Coronavirus : la Chine s’excuse après une comparaison avec la Shoah
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Coronavirus : la Chine s’excuse après une comparaison avec la Shoah

L'ambassade a regretté que l'envoyé a déclaré que la Chine ayant accueilli des Juifs pendant la Shoah, Israël ne devrait pas fermer ses portes à ses ressortissants

Une conférence de presse à l'ambassade de Chine à Tel-Aviv avec le diplomate Dai Yuming sur le coronavirus, qui est originaire de Chine et s'est répandu dans le monde entier, le 2 février 2020. (Crédit : Flash90)
Une conférence de presse à l'ambassade de Chine à Tel-Aviv avec le diplomate Dai Yuming sur le coronavirus, qui est originaire de Chine et s'est répandu dans le monde entier, le 2 février 2020. (Crédit : Flash90)

L’ambassadeur chinois en Israël par intérim a provoqué de vive réactions dimanche quand il a déclaré que la Chine avait accueilli des Juifs pendant la Shoah et qu’il espérait qu’Israël ne fermerait pas ses portes à ses ressortissants, face à l’épidémie de virus mortel.

Israël, comme de nombreux autres pays, a interdit la semaine dernière, les arrivées en provenance de la Chine. Cette mesure de précaution a été instaurée après que le bilan du coronavirus, qui a pris naissance à Wuhan, a atteint les 300 morts. Plus de 14 000 personnes ont été contaminées et le premier décès hors de la Chine a été annoncé aux Philippines.

Durant une conférence de presse à Tel Aviv, l’ambassadeur par intérim Dai Yuming s’est exprimé au sujet des restrictions israéliennes : « j’en suis désolé et attristé. Parce que cela me rappelle l’ancien temps, l’histoire ancienne, qui s’est produite pendant la Deuxième guerre mondiale, la Shoah. »

« De nombreux Juifs ont été refoulés quand ils cherchaient de l’aide. Rares étaient les pays qui leur ont ouvert les portes, et la Chine en faisait partie. J’espère qu’Israël ne fermera jamais sa porte aux Chinois », a-t-il dit.

Faisant référence aux efforts de sauvetage des Juifs, l’ambassadeur a ajouté que « durant les jours les plus sombres du peuple juif, nous ne leur avons pas fermé nos portes. J’espère qu’Israël ne fermera pas sa porte aux Chinois. »

Il faisait apparemment référence aux quelque 30 000 Juifs européens qui, entre 1933 et 1941, ont fui la persécution nazie en se rendant à Shanghai, selon des chiffres de l’ONU, qui s’appuient sur des informations du Centre Simon Wiesenthal.

Dai a déclaré que la Chine gérait la situation. Il a assuré que la crainte de contamination était plus importante que la menace elle même, et a appelé les pays à s’allier pour stopper l’épidémie, tout en évoquant des réactions excessives.

L’ambassade de Chine en Israël a ultérieurement clarifié que l’envoyé n’avais jamais eu l’intention de comparer les restrictions de voyages imposées par Israël aux voyageurs chinois, à cause du coronavirus, à la Shoah.

« En ce qui concerne la conférence de presse tenue aujourd’hui à l’ambassade chinoise en Israël, je voudrais préciser qu’il n’y a pas eu d’intention de comparer les jours sombres de la Shoah à la situation actuelle et aux efforts entrepris par le gouvernement israélien pour protéger ses citoyens », a indiqué l’ambassade chinoise dans un communiqué, retransmis par le ministère israélien des Affaires étrangères.

« Nous nous excusons si notre message a pu être mal interprété », poursuit le communiqué.

Des personnes portant des masques dans le hall d’arrivée de l’aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 2 février 2020. (Crédit : Avshalom Shoshani/Flash90)

Dimanche, Israël a durci ses mesures pour empêcher l’arrivée du nouveau coronavirus chinois dans le pays, le ministère de la Santé appelant tous ceux qui sont récemment revenus de Chine à rester chez eux pendant 14 jours à leur arrivée dans le pays.

La semaine dernière, le ministère de l’Intérieur a interdit l’entrée à toute personne se trouvant en Chine au cours des dernières semaines et qui n’est pas un citoyen israélien.

En raison de ces restrictions, quelque 1 500 touristes chinois déjà présents dans le pays sont désormais bloqués en Israël, confinés dans leur chambre d’hôtel pour la majorité, a rapporté dimanche la Douzième chaîne.

Certains de ces touristes espèrent rentrer chez eux dans les jours à venir en prenant des vols de correspondance d’Israël vers d’autres pays qui se rendent encore en Chine.

Yaakov Litzman, ministre de la Santé, a insisté dimanche sur le fait
que « nous prenons cette crise très au sérieux ».

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré vendredi qu’au vu de l’annonce de l’OMS, il est recommandé aux Israéliens de ne pas se rendre en Chine tant que la crise n’est pas levée et que ceux qui se trouvent en Chine envisagent de quitter le pays.

Depuis son apparition dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, à la fin de l’année dernière, le coronavirus s’est propagé dans 25 pays.

La Chine a bouclé Wuhan et les villes environnantes pour tenter de contenir le virus, mais celui-ci a continué à se propager, ce qui a incité d’autres villes à imposer des mesures draconiennes similaires.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré l’épidémie comme une urgence mondiale et a averti que les gouvernements doivent se préparer à « contrôler les épidémies nationales » si la maladie se répand dans leur pays.

Les nations ont pris des mesures extraordinaires pour construire des forteresses virtuelles contre la maladie. Outre Israël, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont également interdit aux ressortissants étrangers de venir en visite s’ils s’étaient rendus en Chine récemment, et ont mis en garde leurs propres citoyens contre tout voyage dans ce pays.

La Mongolie, la Russie et le Népal ont fermé leurs frontières terrestres, tandis que la Papouasie-Nouvelle-Guinée est allée jusqu’à interdire à quiconque arrivant des ports ou des aéroports situés en Asie.

Les mesures de confinement ont peut-être ralenti la propagation du virus, mais ne l’ont pas arrêtée. La Grande-Bretagne, la Russie et la Suède ont confirmé ce week-end leurs premières contaminations.

L’AFP a contribué à cet article.

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