Chris Minns veut interdire certains slogans pro-Palestiniens comme « Mondialisez l’intifada »
« Nous ne pouvons pas nous permettre de revivre les événements de dimanche. Nous devons tout mettre en œuvre pour que cela change », a déclaré le dirigeant régional de l’État de Nouvelle-Galles du Sud

Samedi, le dirigeant régional de l’État de Nouvelle-Galles du Sud, Chris Minns, a annoncé vouloir interdire certains slogans pro-Palestiniens comme « Mondialisez l’intifada » ou des symboles comme le drapeau de l’EI.
Il veut également renforcer les pouvoirs de la police de ce territoire, où se trouve Sydney, pour ordonner aux gens de se découvrir le visage.
Deux Intifada en Israël ont fait des centaines de morts en Israël dans des attentats terroristes palestiniens. La première de 1987 – année de naissance du Hamas – à 1993, qui correspond aux accords d’Oslo. La Seconde a débuté en 2000 avec la visite d’Ariel Sharon sur le mont du Temple et s’est terminée en 2005 avec le désengagement de la bande de Gaza.
Sous la pression de ses détracteurs qui reprochent à son gouvernement de centre-gauche de ne pas avoir suffisamment agi pour endiguer la montée de l’antisémitisme, le Premier ministre Minns s’est engagé à renforcer la législation contre la haine après le massacre.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de revivre les événements de dimanche. Nous devons tout mettre en œuvre pour que cela change », a déclaré M. Minns aux journalistes.
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a déclaré samedi que la communauté juive du pays était « totalement indestructible » après avoir assisté à une cérémonie commémorative dans une synagogue de Sydney en hommage aux victimes de l’attaque.
Cette fusillade de masse, la pire que l’Australie ait connue depuis près de 30 ans, fait l’objet d’une enquête pour acte terroriste à l’encontre des Juifs. Les autorités ont renforcé les patrouilles et la surveillance policière dans tout le pays afin de prévenir de nouvelles violences antisémites.
Albanese a déclaré que la cérémonie à laquelle il avait assisté vendredi soir à la Grande Synagogue de Sydney avait montré que « l’esprit de la communauté juive australienne était totalement indestructible ».
« Ce fut une soirée placée sous le signe de l’unité, de la résilience, du réconfort, de la foi et de l’amour », a-t-il déclaré dans une allocution télévisée depuis Canberra, à la veille d’une journée nationale de réflexion, dimanche, en hommage aux quinze personnes tuées et aux dizaines de blessés.
Depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à la suite du pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023, les Juifs ont vu leurs synagogues, leurs écoles et leurs maisons incendiées. Deux infirmiers ont menacé de tuer des patients juifs dans leur hôpital, et une caravane remplie d’explosifs destinés à un attentat meurtrier contre une synagogue de Sydney a été découverte.
La communauté juive australienne a critiqué les forces de sécurité pour leur incapacité, pendant plusieurs mois, à identifier les suspects de l’incendie de la synagogue Adass Israel, à Melbourne, le 6 décembre 2024, un événement que beaucoup considéraient comme un tournant dans la lutte contre l’antisémitisme.
Les Juifs australiens sont largement frustrés par ce qu’ils considèrent comme l’incapacité du gouvernement à mettre fin aux attaques et aux discours de haine.
Le 14 décembre, deux assaillants, Sajid Akram, 50 ans, un Indien entré sur visa en Australie en 1998 et son fils Naveed Akram, né dans le pays il y a 24 ans, y ont tué 15 personnes et blessé des dizaines d’autres en ouvrant le feu contre un rassemblement pour la fête juive de Hanoukka.
Selon les autorités, l’attentat dont sont suspectés le père, abattu sur place, et le fils, arrêté et inculpé, a été motivé par l’idéologie du groupe jihadiste État islamique.
Concernant l’enquête, des perquisitions ont eu lieu encore vendredi en Australie, la police étudiant les contacts et fréquentations des assaillants avant l’attentat.
« Aucune piste ne sera négligée, en Australie comme à l’étranger », a assuré samedi la commissaire de la police fédérale Krissy Barrett devant la presse.
Les enquêteurs s’intéressent en particulier au voyage aux Philippines des suspects, qui ont passé plusieurs semaines en novembre dans la région de Mindanao (sud), considérée comme abritant des foyers d’insurrection islamiste.
A cette occasion, le père, Sajid Akram, s’est rendu dans une armurerie, a affirmé samedi une porte-parole de la police philippine, Catherine Dela.
La police a précisé continuer à visionner les images de télésurveillance pour connaître les agissements des deux suspects lors de leur séjour. Elle a souligné que ceux-ci n’avaient guère quitté leur hôtel de la capitale régionale, Davao.
Les autorités australiennes sont de leur côté sous pression pour répondre au choc suscité par l’attaque, mais aussi aux critiques de membres de la communauté juive estimant que leur cri d’alarme face à la montée de l’antisémitisme depuis le 7-Octobre n’avait pas été entendu.
Après avoir annoncé qu’il comptait durcir la législation contre l’extrémisme, Anthony Albanese a annoncé vendredi un programme de rachat d’armes à feu en circulation.
Le port d’armes est déjà très strictement contrôlé en Australie depuis la fusillade qui avait fait 35 morts en 1996 à Port Arthur en Tasmanie.







