Rechercher

Cisjordanie : une tente de la police des frontières incendiée près de Yitzhar

Il n'y a pas de blessés à déplorer dans cette attaque contre un check-point considérée comme une "escalade" des violences des membres pro-implantations ; un suspect a été arrêté

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Un incendie allumé dans une tente de la police des frontières dans l'avant-poste de Kumi Ori, près de Yitzhar, le 24 octobre 2019 (Autorisation)
Un incendie allumé dans une tente de la police des frontières dans l'avant-poste de Kumi Ori, près de Yitzhar, le 24 octobre 2019 (Autorisation)

Un suspect a incendié une tente appartenant aux forces de sécurité déployées sur un check-point sensible situé à proximité de l’implantation de Yitzhar avant de prendre la fuite, a fait savoir jeudi soir la police des frontières.

Il n’y a pas de blessés à déplorer. Personne ne se trouvait sous la structure au moment du sinistre.

Cette petite tente était utilisée pour abriter, pendant la journée, les agents chargés de faire appliquer une ordonnance de zone militaire fermée émise par l’armée à l’avant-poste de Kumi Ori, selon un communiqué.

Les résidents de cette petite communauté ont été impliqués dans plusieurs altercations violentes avec les soldats et les Palestiniens, ces derniers jours.

Un porte-parole de la police des frontières a laissé entendre que le suspect pourrait être un adolescent israélien habitant le secteur.

Les agents de la police des frontières gardent un avant-poste situé à proximité de l’implantation de Yitzhar, le 24 octobre 2019 (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

« Les forces de sécurité considèrent ce qui s’est passé comme une escalade des violences dirigées contre les soldats et elles feront tout ce qui est possible pour retrouver le suspect », a noté la police des frontières. « Les officiers continueront à opérer dans la zone et à faire appliquer l’ordonnance de zone militaire fermée ».

Dans la soirée de jeudi, Haaretz a fait savoir que le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu avait ignoré les recommandations émises à cinq occasions par les forces israéliennes, l’année passée, de démolir une caravane appartenant à certains des habitants d’implantation les plus jeunes à Kumi Ori, un avant-poste situé à trois kilomètres au sud-ouest de Yitzhar.

Un porte-parole du bureau du Premier ministre a refusé de commenter cette information.

Jeudi matin, les forces de sécurité ont démoli deux structures artisanales dans un avant-poste adjacent à Kumi Ori.

Des résidents de Yitzhar masqués et des soldats surveillent les champs palestiniens incendiés dans le village d’Asira al-Qiblyia le 2 juin 2010. (Wagdi Ashtiyeh/Flash90)

Le secrétariat de Yitzhar a fustigé l’opération de jeudi, évoquant une « initiative violente nuisant aux efforts livrés en faveur du retour au calme ». Un responsable de la Défense a déclaré au diffuseur Kan, en réponse, que les responsables de Yitzhar « attisent les flammes ».

Ces événements survenus jeudi marquent une nouvelle recrudescence des violences qui ont placé Yitzhar et les avant-postes environnants au centre d’une tempête médiatique, la semaine dernière.

Selon les résidents, les tensions avec les forces de sécurité ont commencé à s’accroître au début du mois, lorsque le chef du Commandement central a signé une ordonnance administrative interdisant à un résident de Kumi Ori de se trouver en Cisjordanie. Un responsable de la Défense avait alors fait savoir que le jeune homme de 21 ans avait participé à des violences commises à l’encontre des soldats et des Palestiniens, ce que le jeune nie.

Une vue de l’avant-poste de Kumi Ori, à proximité de l’implantation de Yitzhar, en Cisjordanie, le 24 octobre 2019 (Crédit : Sraya Diamant/Flash90)

Après que le secrétariat de Yitzhar a, en conséquence, rompu les liens avec les hauts-responsables de l’armée israélienne, les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation de deux résidents de Kumi Ori — l’un d’entre eux aurait mis le feu à un champ palestinien et l’autre aurait menacé un commandant de brigade. L’un des suspects a clamé avoir été agressé par l’officier venu l’appréhender.

Dimanche et lundi, les forces de sécurité ont fait savoir qu’elles avaient été agressées lors de patrouilles dans la zone. Un agent aurait été légèrement blessé au cours d’un incident survenu dimanche, qui aurait impliqué trente jeunes activistes d’extrême-droite connus sous le nom de « jeunes des collines ». Ils auraient jeté des pierres aux soldats et crevé les pneus de leur jeep.

La police des frontières a, depuis, renforcé sa présence aux abords de Yitzhar, avec au moins un bataillon déployé à proximité de Kumi Ori.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...