Ce qu’ont dit Netanyahu et Gantz aux chrétiens évangéliques sur l’annexion
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Ce qu’ont dit Netanyahu et Gantz aux chrétiens évangéliques sur l’annexion

"Israël est prêt pour ces négociations" ; elle se limiterait aux blocs d'implantations ; Appel aux Palestiniens à négocier à partir du plan Trump

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé l’Autorité palestinienne (AP) à entamer des négociations sur la base du plan de paix du président américain Donald Trump, déclarant que son gouvernement et lui-même étaient prêts à entamer des pourparlers, quelques jours avant qu’il ne soit prévu d’annexer des parties de la Cisjordanie avec l’approbation de Washington.

Les dirigeants palestiniens ont rejeté l’ensemble du plan de paix Trump, le qualifiant de biaisé en faveur d’Israël, et ont coupé tous leurs liens avec la Maison Blanche ainsi qu’une grande partie de leur coordination sécuritaire avec Israël.

« J’encourage les Palestiniens à ne pas perdre une autre occasion, à ne pas gaspiller un autre siècle à essayer de détruire Israël », a déclaré M. Netanyahu dans un message vidéo enregistré diffusé lors d’une conférence des Chrétiens unis pour Israël [Christians United for Israel] qui s’est tenue en ligne dimanche en raison de la pandémie de coronavirus.

« Ils devraient embrasser la vision de Trump », a déclaré Netanyahu. « Ils devraient s’asseoir et négocier en toute bonne foi. Ils devraient être prêts à négocier un compromis historique qui peut apporter la paix aux Israéliens comme aux Palestiniens.

« Israël est prêt pour de telles négociations. Je suis prêt pour une telle négociation. Et je suis sûr que de nombreux États arabes de notre région espèrent que nous entamerons de telles négociations avec les Palestiniens », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait cultivé des liens d’amitié avec des États arabes qui n’ont pas d’accord de paix formel avec l’État juif.

Le ministre de la Défense et Premier ministre d’alternance Benny Gantz a fait une remarque similaire dans son propre message vidéo, conseillant aux Palestiniens de reconsidérer leur refus de négocier « et de ne pas manquer une autre opportunité de changement positif, de paix et de prospérité ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressant au sommet annuel des Chrétiens unis pour Israël, le 28 juin 2020. (Capture d’écran : YouTube)

Netanyahu a fait l’éloge du plan de paix Trump dans son message, disant qu’il « est ancré dans un fondement de vérité » et « qu’il établit clairement que le peuple juif a une revendication valide, légale, historique et morale sur la Judée et la Samarie, et qu’il soutient la souveraineté d’Israël sur les localités juives qui s’y trouvent », en utilisant le terme biblique pour la Cisjordanie.

« Après tout, nous sommes appelés Juifs parce que nous sommes le peuple de Judée », a-t-il dit.

« L’application du droit israélien aux régions de Judée et de Samarie qui continueront à faire partie d’Israël dans tout futur accord de paix ne fera pas reculer la cause de la paix ; elle la fera progresser », a déclaré M. Netanyahu, laissant entendre que l’annexion, au lieu d’inclure toutes les implantations israéliennes et la vallée du Jourdain, sera limitée aux seuls blocs d’implantations situés au centre que beaucoup considèrent comme faisant partie d’Israël dans tout futur accord de paix.

« Mes amis, la vision du président met enfin fin à l’illusion des deux États », a ajouté M. Netanyahu. « Elle appelle à une solution réaliste à deux États. Et dans cette solution réaliste, Israël, et Israël seul, a le contrôle de toutes les questions de sécurité sur le terrain et dans les airs, à l’ouest du Jourdain. C’est bon pour Israël, c’est bon pour les Palestiniens, c’est bon pour la paix ».

Arguant que les frontières de 1967, antérieures à la prise de contrôle de la Cisjordanie par Israël, sont « indéfendables », Netanyahu a salué le plan Trump qui maintient tout Jérusalem entre les mains d’Israël et ne prévoit pas l’évacuation des implantations.

« Le plan n’inclut pas le déracinement de dizaines de milliers de Juifs de leurs foyers ; il ne déracine pas un seul Juif ou Arabe. Assez de nettoyage ethnique », a-t-il déclaré, employant une expression qui lui a valu la condamnation de l’ONU et de nombreux pays lorsqu’il l’a utilisé en 2016.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, à Jérusalem, le 15 septembre 2010. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Netanyahu a également félicité Trump pour son retrait de l’accord nucléaire avec l’Iran, appelant d’autres pays à se joindre aux États-Unis pour sanctionner la République islamique.

Cet appel a été repris par le président Reuven Rivlin, qui a également délivré un message vidéo.

Rivlin a demandé des mesures sévères contre l’antisémitisme venant « à la fois de l’extrême droite et de l’extrême gauche – BDS », en référence au mouvement appelant au boycott d’Israël.

En vertu d’un accord de coalition entre Netanyahu et le dirigeant de Kakhol lavan, Benny Gantz, signé le mois dernier, le gouvernement peut poursuivre l’annexion des 132 implantations et de la vallée du Jourdain – les 30 % de la Cisjordanie alloués à Israël dans le cadre du plan de paix de l’administration Trump – à partir du 1er juillet. Le plan prévoit également, sous certaines conditions, la création d’un État palestinien sur les 70 % restants du territoire.

Selon certaines informations, Israël envisage une annexion plus limitée qui ne s’appliquerait qu’aux zones d’implantation proches de Jérusalem. Ynet a rapporté qu’une des idées discutées est d’ajouter la ville de Maale Adumim au territoire municipal de Jérusalem.

Benny Gantz, chef du parti Kakhol lavan (à gauche), et le député Gabi Ashkenazi lors d’un événement de campagne électorale à l’approche des élections de mars, à Kfar Saba, le 12 février 2020. (Gili Yaari / Flash90)

Le ministre des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, a déclaré qu’Israël n’annexerait pas la vallée du Jourdain, selon un reportage télévisé de mercredi dernier.

La perspective d’une annexion unilatérale a été condamnée au niveau international, des États européens et arabes, ainsi que de hauts responsables du Parti démocrate américain, ayant mis en garde le gouvernement israélien contre cette éventualité.

La Jordanie a menacé d’abroger ou de revoir à la baisse son traité de paix de 1994 avec Israël si l’annexion se poursuit et le roi Abdallah II serait tellement furieux des intentions d’Israël qu’il a cessé d’accepter les appels de Netanyahu.

Le Times of Israel a rapporté au début du mois qu’il était « très peu probable » que l’administration américaine approuve une initiative israélienne visant à annexer unilatéralement des parties de la Cisjordanie à la date du 1er juillet envisagée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et qu’il fallait travailler davantage sur la cartographie des territoires.

Préoccupé par les dommages collatéraux qui pourraient résulter du fait de permettre à Israël d’aller de l’avant avec son plan, Washington envisagerait de soutenir l’annexion de seulement une poignée d’implantations près de Jérusalem.

En fin de compte, lorsque l’équipe aborde cette idée d’annexion, la principale chose qui nous passe par la tête est la suivante : « Est-ce que cela contribue réellement à faire avancer la cause de la paix ? Et c’est donc ce qui aidera à faire avancer une grande partie de la discussion », a déclaré un haut responsable de l’administration Trump à Reuters dans un rapport la semaine dernière.

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