Des voleurs exhument des victimes de la Shoah dans une fosse commune en Crimée
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Des voleurs exhument des victimes de la Shoah dans une fosse commune en Crimée

La communauté juive prévoit de construire une enceinte en béton et d'installer des caméras comme moyen de dissuasion

Un monument de la Seconde guerre mondiale, à Simferopol, en Crimée. (Crédit : CC BY SA 3.0 Rumlin/Wikipedia)
Un monument de la Seconde guerre mondiale, à Simferopol, en Crimée. (Crédit : CC BY SA 3.0 Rumlin/Wikipedia)

La police a ouvert une enquête sur la profanation d’une fosse commune des victimes de la Shoah près de Simferopol, en Crimée.

L’enquête a débuté jeudi, après que des exhumations non-autorisées ont été réalisées la semaine dernière sur le site d’une tranchée où les nazis et leurs collaborateurs ont tués des centaines de juifs, selon l’agence de presse russe TASS. La Russie a annexé ce territoire à l’Ukraine en 2014.

« Un riverain a vu en pleine nuit des individus en train de creuser et nous a immédiatement contactés », a déclaré Anatoly Gendin, responsable de l’Association des organisation juives et de communautés de Crimées, à l’agence de presse. Son association a également porté plainte à la police, qui a déclaré qu’il s’agissait probablement de cambrioleurs à la recherche d’objets de valeur.

C’est le deuxième incident de ce type en Crimée en 5 ans. Des préparatifs sont en cours pour encercler la fosse commune de béton.

« C’est une décision préliminaire du Conseil d’État de Crimée et des organisations de la communauté juive de construire une enceinte en béton et d’établir un système de télé-surveillance », a déclaré Grigory Ioffe, vice-président du Parlement de Crimée, l’une des régions semi-autonomes de Russie, à TASS.

Les Allemands avaient capturé Simferopol en novembre 1941. Elle comptait près de 12 000 juifs, dont de nombreux Krymchaks, un groupe ethnique juif du Turkménistan, qui vivait en Crimée depuis des siècles.

Ils ont reçu l’ordre de porter des brassards blancs avec une étoile de David sur chaque bras ou sur la poitrine, selon le musée de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem. Ceux qui refusaient de se faire recenser par les forces allemandes occupantes étaient pendus dans les rues pour dissuader la population juive.

Quasiment tous les juifs de Simferopol ont été fusillés. De nombreuses victimes avaient été dénoncées aux Allemands par la population locale.

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