Décès à 102 ans de Tova Ringer, ancienne « Miss Survivante de la Shoah »
Habitante de Haïfa, née en Pologne et survivante d'Auschwitz, elle est connue pour son dévouement à enseigner la Shoah et ses rencontres avec des groupes d'Israël et de l'étranger

Tova Ringer, ancienne « Miss Survivante de la Shoah », s’est éteinte mercredi à l’âge de 102 ans.
Ringer avait survécu au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau. Elle restera dans les mémoires pour avoir ensuite consacré sa vie à enseigner l’histoire de la Shoah.
« Maman parlait beaucoup de la Shoah », a rapporté son fils Ofer au site d’information Ynet. Ringer avait notamment témoigné devant le Mémorial national de la Shoah Yad Vashem.
« La Shoah faisait partie de sa vie », a-t-il ajouté.
Née en Pologne, Ringer était la cadette d’une fratrie de sept enfants. Ses parents, l’une de ses sœurs et l’un de ses grands-parents ont été assassinés par les nazis.
À propos des enfants survivants, « la plupart sont venus en Israël, et l’une des sœurs a émigré aux États-Unis », a raconté Ofer. « Ils sont tous décédés. Ma mère était la dernière de la fratrie. »
Et Ofer de souligner que malgré toutes les turbulences de sa vie, sa mère était une personne « très dynamique ».
Il y a encore un an, elle vivait sans assistance, et passait deux ou trois heures chaque matin à la salle de sport.
« Elle avait aussi la force d’être seule », a-t-il indiqué. « C’était une véritable survivante. »
En 2018, Ringer avait été choisie parmi 12 candidates pour être couronnée « Miss Survivante de la Shoah » lors de l’édition 2018 de cette compétition israélienne annuelle.
Ce concours annuel est organisé par l’organisation Yad Ezer L’Haver, ou Helping Hand (« main tendue »), qui vient en aide aux survivants de la Shoah dans le besoin en Israël. Ringer a également participé à un documentaire sur l’événement.
Depuis 15 ans, Ringer apportait une présence constante au club social de l’organisation, participait à diverses activités et se portait volontaire pour rencontrer des groupes éducatifs d’Israël et de l’étranger, a rapporté Yad Ezer L’Haver dans un communiqué annonçant son décès.
« Elle était une véritable machine de promotion d’Israël. Elle racontait à la première personne tout ce qu’elle avait vécu, s’adressant aux soldats, aux policiers, aux étudiants, aux touristes ou encore aux groupes de femmes », a poursuivi l’organisation.
Ringer, qui parlait huit langues, avait ce talent consistant à « rendre son histoire accessible à chacun, de manière personnelle et précise ».
« Tova Ringer était une voix de la vérité, avec un cœur d’or », a confié l’organisation. « Elle ne se contentait pas de raconter l’histoire. Elle la vivait, animée par le sentiment profond d’être investie d’une mission, pour que la mémoire de la Shoah ne soit jamais oubliée. »
Ringer, qui vivait à Haïfa, laisse derrière elle deux fils, cinq petits-enfants et 15 arrière-petits-enfants.
Selon l’Autorité israélienne pour les droits des survivants de la Shoah, Israël compte environ 123 700 survivants de la Shoah, d’un âge moyen de 87 ans.







