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Deuxième cas de variole du singe en Israël chez un trentenaire

Environ 200 cas ont été diagnostiqués dans le monde depuis le 7 mai ; l'OMS déclare que la circulation de la maladie est maîtrisable et "sous surveillance"

Virus de la variole du singe (Crédit : Udomkarn Chitkul/iStock/Getty Images)
Virus de la variole du singe (Crédit : Udomkarn Chitkul/iStock/Getty Images)

Israël a confirmé un second cas de variole du singe, une maladie rare, chez un trentenaire récemment revenu d’un voyage à l’étranger.

L’homme a été hospitalisé vendredi à l’hôpital Sheba de Tel Aviv et il est rentré chez lui peu après. La confirmation de son cas est survenue samedi.

Cette nouvelle infection survient juste une semaine après la découverte d’un premier cas de variole du singe au sein de l’État juif chez un trentenaire revenu d’un voyage dans l’Ouest de l’Europe.

Dimanche dernier, le ministère de la Santé avait fait savoir que deux autres cas présumés avaient été écartés par les médecins.

La variole du singe entraîne habituellement fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et dorsales, au cours des cinq premiers jours. Puis apparaissent des éruptions cutanées, des lésions, des pustules et enfin des croûtes.

Depuis que le Royaume-Uni a annoncé qu’il avait enregistré son premier cas en date du 7 mai, l’Organisation mondiale de la Santé a fait savoir que 200 cas lui avaient été signalés dans plusieurs pays du monde entier. Le virus est endémique dans l’ouest et dans le centre de l’Afrique.

Sylvie Briand, directrice du département des pandémies et des épidémies à l’Organisation mondiale de la Santé aux abords du siège de l’agence de l’ONU à Genève, le 12 mai 2020. (Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP)

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a prévenu vendredi que les quelque 200 cas de variole du singe détectés ces dernières semaines, dans des pays où le virus ne circule pas habituellement, pourraient n’être que « le sommet de l’iceberg ».

« Nous ne savons pas si nous ne voyons que le sommet de l’iceberg », a déclaré Sylvie Briand, directrice du département de préparation mondiale aux risques infectieux de l’OMS, lors d’une présentation aux Etats membres de l’organisation sur la propagation « inhabituelle » du virus, lors de l’Assemblée mondiale de la santé à Genève.

Les experts tentent de déterminer ce qui a provoqué cette « situation inhabituelle », et les résultats préliminaires ne montrent pas de variation ou de mutation du virus de la variole du singe, a indiqué Mme Briand.

« Nous avons une fenêtre de tir pour arrêter la transmission maintenant », a-t-elle estimé. « Si nous mettons en place les mesures adéquates maintenant, nous pourrons probablement contenir cela rapidement ».

Tout en avertissant qu’il y aurait probablement des cas plus nombreux, elle a demandé aux populations de ne pas paniquer.

« Nous en sommes pour l’instant au tout, tout début de cet événement », a expliqué Mme Briand. « Nous savons que nous aurons plus de cas dans les jours à venir », mais « ce n’est pas une maladie dont le grand public devrait s’inquiéter. Ce n’est pas le Covid ou d’autres maladies qui se répandent rapidement ».

Jeudi, une épidémiologiste de l’OMS a indiqué que des cas seraient assurément identifiés dans les pays où la variole du singe ne circule habituellement pas.

La docteure Maria Van Kerkhove a ainsi déclaré lors d’une session de questions et réponses sur les réseaux sociaux que « nous nous attendons à ce que d’autres cas soient détectés. Nous demandons aux pays de renforcer leur surveillance. C’est une situation maîtrisable. Cela sera difficile, mais c’est une situation qui reste maîtrisable dans les pays où la maladie n’est pas endémique. »

Les responsables israéliens de la Santé ont aussi minimisé le risque posé par le virus. Lors d’un entretien téléphonique, dimanche dernier, la responsable des services de santé publique au sein du ministère de la Santé, Sharon Alroy-Preis, a appelé au calme et déclaré que l’apparition récente du virus ne posait pas de danger majeur pour la santé publique.

La variole du singe disparaît d’elle-même après deux ou quatre semaines, a fait savoir l’Organisation mondiale de la Santé.

Un cas du virus avait été diagnostiqué au sein de l’État juif en 2018, et aucune autre infection connue n’en avait résulté.

La variole du singe appartient à la même famille que la variole, qui tuait chaque année des millions de personnes dans le monde jusqu’à son éradication en 1980.

Mais la variole du singe est beaucoup moins grave, avec un taux de mortalité de 3 à 6%. La plupart des malades sont rétablis après trois à quatre semaines.

Nombre de cas concernent des homosexuels, mais les experts soulignent qu’il n’existe aucune preuve que la maladie a été transmise par voie sexuelle, qui aurait plutôt été transmise par un contact rapproché avec une personne infectée ayant des lésions sur la peau.

Il n’existe pas vraiment de traitement, mais des antiviraux ont été développés contre la variole, dont l’un a récemment été approuvé par l’Agence européenne des médicaments (EMA), selon Mme Briand.

Les vaccins contre la variole s’avèrent efficaces à 85% contre la variole du singe. Mais la plupart des moins de 45 ans n’ont pas été vaccinés contre la variole, et les stocks de vaccins sont aujourd’hui très réduits.

L’AFP a contribué à cet article.

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