Canada : Une université de Toronto crée une commission pour lutter contre l’antisémitisme sur son campus
L’initiative intervient quelques jours après la publication d’un rapport officiel canadien selon lequel 95,7 % des étudiants juifs interrogés ont été témoins ou victimes d’au moins un incident antisémite en 2025
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La Toronto Metropolitan University (TMU) a annoncé, dans un communiqué, le 14 août 2026, la création d’une commission chargée de mettre en œuvre les recommandations d’un rapport indépendant consacré à la liberté d’expression, à l’antisémitisme et à la sécurité sur son campus.
Le rapport de 190 pages, réalisé par la juge ontarienne à la retraite Mary Lou Benotto à la demande de l’université, fait suite à deux incidents survenus en 2025 ayant conduit à l’arrestation d’étudiants liés à l’organisation Students for Justice in Palestine. Il conclut que ces affaires étaient les symptômes d’un climat « profondément polarisé » depuis le 7 octobre 2023 et la guerre entre Israël et le Hamas.
Dans ce document, les étudiants, enseignants et personnels juifs interrogés ont décrit une hostilité envers l’identité juive et le sionisme pouvant aller jusqu’à « l’intimidation, la déshumanisation et l’antisémitisme ». Les militants pro-palestiniens ont, eux, évoqué leur traumatisme lié à la guerre à Gaza et la crainte que leurs activités militantes soient mal vues.
Le rapport recommande notamment de renforcer les règles contre l’intimidation, le harcèlement et la discrimination, de mieux encadrer les manifestations et de faire appliquer plus systématiquement le code de conduite des étudiants.
Le texte préconise également que l’université adopte la définition de travail de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), en reconnaissant que l’antisémitisme peut se manifester sous la forme de l’antisionisme. Le rapport précise que la critique des politiques du gouvernement israélien doit rester protégée par la liberté d’expression.
L’ancienne juge estime notamment que lorsque l’antisionisme « refuse au peuple juif le droit à l’autodétermination reconnu à d’autres peuples », il peut devenir discriminatoire.
La commission annoncée sera présidée par Bob Rae, ancien Premier ministre de l’Ontario et diplomate canadien, qui doit présenter à l’université un plan de mise en œuvre des recommandations d’ici mars 2027.
Hillel Ontario, la UJA Federation of Greater Toronto et le Centre for Israel and Jewish Affairs (CIJA) ont déclaré avoir documenté « un schéma persistant d’incidents menaçants » et une « culture d’impunité » sur le campus.
L’initiative intervient quelques jours après la publication d’un rapport officiel canadien selon lequel 95,7 % des étudiants juifs interrogés ont été témoins ou victimes d’au moins un incident antisémite en 2025. Selon cette étude, 70 % estiment que leur université ne prend pas suffisamment l’antisémitisme au sérieux.
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