Des Arabes ayant battu un Juif à Jaffa inculpés mais pas pour crime de haine
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Des Arabes ayant battu un Juif à Jaffa inculpés mais pas pour crime de haine

La victime affirme que les agresseurs lui ont crié des insultes antisémites alors qu'il était en train de filmer les troubles

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Capture d'écran de la vidéo d'un homme juif agressé par une bande de jeunes arabes à Jaffa, le 10 mai 2021. (Twitter)
Capture d'écran de la vidéo d'un homme juif agressé par une bande de jeunes arabes à Jaffa, le 10 mai 2021. (Twitter)

Les Arabes soupçonnés d’avoir battu un homme juif dans la ville portuaire de Jaffa ont été inculpés d’agression mais pas de racisme ou de crimes de haine, ont rapporté les médias israéliens dimanche.

Les quatre suspects qui ont été arrêtés jusqu’à présent dans cette affaire ont été inculpés vendredi d’agression aggravée et d’atteinte à l’intégrité physique, ainsi que pour le vol du téléphone de la victime, mais les actes d’accusation ne comportent aucune mention d’infractions liées au racisme.

La victime, qui n’a pas été nommée, a déclaré à la Douzième chaîne, qu’il n’avait aucun doute sur le fait qu’il s’agissait d’une agression raciste contre lui parce qu’il était juif et qu’il y avait des motifs nationalistes, suggérant que l’attaque devrait être considérée comme un acte de terrorisme.

« Tout était chargé de motifs racistes », a déclaré la victime, qui avait été soignée à l’hôpital et qui souffre toujours de ses blessures.

« C’était sans aucun doute un incident nationaliste, j’étais le seul juif dans la rue à ce moment-là. »

Il a ajouté que dans les instants précédant l’agression, les jeunes attaquants lui avaient crié de partir et « d’autres malédictions sur tout le peuple juif. »

Malgré ce qui s’est passé, l’homme a insisté sur le fait qu’il « y a des poches de coexistence à Jaffa » et c’est quelque chose qu’il ne veut pas voir disparaître de la ville.

L’incident s’est produit le 10 mai au cours d’une période de violents affrontements entre Juifs et Arabes dans divers endroits du pays, notamment à Jaffa, dont la population est mixte, juive et arabe.

Vers 22h30, la victime, un résident de la ville, marchait le long de la rue Yefet avec une batte de baseball sur le dos et filmait l’agitation des Arabes.

Selon la Douzième chaîne, il a déclaré qu’il portait la batte pour se défendre.

Il a été attaqué par 10 à 12 jeunes Arabes qui l’ont jeté à terre, puis l’ont agressé à coups de pied et de poing.

Lorsqu’il a essayé de se défendre avec la batte, ils l’ont saisie et l’ont attaqué avec.

L’un des agresseurs a également écrasé une chaise en plastique sur l’homme qui gisait sur la route.

Ce n’est qu’après quelques minutes d’agression que la police est arrivée pour chasser la foule.

Une vidéo de l’incident a été diffusée par les médias israéliens dimanche.

Le ministère public a déclaré, dans un communiqué dimanche, que les preuves montrent que la victime ne portait rien qui indique qu’elle est juive, et que les agresseurs lui ont parlé en anglais, et non en hébreu, et étaient apparemment en colère contre lui pour les avoir filmés.

« Il a donc été décidé qu’il n’y a pas suffisamment de preuves pour prouver, au-delà de tout doute raisonnable, que l’acte a été perpétré pour des raisons racistes », indique le communiqué.

L’accusation a noté que « cela n’enlève rien à la gravité des délits ou des charges. »

« Pour pouvoir attribuer un motif raciste, il faut prouver, au-delà de tout doute raisonnable, que le motif principal et dominant de la commission de l’infraction, était un motif de racisme », précise le communiqué.

« Il ne suffit pas que le motif raciste constitue une circonstance accessoire aux actes, mais il doit être le motif dominant. »

Les procureurs ont déclaré que jusqu’à présent, 140 actes d’accusation, contre 230 défendeurs ont été déposés dans tout le pays à la suite des émeutes ethniques entre Juifs et Arabes, a rapporté la radio publique Kan, citant un communiqué du ministère public.

Certaines des personnes inculpées sont mineures.

Parmi les chefs d’accusation retenus, citons l’agression d’agents de police dans des circonstances aggravantes, la mise en danger de la vie humaine sur la voie publique, la participation à des émeutes, le jet de pierres, le trouble à l’ordre public, l’incendie volontaire, et l’entrave à l’action d’un agent de police dans l’exercice de ses fonctions.

« Dans les cas où il y avait des preuves, au-delà de tout doute raisonnable, un motif raciste a été attribué aux accusés pour avoir commis les actes », a déclaré l’accusation.

La plupart des accusés ont fait l’objet d’une demande de prolongation de leur détention jusqu’à la fin de la procédure.

La Douzième chaîne a rapporté dimanche que seulement 10 % des personnes arrêtées, dans le cadre des troubles, sont juives, alors que la grande majorité sont des Arabes.

La police a procédé à 1 552 arrestations au cours des émeutes, – 1 039 personnes ont été libérées depuis.

Seules 168 d’entre elles sont juives, ce qui montre que les violences ont été principalement commises par des Arabes ou, au contraire, que la police est plus encline à arrêter les suspects arabes.

Les émeutes entre les deux communautés se sont largement estompées, bien que des tensions latentes subsistent dans de nombreuses régions.

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