Des députés demandent une enquête sur les céréales contaminées à la salmonelle
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Des députés demandent une enquête sur les céréales contaminées à la salmonelle

Une commission de la Knesset va se rassembler pour demander une enquête sur la faille de supervision présumée qui a permis à des centaines de boîtes de sortir de l’usine

Cornflakes de la marque Unilever (Crédit : capture d'écran YouTube)
Cornflakes de la marque Unilever (Crédit : capture d'écran YouTube)

Des députés et le ministre de la Santé Yaakov Litzman ont promis d’enquêter sur la vente de céréales contaminées à la salmonelle par Unilever Israël annoncée la semaine dernière.

La commission de contrôle de l’Etat de la Knesset va convoquer une réunion urgente sur le sujet mardi, rappelant les députés des vacances parlementaires pour demander une enquête sur l’apparente faille du ministère de la Santé à empêcher la distribution des céréales contaminées.

Des centaines de paquets de céréales contaminées à la salmonelle ne peuvent être retrouvées par le fabriquant Unilever Israël, qui possède la marque de céréales et de produits alimentaires « Telma », alors qu’ils auraient pu être vendus dans des magasins israéliens malgré un large rappel.

Selon la Dixième chaîne, une inspection Unilever de vendredi matin a montré que 240 paquets de céréales n’étaient présents ni dans les rayons des supermarchés, ni dans les entrepôts, et auraient été vendues par la chaîne de supermarché Shufersal dans tout le pays. Les boîtes proviendraient de la même livraison que le paquet contaminé qui a déclenché un rappel la semaine dernière.

Un supermarché Shufersal à Kiryat Hayovel, Jérusalem. (Crédit : Utalempe/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Un supermarché Shufersal à Kiryat Hayovel, Jérusalem. (Crédit : Utalempe/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

L’entreprise avait initialement annoncé qu’aucun des produits contaminés n’avait atteint les rayons des magasins.

« Unilever nous a menti depuis le début », a déclaré samedi Itzik Shmuli, député de l’Union sioniste. « Mais le ministère de la Santé est autant responsable, avec des centaines de milliers de paquets contaminés, il l’a juste raté. Nous demandons au contrôleur ce qu’il s’est passé ici. »

La présidente de la commission de contrôle de l’Etat, la députée Karin Elharar (Yesh Atid), a fait écho à ce sentiment en déclarant qu’ « Israël ne peut pas se fier aux déclarations volontaires des entreprises. Le ministère de la Santé doit examiner les lignes de production. Nous voulons demander quel a été le rôle du ministère de la Santé dans ceci. »

Selon la Dixième chaîne, les préoccupations sur les céréales manquantes ont émergé quand une cliente a appelé Unilever pour dire qu’elle avait acheté une des boîtes rappelées. L’entreprise a ensuite contacté Shufersal, la plus grande chaîne de supermarchés israélienne, qui aurait apparemment vendu ce paquet dans son magasin du kibboutz Beerot Yitzhak, dans le centre du pays.

La rapide inspection suivant l’appel de la cliente a révélé qu’il n’y avait aucune des boîtes de la livraison touchée dans aucun des magasins de la chaîne.

Yaakov Litzman, député du parti Yahadout HaTorah, à la Knesset, le 15 septembre 2014 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Yaakov Litzman, député du parti Yahadout HaTorah, à la Knesset, le 15 septembre 2014 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

« Nous voyons dans cette annonce [de la vente de paquets contaminés] le résultat de la négligence de la part de l’entreprise, à l’égard du public et à l’égard du ministère de la Santé », a déclaré le ministère samedi soir dans un communiqué.

Il n’y a pas eu pour l’instant de déclaration sur une exposition à la salmonelle, a annoncé le ministère.

« L’espèce de salmonelle [en question] n’est ni rare, ni agressive. Elle peut entraîner des diarrhées ou de la fièvre, peut-on lire dans le communiqué. Si ces symptômes apparaissent, adressez-vous à votre médecin. »

Le ministère de la Santé a lancé sa propre enquête, dirigée par le professeur Itamar Gruto, directeur du département de santé publique du ministère.

L’équipe d’inspection se rendra dans l’usine Unilever d’Arad pour une « inspection complète », et envisagera des poursuites judiciaires contre la compagnie.

Le ministre de la Santé Litzman a menacé vendredi de révoquer la licence d’opération en Israël de l’entreprise après ses affirmations répétées qu’aucun paquet contaminé n’avait quitté l’usine.

Mais certains critiques se sont concentrés sur les propres échecs du ministère de la Santé.

La députée Karin Elharar (Yesh Atid), présidente de la commission du contrôle de l'État à la Knesset, préside une réunion de la commission, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La députée Karin Elharar (Yesh Atid), présidente de la commission du contrôle de l’État à la Knesset, préside une réunion de la commission, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Shmuli et Elharar ont appelé le contrôleur de l’Etat Yossef Shapira a enquêter sur les mécanismes de supervision du ministère qui ont permis aux céréales contaminées de quitter l’usine en premier lieu.

Unilever a déjà été accusé d’avoir tenté de cacher une contamination bactérienne en arrêtant secrètement la distribution de dizaines de milliers de produits céréaliers.

Le site d’informations Ynet a annoncé que la compagnie n’avait apparemment pas seulement donné des réponses évasives aux médias, mais avait aussi tenté d’échapper aux demandes du ministère de la Santé sur le sujet.

Selon la Deuxième chaîne, des magasins se sont plaints pendant des jours d’une rupture d’approvisionnement en céréales Deli Pecan et en cornflakes de la multinationale. L’entreprise a cependant initialement démenti qu’il y ait un problème et a tenté de minimiser le sujet quand elle a été interrogé par les médias.

Ce n’est qu’après que la presse ait commencé à annoncer les mystérieuses ruptures d’approvisionnement que l’entreprise a admis que des tests avaient révélé la présence de salmonelles dans un nombre non précisés (« pas beaucoup ») de paquets.

Unilever a annoncé jeudi que les consommateurs inquiets voulant retourner les produits pourraient le faire, même s’ils avaient été ouverts.

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