Clinton aurait tenté de contrer le boycott d’un film israélien
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Clinton aurait tenté de contrer le boycott d’un film israélien

Secrétaire d'Etat à l'époque, Clinton est intervenue après que des manifestants ont fait pression sur le Festival du film d'Edinbourg

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, lors d'un événement du parti en Virginie, le 26 juin 2015 (Crédit : Paul J. Richards / AFP)
La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, lors d'un événement du parti en Virginie, le 26 juin 2015 (Crédit : Paul J. Richards / AFP)

En tant que secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton a cherché à contrer une campagne de boycott en 2009 qui a bloqué la projection d’un film israélien au Festival du Film d’Edimbourg, tel que l’a révélé des e-mails récemment mis à disposition du public par l’ancienne secrétaire d’État et candidate à la présidentielle pour le Parti démocrate.

Le boycott a démarré après que le gouvernement israélien a fait un don de 300 livres aux organisateurs, une somme destinée à couvrir les coûts pour faire venir la cinéaste israélienne Tali Shalom Ezer au festival pour présenter son film « Surrogate ».

Clinton avait apparemment ordonné à son personnel de trouver des moyens, par le biais des gouvernements britannique et écossais, de vaincre le boycott.

Les détails de son intervention ont été révélés lorsque des milliers de ses courriels ont été rendus publics cette année. La décision du tribunal de rendre public les emails a été prise après qu’il a été révélé qu’elle avait utilisé un compte privé pour envoyer des messages liés à l’État.

Les militants de boycott pro-palestiniens, y compris le célèbre cinéaste Ken Loach, a appelé les festivaliers à boycotter l’événement pour protester contre l’argent versé par le gouvernement israélien. En fin de compte, les organisateurs du festival ont rendu l’argent et n’ont pas projeté le film.

Selon un article publié par The Scotsman, le boycott a été amené à l’attention de Clinton par l’ancien colocataire à l’université de son mari Brian Greenspun, qui avait reçu un article de journal à ce sujet de son beau-frère, l’avocat d’Hollywood Bruce Ramer.

« J’espère que vous pourrez enrôler le soutien de Hillary (et lui donner s’il vous plaît mes salutations) », a écrit Ramer dans son courriel à Greenspun.

« Nous avons besoin, pour de nombreuses raisons, d’avoir la protestation américaine, de condamner ce boycott scandaleux et s’opposer à l’antisémitisme qui lui est inhérente. Les organisateurs du festival doivent être convaincus de revenir [sur leur décision] ».

Greenspan a transmis le message à Clinton le 24 mai 2009, et lui a demandé son aide.

« Salut Hillary, S’il vous plaît appelez-moi à ce sujet si vous avez un moment. Le message est assez explicite, apparemment, il n’y a pas de voix américaine [sic] sur place pour parler ou conduire cette question donc – il n’y a pas de voix ».

En transférant le courriel à son chef de cabinet adjoint, Jake Sullivan, au conseiller Andrew Shapiro J, et à son porte-parole Philippe Reines, Clinton a inclus un message demandant des idées sur ce qu’il fallait faire.

« Svp lisez le message de Brian et tout le trafic d’email ci-dessous. Que pouvons-nous faire à ce sujet ? Dites-le moi si vous avez des idées. THX ».

Sullivan a répondu en disant : « Nous allons en conférer ce matin et trouver un plan ».

Dans une réponse du 25 mai 2009, Hillary a répondu à Greenspan.

« Merci de m’avoir prévenu », écrit-elle.

« Nous travaillons pour décider de la façon la plus efficace d’agir, et je vous tiendrai au courant. Nous avons quelques bonnes idées quant à ce que notre gvt peut faire, mais nous voulons aussi voir la pression des populations locales portée sur les govts britanniques et écossais [sic] ».

« Pouvez-vous et Bruce tendre la main vers la communauté à Londres et à Edimbourg pour les inciter à soulever cette question avec le PM [Gordon] Brown et d’autres responsables gouv ? Nous aimerions voir la pression de bas en haut. Dites-moi ce que vous pensez ».

On ne sait pas si Clinton a engagé une action pratique au final, ou si elle a jamais contacté les responsables au sein du gouvernement britanniques ou écossais.

Selon l’article, le Festival International du Film d’Edimbourg a refusé de commenter si oui ou non ils ont subi la pression des responsables américains.

Le gouvernement écossais a répondu dans un communiqué, en disant : « Le Festival International du Film d’Edimbourg est soutenu par Creative Scotland et le gouvernement écossais à travers Edimbourg Festivals Funds Expo. Nous respectons l’indépendance des festivals et toutes les décisions sur le financement et les autres revenus sont pour le festival international du film d’Edimbourg. Leurs raisons pour avoir rendu cet argent ont été bien documentés à l’époque ».

Mardi, Clinton a cédé, après des mois de demandes, le serveur de sa messagerie personnelle qu’elle a utilisé lorsqu’elle était secrétaire d’Etat, et a demandé à ce que l’appareil soit donné au ministère de la Justice.

La décision a fait avancer l’enquête sur l’utilisation de la candidate démocrate à la présidentiel d’un compte de messagerie privé en tant que haute diplomate de la nation, et si les informations classifiées avaient été mal envoyées par le biais de cette messagerie et stockées sur le serveur de la messagerie de sa maison dans la banlieue de la ville de New York.

Les enquêteurs fédéraux ont commencé à étudier la configuration de la sécurité de la messagerie de Clinton.

L’inspecteur général pour la communauté des renseignements craint que les informations classifiées auraient peut-être pu passées à travers le système. Rien ne prouve qu’elle a utilisé le chiffrement pour protéger ses e-mails ou son serveur personnel des services de renseignement étrangers ou d’autres yeux potentiellement indiscrets.

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