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Cisjordanie : Rompant le silence, Netanyahu dénonce une « violence criminelle » mais …

Le Premier ministre minimise le siège d'une maison à Qusra et ne mentionne pas l'absence d'arrestations pour ces actes de violence qui, selon lui, "nuisent à l'image d'Israël"

Des soldats de l’armée israélienne sécurisant un bâtiment en construction tandis que des ambulances évacuent des Palestiniens blessés à la suite d’une attaque perpétrée par des partisans du mouvement pro-implantations, dans le village de Qusra, en Cisjordanie, le 29 août 2026. (Crédit : Majdi Mohammed/AP)
Des soldats de l’armée israélienne sécurisant un bâtiment en construction tandis que des ambulances évacuent des Palestiniens blessés à la suite d’une attaque perpétrée par des partisans du mouvement pro-implantations, dans le village de Qusra, en Cisjordanie, le 29 août 2026. (Crédit : Majdi Mohammed/AP)

Samedi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a finalement rompu le silence sur la vague actuelle de violences perpétrées par des résidents d’implantation extrémistes contre des Palestiniens en Cisjordanie. Toutefois, il a minimisé ces attaques en les qualifiant d’actes commis par une « poignée d’émeutiers », soulignant qu’elles ne reflétaient pas l’opinion de l’ensemble des résidents d’implantation.

Il a fait ces déclarations après que des dizaines de résidents d’implantation ont attaqué le village de Qusra, en Cisjordanie, et se sont emparés d’une maison palestinienne alors que la famille s’y trouvait. L’armée a été appelée pour expulser les extrémistes juifs de la maison, mais aucune arrestation ne semblait avoir eu lieu samedi soir, et des Palestiniens ont rapporté avoir été la cible de tirs de gaz lacrymogènes par Tsahal.

Des violences ont également éclaté samedi ailleurs en Cisjordanie, notamment à Jalud où des résidents d’implantation ont été filmés en train d’attaquer des journalistes.

Dans sa déclaration, Netanyahu a estimé que les individus qui s’étaient emparés de la maison n’étaient qu’une « poignée d’émeutiers » qui « causent une immense injustice à la population des résidents d’implantation respectueux de la loi, entravent l’armée dans l’accomplissement de ses missions et nuisent à l’image d’Israël dans le monde ».

« Les forces de sécurité ont agi rapidement, ont saisi trois véhicules et mis fin à l’incident en peu de temps », a-t-il déclaré. Il n’a toutefois pas évoqué le fait que personne n’ait été arrêté et selon le quotidien Haaretz, les trois véhicules saisis par les forces de sécurité n’étaient pas ceux utilisés par les résidents d’implantation lors de l’attaque.

Des résidents d’implantation à l’intérieur d’un bâtiment palestinien en construction dans le village de Qusra, en Cisjordanie, le 29 août 2026. (Crédit : Majdi Mohammed/AP)

Le Premier ministre a déjà tenu des propos similaires par le passé concernant la nature des attaques commises par les résidents d’implantation contre les Palestiniens. En décembre, il affirmait que ces résidents d’implantation violents ne représentaient qu’environ 60 à 70 jeunes qui, selon lui, n’étaient même pas originaires de Cisjordanie. En juillet, il avait toutefois revu ce chiffre à la hausse, évoquant cette fois 150 « délinquants juvéniles » qui, selon lui, avaient été « amenés en Cisjordanie ».

Cependant, des militants présents sur le terrain ont déclaré que les auteurs de ces attaques étaient des Israéliens qui ont établi, au cours des trois dernières années, un nombre record d’avant-postes illégaux à travers la Cisjordanie. Le gouvernement Netanyahu a fourni un financement important et une protection à ces communautés sauvages, qui, selon les critiques, sont utilisées comme un outil pour déposséder les Palestiniens de leurs terres.

Qusra, situé au sud-est de Naplouse, a été la cible d’une récente vague d’attaques menées par des résidents d’implantations, notamment un siège de plusieurs semaines contre un certain nombre de maisons palestiniennes. Ces événements ont attiré l’attention internationale sur le village et entraîné un déploiement militaire prolongé dans la région, conduisant au déplacement forcé de plusieurs familles palestiniennes.

L’armée affirme que ses troupes sont restées présentes dans la région pour empêcher les résidents d’implantation de reconstruire des abris de fortune et de bloquer à nouveau l’accès aux habitations des villageois.

Des images de l’incursion des résidents d’implantation dans le village samedi montrent que des soldats de Tsahal se trouvaient dans la zone au moment des faits, mais qu’ils sont restés passifs et ont laissé les extrémistes déchaînés s’en prendre à une maison située à la périphérie du village.

La vidéo montre des résidents d’implantation jetant des pierres sur la maison, tandis que les soldats présents à proximité s’abstiennent d’intervenir ou de les appréhender.

Selon l’armée, des troupes et des agents de la police des frontières ont été dépêchés à Qusra après l’irruption de dizaines « d’émeutiers israéliens » dans le village et l’attaque d’habitants, notamment à coups de pierres.

« À l’arrivée des troupes, des dizaines d’émeutiers ont été identifiés alors qu’ils s’étaient barricadés dans une maison palestinienne, où se trouvaient des habitants palestiniens », a déclaré Tsahal dans un communiqué.

L’armée a précisé que les troupes « s’étaient d’abord employées à faire sortir les émeutiers de la maison et à séparer les deux groupes de personnes, afin de protéger les occupants de la maison », sans toutefois confirmer immédiatement si les résidents d’implantation avaient en réalité été évacués des lieux.

Mais Saddam Oday, l’une des personnes piégées dans la maison, a déclaré qu’après leur arrivée sur les lieux, les militaires avaient tiré des gaz lacrymogènes à l’intérieur de la maison et retenu les résidents, tout en le laissant partir.

Il a ajouté que Tsahal n’avait arrêté aucun des résidents d’implantation et leur avait permis de partir.

Le propriétaire de la maison, Luay Bayruti, a déclaré que lorsque les militaires sont arrivés, ils ont menotté, bandé les yeux et frappé les personnes présentes à l’intérieur avant de les libérer par la suite.

Des soldats de l’armée israélienne arrivant devant une maison palestinienne en construction dans le village de Qusra, au sud de la ville de Naplouse en Cisjordanie, le 29 août 2026. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Bayruti a expliqué qu’après avoir appelé les militaires à l’aide, lui et six autres personnes étaient restés pris au piège à l’intérieur de la maison pendant plus d’une heure, tandis que des résidents d’implantation leur lançaient des pierres.

Il a montré à un journaliste de Reuters son bras bandé, qui, selon lui, avait été blessé par une pierre lors de l’attaque.

Oday, un secouriste, a indiqué que quatre des personnes piégées avaient été blessées par les gaz lacrymogènes et que deux autres avaient été blessées par les pierres lancées par les résidents d’implantation.

L’attaque s’est produite à quelques centaines de mètres de trois maisons assiégées ce mois-ci par des résidents d’implantation.

Loui Ridi, un Palestino-Américain dont la maison faisait partie des trois assiégées, a déclaré que les résidents d’implantation « avaient repéré les résidents en train de travailler sur leur maison, qui est encore en construction, et qu’ils avaient commencé à lancer des pierres. »

L’un des Palestiniens visés par l’attaque a confirmé au journal Haaretz qu’il travaillait à l’extérieur de la maison lorsque l’attaque a commencé.

« D’abord, un quad avec trois colons est arrivé, puis, quinze minutes plus tard, des dizaines d’autres sont venus encercler la maison et leur jeter des pierres de toutes parts », a-t-il raconté.

Il a précisé qu’il avait fallu 40 minutes aux troupes israéliennes pour arriver sur place après avoir été alertées de l’attaque.

Des résidents d’implantation arrivant devant une maison palestinienne en construction dans le village de Qusra, au sud de la ville de Naplouse en Cisjordanie, le 29 août 2026. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Samedi soir, la police israélienne a déclaré que ses agents en Cisjordanie « poursuivaient leur enquête sur l’incident violent survenu plus tôt dans la région du village de Qusra ».

L’armée n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires concernant les raisons pour lesquelles elle aurait tiré des gaz lacrymogènes sur une maison et arrêté, puis roué de coups, ses habitants.

La police a indiqué que des agents de la police des frontières et des soldats avaient collaboré à Qusra « pour rétablir l’ordre et disperser les personnes impliquées ».

Des agents ont également été dépêchés sur place « pour faire avancer l’enquête, tout en menant des recherches aux côtés des soldats de Tsahal afin de localiser les personnes impliquées qui s’étaient dispersées ».

Le commissaire Moshe Pinchi, chef de la police en Cisjordanie, a tenu une réunion d’évaluation avec d’autres responsables de la sécurité près de la zone où l’incident s’est produit, a indiqué la police, ajoutant que l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet participait à l’enquête.

Les troupes israéliennes se sont « attachées à localiser les personnes impliquées, à poursuivre la collecte d’indices sur le terrain et à saisir les véhicules retrouvés sur place, afin de traduire les personnes impliquées en justice », indique le communiqué.

Le communiqué précise que les agents ont d’abord dispersé les « émeutiers israéliens », puis les ont poursuivis afin d’effectuer des arrestations. Il n’explique toutefois pas pourquoi aucune arrestation n’a été effectuée sur place. Aucune arrestation ultérieure de résidents d’implantation n’a été signalée.

Des journalistes agressés à Jalud

Ailleurs en Cisjordanie samedi, des résidents d’implantation masqués ont été filmés en train d’agresser une Palestinienne et un groupe de journalistes de NBC News.

L’équipe de NBC se trouvait dans le village palestinien de Jalud pour interviewer une femme qui avait récemment été expulsée de son domicile par des résidents d’implantation.

Alors qu’elle marchait avec le groupe de journalistes en direction de la colline où se trouve sa maison, ils ont été pris en embuscade par des résidents d’implantation, qui leur ont lancé des pierres et les ont frappés à coups de bâtons.

La femme, Ida Ahmed Abdullah, a été évacuée des lieux par le Croissant-Rouge palestinien pour recevoir des soins.

Aucune arrestation n’a été effectuée.

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