Des parents disent que des enfants sont morts à cause de la crise à Hadassah
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Des parents disent que des enfants sont morts à cause de la crise à Hadassah

L’hôpital affirme que les accusations transmises au contrôleur de l’Etat sur la gestion du département spécialisé dans le traitement du cancer sont "exagérées"

Uri Yakir, parent d'un enfant soigné au service d'hémato-oncologie à Hadassah Ein Kerem, exprime sa colère face au directeur de l'hôpital Zeev Rotstein à la cour suprême de Jérusalem de 27 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Uri Yakir, parent d'un enfant soigné au service d'hémato-oncologie à Hadassah Ein Kerem, exprime sa colère face au directeur de l'hôpital Zeev Rotstein à la cour suprême de Jérusalem de 27 juin 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les parents d’enfants atteints d’un cancer qui ont engagé et perdu une bataille très médiatisée contre l’hôpital Hadassah de Jérusalem, Ein Karem, ont déclaré dans une lettre au contrôleur de l’Etat que la crise avait déjà provoqué des victimes.

Dans une lettre envoyée mercredi dernier demandant une enquête officielle sur la crise, les parents indiquent que quatre jeunes âgés de 4 à 17 ans sont morts du cancer depuis mars, date de la démission de six médecins et trois stagiaires du service pédiatrique d’hémato-oncologie de l’hôpital, provoquée par la décision de la direction de réorganiser le service, et dénoncé par les démissionnaires comme étant inapplicable pour des raisons médicales et logistiques.

« Nous déplorons, avec le cœur lourd, que cette crise a déjà fait ses premières victimes. Des enfants sont décédés, entre autres du fait que le droit le plus élémentaire, le droit de recevoir un traitement médical à une distance raisonnable de la maison ne leur a pas été donné », ont écrit les parents, selon Hadashot qui s’est procuré une copie de la lettre.

Dans un communiqué, Hadassah a qualifié la lettre des parents au contrôleur de l’Etat d’ « exagérée » et mensongère et a déclaré qu’il abritait l’un des meilleurs centres de traitement du pays qui fonctionne normalement.

La lettre des parents indiquait que les familles concernées ne faisaient plus confiance à Hadassah, et que près de 150 enfants malades et suivis à Hadassah jusqu’à la démission des médecins, étaient dorénavant soignés dans des hôpitaux près de Tel Aviv, tels que l’hôpital Ichilov à Tel Aviv et le centre médical Schneider pour enfants à Petach Tikva.

Au cours des six derniers mois, 38 autres enfants de la région de Jérusalem ont été diagnostiqués avec un cancer, et eux aussi cherchaient des soins médicaux dans le centre du pays, ont-ils ajouté.

Blâmant « les autorités » pour avoir fait passer des considérations non pertinentes avant le bien des enfants, en décidant de soutenir l’hôpital Hadassah dans cette crise, la lettre avertissait que des vies étaient en danger à cause du cancer lui-même, et du « manque de soins médicaux à une distance raisonnable de la maison ».

La lettre disait qu’il n’y avait qu’une seule conclusion à tirer – que la situation actuelle, « dans laquelle il n’y a pas de solution médicale pour les enfants malades à Jérusalem, ne respecte pas les normes légales applicables en Israël, et représente une atteinte importante au droit naturel à la vie et au droit consacré par la loi de recevoir un traitement médical approprié. »

En octobre dernier, le directeur de l’hôpital Hadassah, Zeev Rotstein, a nommé un spécialiste en transplantation de moelle osseuse de l’unité d’hémato-oncologie pour enfants, à la direction de l’unité de transplantation pour adultes, dans un autre bâtiment.

Les lits de l’unité pour adultes devaient être utilisés pour traiter un nombre accru d’enfants cancéreux de l’étranger – ceux qu’on appelle les « touristes médicaux », qui paient des sommes importantes pour être traité à Hadassah.

Les médecins qui ont démissionné – qui ont tous refusé au fil des ans d’exercer dans le privé – ont déclaré que l’équipe existante était déjà trop sollicitée, que leur demander de s’occuper de dizaines d’enfants supplémentaires serait médicalement irresponsable, voire dangereux, et que l’hôpital faisait passer l’argent avant les soins.

Les parents des enfants traités à Hadassah ont fait campagne pour poursuivre le traitement de l’équipe médicale d’origine sous une tente de protestation appelée « hôpital de campagne » à Jérusalem, une action émouvante et largement médiatisée.

Ils ont également adressé une requête à la Haute Cour pour permettre à l’équipe démissionnaire d’Hadassah, d’être transférée dans l’unité du centre médical Shaare Zedek de la ville, comme les médecins avaient tenté de faire au début de la crise.

Dans sa réponse, l’hôpital a déclaré que, immédiatement après le départ des neuf spécialistes, il avait doté le département d’hémato-oncologie des « meilleurs médecins d’Israël » et collaborait avec des centres d’excellence à l’étranger, tels que le Memorial Sloan Kettering Cancer Center de New York.

« L’affirmation selon laquelle il n’existe pas de solution pour les enfants de Jérusalem est un mensonge », ajoute le communiqué, ajoutant que malgré et après la crise, plus de 40 greffes délicates de moelle osseuse avaient été effectuées et dizaines d’enfants avaient été traités.

« La décision de déplacer les enfants vers les hôpitaux du centre du pays a été prise par les parents des enfants [dans une atmosphère] de provocation » et « dans le but de créer une pression pour l’ouverture d’un département au Shaare Zedek Medical Center, contrairement à la décision de la Haute cour et non parce que Hadassah n’exploitait plus son unité de soins.

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