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Deux élus Likud appellent le gouvernement à faire évacuer Khan al-Ahmar

Edelstein et Danon ont visite un hameau palestinien controversé, alors que les tensions au sein de la coalition s'intensifient au sujet de l'évacuation d'un avant-poste illégal

Les députés du Likud Yuli Edelstein et Danny Danon visitent le village bédouin de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 23 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les députés du Likud Yuli Edelstein et Danny Danon visitent le village bédouin de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 23 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les députés du Likud Yuli Edelstein et Danny Danon, en visite lundi dans le village bédouin de Khan al-Ahmar en Cisjordanie, ont appelé le gouvernement à évacuer le site le plus rapidement possible.

Un peu moins de 200 Palestiniens vivent dans ce hameau, qui est situé sur des terres domaniales à l’est de Jérusalem, près de l’implantation de Maale Adumim. La visite des législateurs intervient moins de deux semaines avant que l’État ne doive rendre compte à la Haute Cour de justice de ses efforts pour évacuer le site.

« Mon message d’ici au [Premier ministre Benjamin] Netanyahu et au nouveau gouvernement est qu’il n’y a plus d’excuses et que la Haute Cour ne peut plus être blâmée » pour l’échec du gouvernement à évacuer le village, a déclaré Edelstein, qui préside l’influente commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.

« Khan al-Ahmar doit être évacué maintenant, le plus tôt sera le mieux ».

Danon s’est fait l’écho de ces propos, mettant en garde contre une « application sélective » des infractions à la construction.

La veille de la visite de Danon et Edelstein, l’avant-poste de l’implantation israélienne illégale Or Chaim, dans le nord de la Cisjordanie, a été évacué pour la deuxième fois en trois jours. Cette mesure a créé des tensions au sein de la coalition entre le ministre de la défense Yoav Gallant du Likud, qui a ordonné l’évacuation et a été soutenu par Netanyahu, et les partis ultra-nationalistes Otzma Yehudit et HaTzionout HaDatit.

Le village bédouin de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, le 6 septembre 2018. (Ahmad Gharabli / AFP)

À la suite de l’évacuation, le leader d’Otzma Yehudit, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, a demandé au cabinet que Khan al Ahmar soit également évacué, ainsi que six autres structures qui, selon lui, avaient été construites illégalement par des Palestiniens dans la zone C de la Cisjordanie, où Israël exerce un contrôle militaire et civil total.

L’organisation de gauche La Paix Maintenant a condamné la visite de Danon et Edelstein en évoquant une « provocation », alléguant qu’il s’agissait d’une « tentative cynique et transparente d’enflammer le territoire » et d’empêcher l’évacuation des avant-postes israéliens illégaux.

« Il n’y a pas de symétrie entre l’occupant et l’occupé, et l’équation entre les Palestiniens locaux qui vivent dans la région depuis les années 1950 et les colons qui travaillent à les expulser manque de tout fondement moral et elle a été conçue pour empêcher toute chance d’un futur accord diplomatique », a déclaré La Paix Maintenant en réponse à la visite des députés. Le groupe a appelé le gouvernement à légaliser Khan al-Ahmar.

La bataille juridique des résidents de Khan al-Ahmar pour éviter la démolition de leur campement et leur relocalisation sur un nouveau site a obtenu le soutien d’organisations de défense des droits de l’homme de premier plan, telles que Human Rights Watch et Amnesty International, qui ont averti que le déplacement forcé des résidents constituerait un crime de guerre au sens du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

En octobre de l’année dernière, la Haute Cour a accordé au gouvernement un délai supplémentaire de quatre mois, jusqu’en février, pour répondre à une pétition de l’organisation de droite Regavim expliquant pourquoi le village n’avait pas encore été évacué.

Cette prolongation, accordée après la chute du gouvernement, était la dernière d’une série de reports qui ont empêché l’évacuation du site depuis 2018, lorsque la Haute Cour a accédé à la demande de l’État d’évacuer le campement et de reloger les résidents.

Des Palestiniens brandissent des drapeaux au cours d’une manifestation dans le village bédouin de Khan al-Ahmar, en Cisjordanie, en raison du plan israélien de démolition du hameau, le 19 octobre 2018 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

L’État affirme que les structures de Khan al-Ahmar, principalement des cabanes et des tentes de fortune, ont été construites sans permis et constituent une menace pour les habitants du village en raison de leur proximité avec une autoroute.

Les habitants palestiniens de Khan al-Ahmar, membres de la tribu Jahalin, disent être arrivés dans la région dans les années 1950, alors qu’elle était sous domination jordanienne, après avoir déjà été déplacés pendant la guerre d’indépendance de 1948. Ils racontent avoir pratiqué un mode de vie nomade pendant des années avant de s’installer de manière permanente.

Les premières structures du hameau apparaissent sur des photographies aériennes à la fin des années 1970. À la fin des années 1980, la présence de la minuscule communauté dans la région est consignée dans des comptes rendus universitaires contemporains.

Le camp s’est lentement développé jusqu’aux années 1990, où il a semblé s’étendre beaucoup plus rapidement. Pourtant, la communauté reste aujourd’hui petite, avec moins de 200 résidents.

Regavim et d’autres groupes de droite affirment que les photos aériennes sont la preuve que le village n’a été construit que récemment, ce qui affaiblit les revendications des Bédouins sur le territoire, et prétendent en outre que l’Autorité palestinienne a délibérément envoyé les résidents là-bas pour s’emparer de terres stratégiques en Cisjordanie.

Regavim a guidé Danon et Edelstein lors de leur visite du site lundi, qui visait en partie à persuader les députés de ne pas soutenir un plan proposé par l’ancien ministre de la Défense Benny Gantz pour reloger les résidents de Khan al-Ahmar dans un endroit très proche du site actuel.

Le directeur de Regavim, Meir Deutsch, a déclaré que « le nouveau gouvernement doit prouver au public qui l’a élu qu’il est un véritable gouvernement de droite, nationaliste, et placer la campagne pour la zone C en tête de son agenda, la question de Khan al-Ahmar n’étant pas de savoir si mais quand elle sera évacuée. »

L’organisation a déclaré que le site alternatif proposé par Gantz manque d’infrastructures et occupe ce qu’elle appelle « une zone stratégiquement cruciale. »

« L’État a déjà investi environ 80 millions de NIS de l’argent des contribuables israéliens dans un site alternatif normal et logique, où il a préparé des infrastructures, des routes, de l’électricité, de l’eau, des égouts, une clinique et une école – sur des terres publiques juste à l’extérieur d’Abu Dis, où les Bédouins de Khan al-Ahmar seraient contigus à l’autre moitié de leur propre tribu et auraient un accès complet à la fois aux quartiers de Jérusalem contrôlés par l’AP et à leurs lieux de travail et de subsistance dans les communautés israéliennes », a ajouté Regavim.

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