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Champ gazier de Karish : Beyrouth met en garde Jérusalem contre toute « provocation »

Le président libanais a déclaré que toute activité d'Israël dans le champ de Karish, qui selon lui, se trouve dans une zone "contestée", sera considérée comme un "acte hostile"

Energean travaillant dans le champ pétrolier de Karish, au large d'Israël, en 2020. (Crédit: Capture d'écran via YouTube)
Energean travaillant dans le champ pétrolier de Karish, au large d'Israël, en 2020. (Crédit: Capture d'écran via YouTube)

Le président libanais Michel Aoun a mis Israël en garde dimanche contre d’éventuels forages dans le champ de gaz naturel offshore de Karish, alors qu’une nouvelle plate-forme gazière est arrivée sur le site pour commencer ses activités.

Le bureau de Aoun a déclaré que le président avait discuté de la question avec le Premier ministre Najib Mikati et qu’il avait demandé aux responsables de l’armée de le tenir au courant des activités menées sur la plate-forme, qui est exploitée par la société énergétique grecque Energean. Il a également évoqué les pourparlers en cours visant à régler le différend frontalier maritime entre le Liban et Israël, des négociations qui ont lieu par l’intermédiaire des États-Unis.

« Toute action ou activité dans la zone contestée constituera une provocation et un acte hostile », a fait savoir la présidence.

Selon Reuters, Mikati a accusé Israël « d’empiéter sur les richesses maritimes du Liban et de s’imposer dans une zone contestée, considérant le problème comme un fait accompli ». Il a qualifié la démarche israélienne « d’extrêmement dangereuse ».

« La décision concernant la réponse à l’arrivée du navire est dorénavant entre les mains de l’État et du Hezbollah », a déclaré Bassam Yasin, chef de la délégation libanaise aux négociations dont les propos ont été cités par la chaîne publique Kan.

Les ennemis de longue date que sont Israël et le Liban ont tenu des pourparlers au cours de l’année écoulée en vue de délimiter leurs zones économiques exclusives respectives au large des côtes. Le secteur disputé, large de plusieurs centaines de kilomètres carrés, contiendrait d’importants gisements de gaz naturel, ce qui pourrait changer la donne pour le Liban, en proie à une crise économique dévastatrice.

Le groupe terroriste du Hezbollah a mis en garde Israël contre toute recherche unilatérale de gaz naturel dans la région maritime contestée avant la conclusion d’un accord.

Illustration d’une plate-forme flottante de production et de stockage d’Energean. (Autorisation)

Cheikh Naim Qassem, chef adjoint du Hezbollah, a mis en garde Israël contre tout projet de forage dans le gisement de gaz naturel offshore revendiqué par le Liban, affirmant que le groupe terroriste était prêt à agir, « si nécessaire par la force ».

« Quand l’État libanais nous dit que les Israéliens tentent de s’approprier notre eau ou notre pétrole, nous sommes prêts à tout  -pression, dissuasion, tous les moyens appropriés – y compris la force », a déclaré Qassem à Reuters.

Qassem a déclaré que « la question nécessitait une décision claire de l’État libanais », ajoutant que le groupe terroriste soutenu par l’Iran « avait exhorté le gouvernement à faire au plus vite et fixer une date limite ».

Il a également déclaré que le Hezbollah agirait « dans tous les cas ».

Les négociations sont censées porter sur une zone maritime de 860 kilomètres-carrés, selon une carte enregistrée auprès des Nations unies en 2011.

Mais en 2020, le Liban a exigé une zone supplémentaire de 1 430 kilomètres-carrés plus au sud, a expliqué l’expert libanais en énergie Laury Haytayan. Il a qualifié la nouvelle phase des négociations de « guerre des cartes ».

Ce secteur supplémentaire s’étend sur une partie du champ gazier de Karish qu’Israël a attribué à Energean, qui devait commencer à pomper du gaz vers le marché intérieur israélien l’année dernière. Karish, qui signifie requin en hébreu, contient 39,6 milliards de mètres-cubes de gaz.

Des véhicules militaires de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) entrent dans la ville frontalière de Naqoura, dans le sud du Liban, où a débuté le 28 octobre 2020, dans une base de l’ONU, le deuxième cycle de pourparlers entre le Liban et Israël sur la démarcation de la frontière maritime entre les deux pays. (Crédit : Mahmoud Zayyat/AFP)

Le ministre libanais des Affaires étrangères a répondu positivement aux propositions faites par le négociateur américain Amos Hochstein concernant la résolution du différend frontalier maritime avec Israël, dans des propos qui ont été publiés vendredi. Le chef terroriste du Hezbollah, Hassan Nasrallah, aurait donné son feu vert pour la poursuite des négociations.

Cependant, le mois dernier, Nasrallah a exprimé son opposition farouche aux pourparlers menés par les États-Unis, semblant ainsi contredire les informations antérieures.

La zone autour de Karish comprend également un gisement potentiel connu sous le nom de bloc 72, qui contiendrait également d’importantes quantités d’hydrocarbures. En juin 2019, le gouvernement israélien avait autorisé la société américaine Noble Energy à y effectuer des forages exploratoires. Le développement du champ a toutefois essuyé les conséquences du conflit avec le Liban, sa destinée finale restant incertaine.

Israël et le Liban n’entretiennent aucune relation diplomatique et les deux pays sont techniquement en guerre. Ils revendiquent chacun un secteur d’environ 860 kilomètres-carrés de la mer Méditerranée, prétendant que ce secteur, selon eux, se situe dans leurs zones économiques respectives.

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