Rechercher

Des députés et l’organisateur de la Pride de Jérusalem menacés de mort

"Le sort de Shira Banki vous attend", message envoyé aux parlementaires et à l'activiste, citant la jeune fille de 16 ans tuée par un extrémiste haredi en 2015

Des participants à la Jérusalem Pride Parade portent une affiche commémorant Shira Banki, 16 ans, assassinée en 2015par un extrémiste ultra-orthodoxe lors de la marche des fiertés dans la capitale, 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress/The Times of Israel)
Des participants à la Jérusalem Pride Parade portent une affiche commémorant Shira Banki, 16 ans, assassinée en 2015par un extrémiste ultra-orthodoxe lors de la marche des fiertés dans la capitale, 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress/The Times of Israel)

Un jour avant la marche annuelle des fiertés à Jérusalem, un certain nombre d’élus ainsi qu’un des organisateurs de la marche ont reçu mercredi des menaces de mort où était mentionnée le meurtre d’une adolescente qui avait participé à l’événement en 2015.

« Nous ne permettrons pas que la marche des fiertés se tienne à Jérusalem. Jérusalem est une ville sainte. Le sort de Shira Banki vous attend », peut-on lire dans le message envoyé aux députés Gilad Kariv (travailliste), Naama Lazimi (travailliste) et Eitan Ginzburg (Kakhol lavan).

Le même message a également été envoyé à Emuna Klein Barnoy, directrice communautaire de la Jerusalem Open House for Pride and Tolerance, et organisatrice de la parade annuelle.

La menace a été envoyée sur Facebook et Twitter à partir d’un compte portant le nom de « Les frères de Yishai Schlissel ».

Schlissel est l’extrémiste haredi qui avait poignardé à mort Shira Banki, 16 ans, lors de la Pride dans la capitale en 2015, trois semaines seulement après sa sortie de prison, où il avait purgé huit ans pour une attaque au couteau lors de la Pride de 2005 à Jérusalem.

Le député travailliste Kariv a tweeté que la garde de la Knesset avait été informée de la menace, et qu’il avait aussi déposé une plainte auprès de la police.

Des milliers de personnes participent à la Gay Pride annuelle à Jérusalem, le 3 juin 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le parlementaire a décrié « l’incitation à la violence à l’encontre de la communauté gay, soutenue par des rabbins, des personnalités publiques et des médias extrémistes. »

« La réponse est claire : une position plus ferme auprès de la communauté gay ! Demain, nous défilerons à Jérusalem – venez ! » a tweeté Kariv.

Le travailliste Lazimi a déclaré « qu’un lien direct existe entre le nationalisme conservateur et dangereux qui tente de s’infiltrer ici, et les menaces de meurtre contre ceux qui défilent lors de la Pride Parade.  »

« C’est la même haine qui a conduit au meurtre de Shira Banki – nous ne devons pas succomber à cet extrémisme incitateur ! » a-t-elle tweeté.

Gilad Kariv et Naama Lazimi (Crédit : Flash90)

Ginzburg, qui dirige le Caucus de la Knesset pour la communauté LGBTQ, a condamné les « menaces explicites de meurtre sur base de l’orientation sexuelle. »

« J’informe ainsi les lâches qui se cachent derrière un compte fictif… Nous allons défiler . Avec la tête haute. Avec joie. Avec fierté », a-t-il tweeté.

Des Gay Pride sont organisées chaque année dans plusieurs endroits du pays, y compris dans la capitale Jérusalem, le plus grand événement ayant lieu à Tel Aviv le 10 juin de cette année.

Tous les événements se déroulent sous haute sécurité, en particulier le défilé de Jérusalem, où l’année dernière quelque 7 500 personnes ont défilé et plus de 3 000 policiers ont assuré la sécurité de l’événement. Une contre-manifestation d’extrême droite a lieu en même temps.

Des manifestants s’insurgent contre la parade annuelle de la Fierté à Jérusalem. On peut lire sur les pancartes : « Jérusalem est la ville sainte » et « Jérusalem et Sodome ne sont pas des villes jumelles ». Jérusalem, le 2 août 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La parade annuelle des fiertés est un moment important pour la communauté LGBTQ dynamique de Jérusalem, qui est souvent éclipsée par le caractère gay-friendly de Tel Aviv ainsi que les tensions religieuses et politiques omniprésentes dans la capitale.

L’avertissement envoyé aux députés et à Klein Barnoy est intervenu après que l’organisation Aguda, qui chapeaute les groupes LGBTQ en Israël, a annoncé le mois dernier qu’elle annulait une marche des fiertés prévue dans la ville de Netivot, dans le sud du pays, après que la mère de l’un des organisateurs a reçu une balle de 9 mm dans sa boite aux lettres.

Suite à cette menace, le directeur d’Aguda, Ran Shalhavi, avait appelé la police à protéger les organisateurs. Il avait ajouté que le fait « qu’un événement dont l’essence est la tolérance et l’acceptation dans le cadre du dialogue » attire des menaces de mort est « une preuve évidente que notre campagne n’est pas terminée. »

Les rabbins de Netivot s’étaient prononcés contre la marche et avaient appelé les habitants à tout faire pour empêcher l’événement, dans les limites de la loi.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...