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Cisjordanie : Un soldat tué après avoir sécurisé une manifestation

Une faction palestinienne a revendiqué la responsabilité de l'attaque commise contre le militaire qui sécurisait un défilé de résidents d'implantations près de Shavei Shomron

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats israéliens sur les lieux d'une fusillade près de Shavei Shomron, en Cisjordanie, le 11 octobre 2022. (Capture d'écran : Twitter)
Des soldats israéliens sur les lieux d'une fusillade près de Shavei Shomron, en Cisjordanie, le 11 octobre 2022. (Capture d'écran : Twitter)

Un soldat israélien a succombé à ses blessures après avoir été touché par balles à proximité de l’implantation de Shavei Shomron, dans le nord de la Cisjordanie, mardi, ont fait savoir les médecins. Il est décédé au centre médical Meir à Kfar Saba, dans le centre d’Israël, où il avait été évacué dans un état grave, a indiqué l’armée.

L’armée israélienne a confirmé que des coups de feu avaient été signalés, sans donner davantage de détails.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a promis que les forces de sécurité captureraient l’auteur de l’attaque.

« Je voudrais adresser mes condoléances à la famille », a déclaré Gantz sur Twitter.

« La poursuite se poursuit actuellement », a-t-il annoncé, promettant de capturer les hommes armés « et ceux qui l’ont aidé ».

Gantz a ajouté que les opérations militaires en Cisjordanie « se poursuivront et s’intensifieront afin d’assurer la sécurité des citoyens d’Israël ».

Selon les services de secours des Sauveteurs sans frontières, un homme armé ou peut-être même plusieurs auraient ouvert le feu depuis un véhicule en circulation avant de prendre la fuite. Des images tournées par les caméras de sécurité montreraient la voiture fuir la zone de l’attaque.

Cette dernière a eu lieu alors que des résidents d’implantations défilaient aux abords de Sebastia, la ville palestinienne voisine, suite à une série récente de fusillades en Cisjordanie. Le militaire faisait partie de l’unité chargée de sécuriser le défilé.

Le Conseil régional de Samarie a précisé que la marche devait continuer comme prévu après l’incident qui, selon lui, se serait produit à plusieurs kilomètres.

Une faction armée palestinienne, « l’Antre du lion », a revendiqué l’attentat dans un communiqué.

Le groupe – basé dans la Vieille Ville de Naplouse – a été récemment créé par des membres de groupes terroristes variés. Certains auraient été affiliés, dans le passé, à la brigade des martyrs d’Al-Aqsa et au Jihad islamique palestinien.

Il a revendiqué un grand nombre d’attaques commises dans le nord de la Cisjordanie, ces dernières semaines, notamment une qui avait eu lieu lors d’une autre manifestation de membres du mouvement pro-implantations à proximité de Naplouse.

Il y a eu une recrudescence des violences en Cisjordanie depuis quelques mois, et principalement au nord du territoire. Des Palestiniens armés ont pris pour cible des postes militaires, des soldats qui étaient déployés le long de la barrière de sécurité de Cisjordanie, des implantations israéliennes et des civils sur les routes.

Ainsi, lors d’une précédente attaque qui a eu lieu aux abords de Jérusalem dans la soirée de samedi, une soldate, la sergente Noa Lazar, âgée de seulement 18 ans, a été tuée. L’auteur des coups de feu, qui aurait fui dans le camp de réfugiés de Shuafat, était encore introuvable mardi.

Un gardien de la sécurité, un civil, avait lui aussi été blessé dans l’attaque. Il se trouve encore dans un état grave et instable, a annoncé l’hôpital dans un communiqué émis mardi matin.

David Morel, 30 ans, qui avait immigré du Brésil, a été placé dans un coma artificiel au sein de l’unité de soins intensifs à l’hôpital Hadassah Ein Kerem.

Après avoir quitté le Brésil en 2017, Morel avait rejoint l’armée en tant que « soldat seul » avant de devenir gardien de sécurité après son retour à la vie civile, a fait savoir sa famille.

Les forces de sécurité israéliennes sur les lieux d’une fusillade à un check-point situé à l’extérieur du camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, le 8 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Mardi, les forces de sécurité israéliennes étaient encore à la recherche du terroriste présumé, Udai Tamimi, dans le secteur de Shuafat.

En résultat, la police a largement restreint l’accès au quartier, et des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des policiers entrant dans l’habitation de l’attaquant présumé, apparemment pour cartographier les lieux.

Israël a pour politique de démolir les habitations appartenant aux terroristes à des fins de dissuasion.

Le pays a mené des raids d’arrestation nocturnes dans toute la Cisjordanie dans le sillage d’une série d’attentats terroristes qui ont fait 19 morts du côté israélien.

Lors d’une opération de ce type qui a eu lieu dans la région aux premières heures de la journée de lundi, dix Palestiniens qui étaient recherchés ont été appréhendés et plusieurs armes à feu ont été saisies, a fait savoir l’armée.

Ash Obel a contribué à cet article.

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