Certains magasins rouvrent – mais beaucoup n’ont pas resisté au virus
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Certains magasins rouvrent – mais beaucoup n’ont pas resisté au virus

"Les deux confinements nous ont achevés", dit un commerçant qui avait été obligé de fermer à cause de la pandémie ; pour ceux qui rouvrent, c'est comme "sortir de prison"

Les Israéliens font du shopping à la réouverture des magasins à Jaffa Street, au centre de Jérusalem, le 8 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les Israéliens font du shopping à la réouverture des magasins à Jaffa Street, au centre de Jérusalem, le 8 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ce sont des milliers de commerces, installés dans les rues israéliennes, qui ont rouvert dimanche, alors que le gouvernement allège encore davantage les restrictions qui avaient été mises en place dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Les magasins pourront accueillir quatre personnes maximum à l’intérieur, conformément aux directives et notamment à la nécessité de respecter la distanciation physique. Il est évidemment obligatoire de porter un masque.

De nombreux commerçants ont fait part de leur soulagement après des mois entiers de difficultés financières. Eli Dana, à la tête d’une bijouterie de Tel Aviv, a déclaré au site Ynet qu’il avait l’impression d’être « sorti de prison ».

Les magasins avaient été fermés à la mi-septembre, quand Israël était entré en confinement national, n’autorisant l’ouverture que des magasins vendant des produits de première nécessité.

« Voir les gens aller et venir dans ma boutique me ravit. Au-delà de la question financière, il y a aussi la question psychologique et le risque de dépression – je suis sûr que la moitié des citoyens nourrit actuellement de l’anxiété face à la situation actuelle et à l’avenir », a ajouté Dana.

Mais nombreux sont les commerces à ne pas avoir repris leurs activités et qui resteront définitivement fermés – un signe du lourd bilan infligé par la pandémie à l’économie israélienne.

« Les deux confinements nous ont complètement achevés », a confié à Ynet Lisa Farage, propriétaire d’une boutique de prêt-à-porter à Raanana. « Nous sommes un commerce indépendant qui travaille peu l’hiver et qui survit des ventes faites pendant l’été. Nous sommes restés fermés à Pessah et à Rosh HaShana, deux fêtes essentielles pour qu’on puisse faire notre chiffre pendant l’hiver ».

Farage a expliqué que les indemnisations gouvernementales versées aux entreprises « n’ont pu couvrir que 30 % des dépenses ».

Les Israéliens font du shopping à la réouverture des magasins à Jaffa Street, au centre de Jérusalem, le 8 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Mercredi dernier, les ministres avaient voté en faveur de la réouverture des commerces, malgré les objections des responsables de la santé qui avaient prôné une reprise lente et graduelle des activités économiques, scolaires et autres. Toutefois, seuls les magasins ayant une vitrine sur l’extérieur sont concernés par cette réouverture, exception faite, par conséquent, des boutiques installées dans les centres commerciaux.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s’est montré réticent à cette réouverture, a averti que le gouvernement pouvait réimposer des restrictions en cas de nouvelle hausse des taux d’infection.

De plus, la presse israélienne a fait savoir, dimanche, que l’aéroport Ben-Gurion avait fini de mettre en place son laboratoire de dépistage au coronavirus destiné aux voyageurs. Ce laboratoire – qui comprend des tests rapides ou plus lents – attend encore l’approbation du ministère de la Santé avant d’être déclaré opérationnel.

Il sera probablement disponible dans les prochains jours, ont indiqué les médias.

Une file d’attente à l’entrée d’un magasin de vêtements lors de la réouverture officielle des magasins après presque deux mois de confinement, le 8 novembre 2020. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le ministère de la Santé a annoncé, dimanche, que seulement 208 nouveaux cas de coronavirus avaient été confirmés samedi, même si c’est aussi le résultat du nombre de dépistages habituellement en forte baisse pendant le week-end.

Les chiffres du ministère ont révélé que 2,6 % des 8 070 résultats aux tests de dépistage revenus samedi étaient positifs. Les jours précédents, avec 3 000 à 40 000 tests quotidiens réalisés, le taux de positivité oscillait entre 1,6 % et 2,3 %.

Il y a 8 698 cas actifs dans le pays. 319 090 personnes ont été touchées par le coronavirus depuis le début de la pandémie au sein de l’État juif.

Sur ces cas actifs, 333 personnes sont dans un état grave et 147 ont été placées sous respirateur. 104 personnes sont dans un état modéré et les autres ne présentent que des symptômes légers, voire une version asymptomatique de la maladie.

La COVID-19 a fait 2 664 morts en Israël.

Avant le week-end, les ministres avaient approuvé des mesures de confinement local dans plusieurs secteurs en raison de taux élevés d’infection, notamment dans les villes druzes de Buqata, Masade et Majdal Shams, sur le plateau du Golan, et dans la zone ultra-orthodoxe de Hazor Haglilit, en Galilée.

Le pays est parvenu à faire nettement décliner son taux quotidien d’infection en passant d’environ 8 000 à la mi-septembre à plusieurs centaines à la fin du mois d’octobre grâce à un confinement national que le gouvernement a commencé à alléger petit à petit, le mois dernier.

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