Dispersion d’une rare manifestation contre le Hamas à Gaza
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Dispersion d’une rare manifestation contre le Hamas à Gaza

Selon un média, les journalistes n'ont pu filmer ni prendre des photos du mouvement de protestation qui réclamait l'amélioration de la qualité de vie dans la bande

Des Gazaouis protestent contre le Hamas dans la bande, le 14 mars 2019 (Crédit : Facebook)
Des Gazaouis protestent contre le Hamas dans la bande, le 14 mars 2019 (Crédit : Facebook)

Les forces de sécurité dirigées par le groupe terroriste palestinien du Hamas ont mis un terme à des manifestations contre le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza, ont déclaré jeudi des témoins oculaires, réprimant une rare démonstration publique de contestation au sein de l’enclave côtière.

Des dizaines de responsables de la sécurité, dont un grand nombre était en tenue civile, ont dispersé un mouvement de protestation, ont raconté ces témoins. Des dizaines de personnes y prenaient part.

Les journalistes ont été empêchés de filmer ou de prendre des photos, a dit un journaliste de l’AFP.

Dans une autre manifestation organisée dans le centre de Gaza, des douzaines de personnes se sont rassemblées, faisant notamment brûler des pneus.

Le porte-parole de la police du Hamas Ayman al-Batniji a indiqué dans un communiqué que « la police du secteur de Deir Balah a fait front à un groupe de citoyens qui avaient fermé des routes et allumé des feux », se référant au mouvement de protestation dans le centre de Gaza.

« Le calme et l’ordre ont été rétablis par la police qui a arrêté un certain nombre de contrevenants », a ajouté le communiqué.

Ces manifestations avaient été organisées pour réclamer l’amélioration de la qualité de vie à Gaza, qui subit un taux de chômage élevé, une pauvreté largement répandue et les conséquences d’infrastructures médiocres en termes d’électricité et d’eau.

Elles ont été considérées comme un défi à la gouvernance du groupe terroriste du Hamas, qui contrôle l’enclave côtière depuis 2007.

Selon un communiqué qui aurait émané des organisateurs, ce mouvement de protestation se voulait non-politique, dénonçant le coût de la vie et des impôts croissants au sein de l’enclave.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux semblent montrer les forces de sécurité tirer en l’air pour disperser les manifestations.

Ces vidéos sont accompagnées par le hashtag « nous voulons vivre » en arabe.

Jeudi soir, les manifestations étaient terminées et la situation était calme, ont expliqué un journaliste de l’AFP qui se trouvait sur place et des témoins oculaires.

Le Réseau palestinien des organisations non-gouvernementales, qui comprend plus de 100 organismes caritatifs, a déclaré dans un communiqué condamner « fortement la campagne d’arrestations et d’agressions lancée à Jabalia, dans le nord de Gaza, contre les droits de douzaines de citoyens ».

Il a ajouté que les manifestants s’étaient « rassemblés pacifiquement pour demander une amélioration de la qualité de vie dans la bande de Gaza ».

Hussein al-Sheikh, proche confident du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a exprimé son soutien aux manifestants.

« Gaza se soulève face aux oppresseurs », a-t-il écrit sur Twitter.

Le Hamas s’est emparé de Gaza qui se trouvait entre les mains de l’Autorité palestinienne, reconnue à l’international, en 20017, lors d’un féroce coup d’Etat. Le groupe terroriste avait gagné par surprise les élections parlementaires palestiniennes l’année précédente. Il a depuis le contrôle sur Gaza, tandis que l’AP maintient une gouvernance limitée en Cisjordanie.

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