mesures diplomatiques visant à mettre en place un cessez-le-feu.

L’envoyée américaine au Conseil de sécurité a rejeté, seule, trois déclarations conjointes appelant à un cessez-le-feu immédiat et elle devait s’opposer également à une résolution déposée par la France sur le même sujet. Washington avait déclaré que de telles mesures, auxquelles Israël s’était opposé, n’auraient pas aidé à faire avancer les initiatives de cessez-le-feu.

Mais les responsables de Biden ont défendu leur positionnement. L’ex-envoyé spécial d’Obama, Martin Indyk, a écrit jeudi sur Twitter que ce dernier s’était avéré efficace pour faire cesser les violences.

Avant le début de l’opération Gardien des murs, le département d’État avait critiqué les actions entreprises par Israël à Jérusalem, et notamment l’expropriation en suspens de familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah ainsi que les répressions policières exercées à l’encontre des manifestants, là-bas, mais qui étaient aussi survenues sur le mont du Temple/complexe Haram al-Sharif.

Toutefois, les critiques s’étaient largement tues une fois que les tirs de roquettes avaient commencé, le 10 mai, et les responsables américains avaient répété le droit d’Israël à se défendre, déclarant à de nombreuses reprises qu’il ne pouvait pas y avoir d’équivalence entre les lancements indiscriminés de roquettes en direction des civils israéliens et la riposte israélienne, dans laquelle l’armée avait tenté d’éviter les victimes civiles.

Toutefois, la patience de Washington avait commencé à s’user, le conflit durant et le nombre de victimes civiles augmentant – et face aux pressions de plus en plus fortes exercées depuis l’intérieur du parti démocrate et de la part des alliés des États-Unis, à l’étranger.

Des soutiens palestiniens du Hamas célèbrent la fin des combats entre le Hamas et Israël à Khan Younes, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 mai 2021. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

« Nous avons eu des discussions de haut-rang, heure par heure », a noté Biden dans son discours. Son administration a souligné qu’il y avait eu plus de 80 entretiens téléphoniques et rencontres de haut-niveau entre les responsables, aux États-Unis, et les Israéliens, les Palestiniens et d’autres acteurs régionaux depuis le début des violences.

Le président a déploré le nombre élevé de victimes civiles, en particulier d’enfants. « Je transmets mes condoléances les plus sincères à toutes les familles israéliennes et palestiniennes ayant perdu un être cher – et je souhaite un prompt rétablissement à tous les blessés », a-t-il continué.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken se rendra au Moyen-Orient « dans les prochains jours », a annoncé jeudi le département d’Etat, après l’annonce du cessez-le-feu.

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