Déri absent lors du vote du projet de loi sur les caméras, rejeté à la Knesset
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Déri absent lors du vote du projet de loi sur les caméras, rejeté à la Knesset

Avec 58 voix pour, Benjamin Netanyahu a échoué à rassembler les 61 votes nécessaires pour faire passer son projet de loi très controversé

Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri vote pour la nomination du prochain contrôleur de l'État dans la salle des séances plénières de la Knesset à Jérusalem, le 3 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri vote pour la nomination du prochain contrôleur de l'État dans la salle des séances plénières de la Knesset à Jérusalem, le 3 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le Parlement israélien a rejeté mercredi un amendement controversé prévoyant l’installation de caméras dans les bureaux de vote lors des élections législatives du 17 septembre.

Avec 58 voix pour, le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas réussi à rassembler les 61 votes nécessaires pour faire passer le projet de loi émanant de son parti, le Likud, et qui visait, selon lui, à prévenir la fraude électorale.

L’ensemble de l’opposition, dont la formation Kakhol lavan de l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, ont délibérément boycotté ce vote. Et le ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri, ténor du parti orthodoxe Shas, ne s’est pas présenté pour le vote.

Benjamin « Netanyahu (…) a échoué à faire passer la loi sur les caméras et il va échouer la semaine prochaine aux élections », a réagi M. Gantz.

Peu avant le vote, le député Ayman Odeh, à la tête de la liste arabe unie et fervent opposant à l’installation de caméras dans les bureaux de vote, a été évacué de la Knesset, pour s’être trop approché du Premier ministre en faisant semblant de le filmer justement avec son smartphone.

Le leader de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, filme le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant le débat sur le projet de loi des caméras à la Knesset de Jérusalem, le 11 septembre 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La population arabe d’Israël voit dans cette démarche une tentative d’intimidation des électeurs, car beaucoup pourraient craindre de se rendre dans les bureaux de vote à cause des caméras – avec le risque selon eux d’être identifiés et fichés.

« Le meilleur moyen de prévenir les fraudes lors des élections est de placer des caméras dans chaque lieu de vote et de permettre à des observateurs des partis rivaux de se surveiller mutuellement », avait argué plus tôt dans la semaine M. Netanyahu.

Le procureur général d’Israël, Avichai Mandelblit, s’était déjà dit opposé à une telle législation, et avait déconseillé de la faire voter de manière précipitée à quelques jours des législatives.

Cet amendement à la loi électorale devait permettre aux observateurs désignés par les partis dans les bureaux de vote de filmer ce qui se déroule dans le bureau mais pas dans l’isoloir.

Lors des législatives d’avril, M. Netanyahu a été confronté à de vives critiques lorsque des membres du Likud ont amené des petites caméras dans les bureaux de vote de villes arabes.

Le Likud a affirmé qu’il y avait des fraudes dans ces villes, mais les enquêtes ouvertes par la commission électorale n’ont jusqu’à présent donné aucun résultat.

Certains commentateurs politiques considèrent que cette mesure a pour but de faire baisser le nombre de votants chez les Arabes israéliens, hostiles au Likud, tout en mobilisant les électeurs de droite autour de la défense de Netanyahu, visé par trois enquêtes judiciaires.

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