COVID-19/Edelstein: « Les Juifs orthodoxes plus exposés à la colère de Dieu »
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COVID-19/Edelstein: « Les Juifs orthodoxes plus exposés à la colère de Dieu »

Les Juifs ultra-orthodoxes sont plus sévèrement punis pour leurs péchés que les Juifs laïcs, affirme le dirigeant de la yeshiva de Ponevezh à Bnei Brak

Le rabbin Gershon Edelstein, chef de la yeshiva Ponevezh, chez lui après avoir allumé les bougies de Hanoukka, le 5 décembre 2018. (Aharon Krohn/Flash90)
Le rabbin Gershon Edelstein, chef de la yeshiva Ponevezh, chez lui après avoir allumé les bougies de Hanoukka, le 5 décembre 2018. (Aharon Krohn/Flash90)

Un rabbin ultra-orthodoxe de premier plan a affirmé que sa communauté portait davantage le poids de la pandémie de coronavirus car les Juifs laïcs ne sont pas aussi enclins à la rétribution divine que les religieux, dont les péchés sont jugés plus sévèrement par Dieu.

Le rabbin Gershon Edelstein est une figure éminente de la branche lituanienne de l’ultra-orthodoxie non hassidique. Il dirige la yeshiva de Ponevezh à Bnei Brak et préside le Conseil des Sages de la Torah de la faction politique Degel Hatorah.

Les communautés ultra-orthodoxes d’Israël ont été confrontées à un nombre important d’infections et de décès dus à la pandémie de coronavirus – un phénomène qui pourrait être dû au refus initial des rabbins, dont Edelstein, d’approuver les mesures de distanciation sociale et la fermeture des synagogues et autres lieux religieux.

Selon Edelstein, cependant, le fléau aurait pour origine le fait que Dieu punit davantage les croyants les plus fervents, qui sont tenus à une norme plus élevée que les autres.

Dans une allocution vidéo diffusée en direct de son domicile de Bnei Brak sur le site d’information ultra-orthodoxe Kikar Hashabbat (en hébreu), Edelstein a déclaré que les Juifs non pratiquants entraient dans la catégorie des tinok shenishba, un terme juridique juif désignant une personne élevée sans éducation religieuse.

« Ils ne sont pas coupables », a-t-il affirmé. « Leur péché est un péché par inadvertance », mais cela ne s’applique pas aux ultra-orthodoxes, de sorte que l’attribut divin « du jugement affecte davantage les ultra-orthodoxes ».

La majorité des villes figurant dans la liste des municipalités comptant le plus de cas de contamination par habitant sont majoritairement ultra-orthodoxes. Selon les dernières données du ministère de la Santé, 3 592 cas confirmés ont été dénombrés à Jérusalem, la plupart de citoyens des quartiers ultra-orthodoxes de la ville. 2 871 cas ont été confirmés à Bnei Brak, 497 à Beit Shemesh et 409 à Modiin Illit.

La ville de Bnei Brak, où vit le rabbin Edelstein, a été placée en quarantaine par le gouvernement en raison de la gravité de l’épidémie, tout comme les quartiers ultra-orthodoxes des villes de Beit Shemesh et Netivot.

Des hommes ultra-orthodoxes portent des visières de protection comme mesure prise contre le coronavirus, lors d’une étude en plein air à Jérusalem, le 4 mai 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Avec le rabbin Chaim Kanievsky, largement considéré comme le leader rabbinique le plus influent de l’orthodoxie non-hassidique, Edelstein s’est, en mars dernier, d’abord opposé aux efforts du gouvernement pour fermer les yeshivot et les écoles ultra-orthodoxes alors que la pandémie commençait à se propager à travers Israël.

Le rav Kanievsky a affirmé que les yeshivot pouvaient rester ouvertes parce que l’étude de la Torah offre une protection divine à la communauté Haredi.

Alors que les établissements d’enseignement et les synagogues ont ensuite été fermés et que les dirigeants ultra-orthodoxes ont fait volte-face, appelant leurs fidèles à respecter les réglementations gouvernementales, de nombreux Haredim ont continué à organiser des quorums de prière clandestins et des mariages publics, et ce, en violation des directives de distanciation sociale.

Les communautés juives à l’étranger ont également été touchées de manière disproportionnée, avec des taux de contamination élevés dans les quartiers hassidiques de New York, à savoir Borough Park, Williamsburg et Crown Heights.

Divers rabbins ont tenté d’aborder la pandémie en termes théologiques, en proposant des idées de protection ou en rejetant la responsabilité de sa propagation.

Des officiers de police évacuent des hommes ultra-orthodoxe de la Yeshiva Ponevezh à Bnei Brak, dans le cadre d’un effort pour faire appliquer le confinement afin de limiter la propagation du virus, le 2 avril 2020. (Flash90)

Le mois dernier, l’organisation caritative Kupat Hair, basée à Bnei Brak, a lancé une campagne dans laquelle, en échange d’un don de 3 000 shekels (790 euros), un donateur recevrait l’assurance au nom du rav Kanievsky « qu’il ne tombera pas malade et que personne ne sera malade chez lui ».

Les affiches de rue connues en yiddish sous le nom de pashkevilim sont un moyen de communication courant dans la communauté Haredi et plusieurs de ces affiches ont pointé du doigt le laxisme dans l’étude de la Torah et une modestie féminine insuffisante comme causes de la pandémie.

Début mars, le rav Meir Mazuz, un rabbin séfarade influent, a déclaré que la propagation du coronavirus mortel en Israël et dans le monde entier était une punition divine pour les défilés de la Gay Pride.

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