Dans un affront à l’éthique sioniste, un ancien sportif israélien cherche « l’or » à l’étranger
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Dans un affront à l’éthique sioniste, un ancien sportif israélien cherche « l’or » à l’étranger

Michael Kolganov et sa famille devraient partir pour l’Allemagne, comme de nombreux Israéliens à la recherche d’un coût de la vie plus abordable

Michael Kolganov 19 août 2008. (Crédit : JTA / AP Photo / Kevork Djansezian)
Michael Kolganov 19 août 2008. (Crédit : JTA / AP Photo / Kevork Djansezian)

JTA — Quinze ans après être monté sur le podium à Sydney pour devenir le quatrième athlète israélien olympique médaillé, Michael Kolganov a annoncé la semaine dernière qu’il quittait la Terre promise pour l’Allemagne.

« Mon cœur est en Israël, mais mon avenir est en Allemagne, a déclaré Kolganov au quotidien israélien Israël Hayom. Mon armoire à la maison est remplie de médailles et de trophées, mais cela ne paiera pas les courses ».

La question des jeunes Israéliens déménageant vers l’Allemagne à la recherche d’une vie plus abordable est devenue une question sensible ces dernières années alors que certains questionnent le patriotisme de ces personnes.

Kolganov, âgé de 40 ans, qui a remporté le bronze sur 1 500 mètres en kayak aux Jeux Olympiques de 2000, a déclaré au site Ynet qu’il allait déménager en Allemagne pour y occuper un poste d’entraîneur.

Nous n’avons pas pu joindre Kolganov sur son numéro de téléphone israélien cette semaine.

Le kayakiste olympique n’est pas le seul athlète de classe mondiale à quitter Israël pour des « paturages plus verts » cette année.

En juin, Konstantin Matusevich, le détenteur du record israélien de saut en hauteur, à 2,36 mètes, a annoncé qu’il déménageait à Toronto avec sa famille, selon Ynet. Matusevich était à égalité avec six autres athlètes avec le deuxième meilleur saut aux Jeux Olympiques de Sydney, mais il n’a pas fini dans le top trois à cause d’un saut disqualifié.

Kolganov et Matusevich se sont plaints dans la presse en hébreu qu’il était difficile pour un ancien athlète olympique en Israël de vivre et de subvenir aux besoins de sa famille après avoir arrêté la compétition.

Dans un entretien avec Ynet, Kolganov a déclaré qu’il recevait des allocations chômage depuis avril alors qu’il cherche un nouvel emploi.

En réponse aux commentaires de Kolganov, le Comité olympique d’Israël a déclaré être triste d’apprendre que le kayakiste quittait Israël, mais il a noté qu’il lui avait trouvé un emploi mieux rémunéré avant qu’il n’annonce sa décision de partir.

Le comité a déclaré que, pour l’emploi, Kolganov et sa famille auraient dû quitter leur maison à Tibériade pour le centre d’Israël, ce sur quoi Kolganov semblait être d’accord. Quelques jours plus tard, selon le comité, Kolganov a informé qu’il avait trouvé un autre travail et qu’il refusait l’offre.

Comme de nombreux ahtlètes de haut niveau d’Israël d’athlétisme, de la natation et de la gymnastique au cours des deux dernières décennies, Kolganov et Matusevich étaient nés en ancienne Union Soviétique. Kolganov est né à Tashkent, aujourd’hui la capitale de l’Ouzbékistan, et a déménagé en Israël en 1996. Matusevich est né à Kiev et a fait son alyah en 1995.

Matusevich, dans un entretien paru plus tôt cette année, a suggéré que sa famille a été la victime d’une crise du coût de la vie et du logement qui a lieu en Israël.

Il a déclaré a Ynet que lui et sa femme vivaient dans une appartement en location et que ni eux ni leurs deux enfants ne pourraient se permettre d’avoir leur propre maison en Israël. « Ma femme Ella et moi avons toujours eu du travail en tant qu’entraîneur personnel, a-t-il dit. Le problème, c’est le coût de la vie ».

A cette date l’année dernière, de nombreux Israéliens étaient en colère contre des jeunes gens qui déménageaient en Allemagne parce que les prix du chocolat et d’autres produits de base y étaient moins chers. Le ministre de l’Agriculture de l’époque, Yair Shamir, a répondu sur le sujet en déclarant, « J’ai pitié des Israéliens qui ne se souviennent plus de l’Holocauste et abandonnent Israël pour du chocolat ».

Dans un post Facebook relatant les horreurs de l’Holocauste, le ministre des Finances de l’époque, Yair Lapid, avait écrit : « Alors, pardonnez-moi si je suis un peu agacé à propos des gens qui sont prêts de jeter le seul Etat des Juifs à la poubelle parce qu’il est plus facile de vivre à Berlin ».

Le scandale du dessert au chocolat était une réplique des manifestations de l’été 2011 pour la justice sociale en Israël.

À leur apogée, plus de 400 000 des 8 millions de citoyens israéliens sont descendus dans les rues pour protester contre le coût élevé de la vie comme en témoignent les prix des choses aussi importantes que le logement ou les choses tout aussi fondamentales que le cottage (fromage).

Le coût de la vie en Israël est resté élevé, en hausse de 34 % entre 2008 et 2013, selon un rapport du Centre de recherche et d’information de la Knesset publié à la fin de l’année dernière.

L’étude a révélé que, en 2005, le coût de la vie en Israël était de 18 % en dessous de la moyenne de l’Organisation de coopération économique et de développement (OCDE), tandis qu’en 2013 il était à 10 % supérieur à la moyenne de l’OCDE. Mais en attendant, le salaire brut moyen israélien a augmenté de seulement 24 % en termes nominaux, et s’élève à environ 9 200 shekels par mois.

La ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, a réagi relativement légèrement à la nouvelle du départ de Kolganov. « Le médaillé olympique Kalganov a un passé merveilleux, et j’espère qu’il sera de retour en Israël ».

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