Campagne de financement participatif pour les frais juridiques de Netanyahu
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Campagne de financement participatif pour les frais juridiques de Netanyahu

L'initiative a été lancée après le rejet, par le bureau du contrôleur de l’Etat, de la demande du Premier ministre de faire payer ces frais par de riches donateurs

Une capture écran de la page de financement participatif visant à recevoir des dons pour couvrir les frais juridiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu (Capture écran)
Une capture écran de la page de financement participatif visant à recevoir des dons pour couvrir les frais juridiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu (Capture écran)

Un militant du Likud a lancé une campagne de financement participatif pour la défense du Premier ministre Benjamin Netanyahu, après que le bureau du contrôleur de l’Etat a rejeté la demande de ce dernier de la faire financer par des hommes d’affaires étrangers et fortunés dans les trois affaires de corruption qui le visent.

Mercredi soir, la campagne, lancée sur le site de financement participatif giveback.co.il, avait récolté environ 36 000 shekels (8 600 euros) sur un objectif d’1 million de shekels (240 000 euros).

C’est Moshiko Pesel, âgé de 29 ans et membre du Comité central du Likud, qui est à l’initiative de cet appel au don. Comme il l’a écrit après le rejet de la demande de Netanyahu : « c’est notre mission en tant que citoyens d’Israël de contribuer au financement de sa défense juridique », indiquant que cette démarche était le « combat de tous ».

La page assure que l’argent ne servira qu’à la défense du Premier ministre. Elle dénonce « un effort concerté pour renverser » Netanyahu pour ses démêlés judiciaires.

Le mois dernier, le bureau du contrôleur de l’Etat avait refusé à Netanyahu de faire couvrir ces frais par Nathan Milikowsky, son cousin, et le millionnaire américain Spencer Partrich. Dans sa décision, le Comité d’autorisation du contrôleur avait statué qu’il n’était pas approprié que des donateurs étrangers règlent des dépenses judiciaires pour une affaire criminelle justement liée à la réception de fonds en provenance de riches donateurs.

Dans les affaires qui le visent, le Premier ministre est soupçonné d’avoir reçu des avantages de riches donateurs en échange de l’utilisation de son pouvoir pour promouvoir leurs intérêts.

Le bureau mène aussi une enquête pour déterminer si Netanyahu a reçu de manière illégale 300 000 dollars de Milikowsky pour ses frais de défense sans avoir obtenu l’autorisation nécessaire au préalable.

Pourtant, début janvier, le contrôleur de l’Etat Yossef Shapira aurait appelé son bureau à examiner de nouveau la demande de Netanyahu et à écouter les arguments du Premier ministre en personne, déclarant que les circonstances avaient « fortement changé » depuis que la décision originale du comité avait été prise, selon des médias en hébreu.

Les avocats de Netanyahu ont avancé l’argument que Netanyahu et son équipe de défense de l’époque pensaient que des dons d’un cousin ne nécessitaient pas l’approbation du comité.

Ils ont également affirmé que les fonds en provenance de Milikowsky avaient été reçus entre mars 2017 et mars 2018, soit avant que le procureur général n’ait fait savoir que de telles donations devaient être autorisées.

Yossef Shapira, contrôleur de l’Etat, pendant la présentation d’un rapport de son bureau à la Knesset, le 1er novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’année passée, les avocats de Netanyahu avaient tenté d’obtenir l’autorisation pour que Milikowsky et Partrich paient jusqu’à 3 millions de dollars de frais juridiques dans les trois affaires criminelles distinctes pour lesquelles la police a recommandé la mise en examen du Premier ministre, y compris dans le cadre d’une enquête autour de généreux cadeaux d’amis milliardaires.

L’année dernière, Milikowsky et Partrich ont été interrogés par la police dans le cadre de leur enquête sur Netanyahu pour l’Affaire 1000. Le Premier ministre et sa femme sont suspectés d’avoir reçu pour environ 1 million de shekels (240 000 euros) en cadeaux illégaux d’hommes d’affaires en échange de certains avantages. Dans sa déposition, Partrich avait admis devant les policiers qu’il avait acheté à Netanyahu un certain nombre de costumes de marque mais que Milikowsky les lui avaient remboursés, selon des informations d’Haaretz publiées en janvier.

En plus de l’enquête sur ces cadeaux, Netanyahu est visé par deux autres enquêtes – les Affaires 2000 et 4000 – impliquant d’éventuels accords de prises de décisions régulatrices favorables en échange d’une couverture positive dans les médias. La police a recommandé qu’il soit inculpé pour corruption dans les trois affaires, une décision que les procureurs soutiendraient également pour au moins une des trois affaires.

Netanyahu a toujours démenti toute malversation, accusant la police, les médias et les forces de l’ordre de mener une chasse aux sorcières contre lui.

Avichai Mandelblit, le procureur général, examine actuellement les affaires et réfléchit à l’éventualité d’annoncer son intention de mettre en examen Netanyahu avant les élections d’avril, ce que le Premier ministre lui a demandé de ne pas faire. Des médias ont indiqué qu’il pourrait annoncer sa décision, dans l’attente d’une audience, en février.

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