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USA: Des législateurs s’excusent d’avoir suggéré à l’État de « marchander à la juive »

Les républicains Rick Girdler et Walker Thomas ont employé cette expression lors d'une audition à l'Assemblée générale ; l'AJC estime qu'elle contribue à perpétuer l'antisémitisme

Illustration: la séance d'ouverture de la législature de l'État du Kentucky à Francfort, le 5 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/Timothy D. Easley)
Illustration: la séance d'ouverture de la législature de l'État du Kentucky à Francfort, le 5 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/Timothy D. Easley)

JTA — Un législateur du Kentucky a utilisé l’expression « to Jew down », que l’on pourrait traduire par « marchander à la juive » dans une tentative de plaisanterie. Un deuxième législateur l’a répété puis s’est corrigé : « Ce n’est pas le bon terme à utiliser. »

Les deux législateurs du Kentucky ont fini par présenter leurs excuses pour avoir utilisé cette expression qui persiste dans le lexique américain du XXIe siècle, malgré les appels répétés des organisations juives pour l’éliminer. L’un d’eux a même dit qu’il avait grandi avec cette expression.

Le Lexington Herald-Leader a rapporté que la phrase avait été évoquée mardi lors d’une audience à l’Assemblée générale du Kentucky, lorsqu’un responsable gouvernemental a annoncé que l’État avait loué deux propriétés à une société privée pour un dollar symbolique chacune à la suite de récentes tempêtes dévastatrices.

Le sénateur d’État Rick Girdler, un républicain qui préside la commission de surveillance des projets d’immobilisations et des obligations, a demandé s’il y avait des questions.

Le représentant de l’État Walker Thomas, également républicain, s’est émerveillé devant le montant d’un dollar et s’est demandé, en riant, si l’État pouvait « marchander à la juive ».

« Nous avons un représentant ici qui [veut] voir si vous pouvez marchander à la juive sur le prix », a déclaré Girdler. « Ce n’est pas le bon mot à utiliser », a poursuivi Girdler. « Leur baisser le prix serait plus correct, je suppose. »

Les deux représentants se sont rapidement excusés. Thomas a expliqué que l’expression avait été utilisée de façon naturelle, comme une seconde nature.

« Je regrette sincèrement d’avoir utilisé ce terme et je présente mes excuses auprès de toute personne blessée par son usage. Ce n’est pas qui je suis, ni ce que ma foi me pousse à être », a-t-il déclaré.

« C’est une expression que j’ai entendue tout au long de ma vie, mais cette expérience m’a donné l’occasion de réfléchir à l’impact des mots et au fait que nous devons être plus intelligents aujourd’hui qu’hier. »

Girdler a dit qu’il était « profondément désolé » s’il avait offensé quelqu’un. « Je n’ai aucune haine ou méchanceté dans mon cœur pour quiconque dans la communauté juive. »

L’American Jewish Committee a noté les excuses, mais a averti que l’expression contribue à perpétuer l’antisémitisme.

« Bien que les excuses tardives soient les bienvenues, tout élu utilisant délibérément l’expression ‘to Jew down’ contribue à la propagation d’un trope antisémite classique », a déclaré Melanie Maron Pell, responsable des opérations sur le terrain de l’AJC, basée à Louisville.

« Certes, il existe de nombreux mots et expressions en anglais à utiliser pour faire valoir un point dans la législature de l’État sans succomber aux références traditionnelles et désobligeantes envers les Juifs. »

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