Bnei Brak: Des dizaines de manifestants réclament la conscription des ultra-orthodoxes
Des mères de soldats étaient à la tête de ce mouvement de protestation ; les policiers n'auraient rien fait alors que les protestataires étaient agressés par des hommes ultra-orthodoxes
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Des hommes ultra-orthodoxes se sont heurtés à des manifestants à Bnei Brak, dans la journée de vendredi, alors que des dizaines de protestataires bloquaient l’entrée principale de cette ville à majorité haredi, exigeant que les étudiants des yeshivas fassent leur service militaire comme tous les autres jeunes Israéliens.
La manifestation initiale – qui a été l’occasion, pour les personnes présentes, de bloquer le pont dit « de Coca-Cola », sur la Route 4 – a été menée par l’organisation « Mères sur le Front », un groupe de femmes dont les enfants ont intégré l’armée ou la réserve.
Des réservistes avaient également fait le déplacement.
Cette manifestation a fait suite aux récents rassemblements d’hommes ultra-orthodoxes qui s’étaient opposés à l’arrestation de certains étudiants en yeshiva qui s’étaient soustraits au service militaire obligatoire.
« Nos enfants ne sont pas partis défendre un État qui protège le droit des Haredim à se soustraire à la conscription », a commenté la fondatrice du mouvement, Ayelet Hashachar Saydof, auprès du site d’information Ynet.
« C’est du jamais vu ; cela n’a été vu nulle part ailleurs dans le monde : au lieu d’arrêter les réfractaires à la conscription, ces derniers parviennent à paralyser le pays », a-t-elle dit. « Nous, nous sommes venues ici pour dire que ça suffit ».
המפגינים חוסמים את הכביש וקוראים "אין זכויות בלי חובות". (ידיעות בני ברק pic.twitter.com/Kp1Zaqre1K
— לירי בורק שביט (@lirishavit) June 26, 2026
La manifestation qui a eu lieu vendredi a provoqué des embouteillages plusieurs heures avant Shabbat. Elle a attiré une foule de riverains venus contre-manifester, certains scandant le slogan anti-conscription : « Nous mourrons plutôt que de nous enrôler ! ».
À un moment donné, les hommes ultra-orthodoxes se sont heurtés aux forces de l’ordre.
Les manifestants pro-conscription, quant à eux, ont scandé : « Il n’y a pas de droits sans devoirs ! »
La police a eu des difficultés à mettre fin aux affrontements entre les deux groupes, tandis que les manifestants se bousculaient.
Une femme a retiré son tee-shirt, selon Ynet, au milieu de la foule d’hommes ultra-orthodoxes, qui observent des normes de pudeur extrêmement strictes.
Michal, l’une des militantes de « Mères sur le Front », a dit au média hébréophone : « En rentrant du rassemblement, deux autres mères et moi étions en train de marcher en direction de notre voiture. Un piéton m’a agressée, un type qui faisait trois fois ma taille ».
« Quand nous sommes arrivées à la voiture, un motard qui avait pris part à l’agression nous a barré la route, il refusait de nous laisser partir. Il a appelé d’autres personnes pour qu’elles nous bloquent le passage », a-t-elle raconté.
« L’un des agresseurs a brisé la vitre arrière avec son casque. J’étais au téléphone avec la police », a-t-elle ajouté.
Puis « nous sommes arrivés au poste de contrôle de police et les agents les ont vus en train de s’en prendre physiquement à nous. J’ai crié en interpellant l’un d’entre eux – il n’a tout simplement pas bougé, il n’est pas venu vers nous, il s’est contenté de nous prendre en photo ».
« Les agresseurs ont continué à nous courir après, ils nous ont attaqués à chaque carrefour, ils ont brisé le pare-brise, ils ont arraché la plaque d’immatriculation de la voiture », a-t-elle dit à Ynet. « J’étais sûre qu’ils allaient me lancer une brique à la tête. Personne ne nous a aidés ».
המשטרה החלה להשתמש באלימות כלפי החרדים בבני ברק pic.twitter.com/f9bWn0toCE
— לירי בורק שביט (@lirishavit) June 26, 2026
Mercredi dernier, des manifestants haredim avaient bloqué la circulation aux abords de Bnei Brak à l’heure de pointe du matin, dans le cadre d’un mouvement de protestation contre la conscription qui avait tourné à la violence. La police avait utilisé des grenades assourdissantes et des matraques pour disperser les participants.
Plus tard dans la journée, des milliers de manifestants haredim s’étaient rassemblés devant la prison militaire de Beit Lid pour dénoncer bruyamment l’arrestation d’un réfractaire ultra-orthodoxe à l’appel des drapeaux placé en détention dans cet établissement pénitentiaire.
Les appels à la conscription des hommes haredim se sont multipliés alors qu’Israël mène une guerre sur plusieurs fronts depuis le pogrom qui avait été commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, dans un contexte de pénurie croissante de main-d’œuvre. Les femmes diplômées des lycées religieux réservés aux filles sont automatiquement éligibles à une exemption du service militaire pour des raisons religieuses.
Tsahal a expliqué, à plusieurs reprises, avoir un besoin urgent de 12 000 recrues supplémentaires. Selon les estimations, environ 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont actuellement éligibles au service militaire, mais ne se sont pas enrôlés.
Au début du mois, la Knesset a voté – à 56 voix contre 43 – en faveur de l’adoption d’une Loi fondamentale quasi-constitutionnelle qui déclarerait l’étude de la Torah valeur fondamentale de l’État d’Israël. Ce projet de loi est soutenu par les partis ultra-orthodoxes, soucieux de protéger les réfractaires à la conscription contre les éventuelles sanctions et autres poursuites judiciaires.
Même si cette loi venait à être adoptée par la Knesset, il est très probable que la Haute Cour de justice finirait par l’invalider – ou tout du moins, qu’elle invaliderait toute interprétation du texte qui viendrait assimiler l’étude de la Torah au service militaire.
la Communauté du Times of Israël !







