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Dublin et Madrid veulent que l’UE vérifie si Israël respecte les droits humains

Les deux pays demandent "que le Conseil de l'UE prenne les mesures adéquates au cas où il serait conclu qu'Israël ne respecte pas les engagements auxquels il a souscrits"

Les troupes en opération dans la bande de Gaza sur une photo autorisée à la publication le 13 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)
Les troupes en opération dans la bande de Gaza sur une photo autorisée à la publication le 13 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

L’Espagne et l’Irlande ont demandé à Bruxelles d’enquêter « urgemment » sur le « respect » par Israël des droits humains à Gaza, a annoncé mercredi le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez sur le réseau social X (anciennement Twitter).

« Devant la situation critique à Rafah », dans le sud de la bande de Gaza, les gouvernements espagnol et irlandais ont envoyé une lettre à la Commission européenne pour lui demander d’examiner « de manière urgente si Israël remplit ses engagements de respecter les droits humains à Gaza », affirme dans ce message le Premier ministre socialiste.

La lettre à la Commission, publiée sur le site de La Moncloa (la présidence du gouvernement espagnol), précise que « devant la situation insoutenable à Gaza et face au risque d’une catastrophe humanitaire encore plus importante en raison de l’intensification de l’opération militaire israélienne contre Rafah », Dublin et Madrid demandent à la Commission « une évaluation urgente de l’accord d’association UE/Israël ».

Le but de cette « évaluation » par la Commission, poursuit la lettre, est de vérifier « si les points essentiels de la relation en matière de droits humains et principes démocratiques sont respectés ».

Les deux pays demandent aussi « que le Conseil de l’UE prenne les mesures adéquates au cas où il serait conclu qu’Israël ne respecte pas les engagements auxquels il a souscrits ».

A Bruxelles, une porte-parole de la Commission, Arianna Podesta, a confirmé que l’organe exécutif de l’UE avait bien reçu la missive.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez s’exprimant lors d’une conférence de presse au sommet de l’UE, à Bruxelles, le 24 mars 2023. (Crédit : AP/Geert Vanden Wijngaert)

« Nous l’avons reçue ce matin, il y a quelques minutes », a-t-elle dit lors d’un point de presse, ajoutant que la Commission allait « l’étudier ». « De toute évidence, nous n’avons rien à ajouter pour l’instant », a-t-elle conclu.

« Respecter le droit international »

Une autre porte-parole de l’UE, Nabila Massrali, a indiqué que la Commission « (exhortait) toutes les parties, quand il s’agit d’Israël, à respecter le droit international ». « Il doit y avoir une responsabilité pour les violations du droit international », a-t-elle déclaré.

Mettant en avant « l’importance d’assurer la protection permanente des civils en conformité avec le droit humanitaire international », Mme Massrali a souligné que l’UE transmettait ce message « de manière bilatérale dans ses contacts avec les autorités israéliennes ».

Elle a toutefois indiqué ne pas pouvoir faire de commentaires sur la manière dont ce thème s’inscrit dans le cadre de l’accord d’association qui unit l’UE à Israël.

Dans son message sur X, M. Sánchez rappelle « l’horreur du 7 octobre », date à laquelle le Hamas a envoyé 3 000 terroristes armés en Israël, le 7 octobre, pour mener une attaque brutale au cours de laquelle ils ont tué près de 1 200 personnes. Les terroristes ont également pris en otage 253 personnes, pour la plupart des civils, et les ont emmenées à Gaza. Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages.

Plus de 28 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé dirigé par les terroristes du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme avoir tué plus de 10 000 membres du groupe terroriste à Gaza, en plus d’un millier terroristes à l’intérieur d’Israël le 7 octobre.

« Nous demandons la libération de tous les otages et un cessez-le-feu immédiat qui puisse faciliter l’accès de l’aide humanitaire nécessaire de manière urgente », affirme encore M. Sánchez dans son message sur X.

On estime que 130 des 253 otages enlevés par le Hamas et ses complices le 7 octobre sont encore à Gaza, mais certains ne sont plus en vie. 105 civils ont été libérés lors d’une trêve d’une semaine fin novembre. Quatre otages avaient été libérées avant cela et une soldate avait été secourue. Les corps de huit otages ont également été récupérés et trois otages ont été tués par erreur par l’armée lors d’un incident tragique en décembre. Deux autres otages ont été secourus grâce à une opération conjointe de l’armée et du Shin Bet. Une autre personne est portée disparue depuis le 7 octobre.

L’armée israélienne a confirmé la mort de 29 des personnes toujours détenues par le Hamas et ses complices, sur la base de nouvelles informations et des découvertes obtenues par les troupes opérant à Gaza.

Le Hamas détient par ailleurs les corps des soldats de Tsahal Oron Shaul et Hadar Goldin depuis 2014, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui sont tous deux censés être en vie après être entrés dans la bande de Gaza de leur propre chef en 2014 et 2015 respectivement.

Géographiquement proche du Maghreb, l’Espagne s’est tournée vers les pays arabes durant la dictature de Franco (1939-1975) afin de contourner son isolement en Occident – une diplomatie dite de « substitution » longtemps cultivée par Madrid, rappelle Juan Tovar, professeur à l’université de Burgos.

Ce n’est qu’en 1986, en outre, que le pays a établi des relations officielles avec Israël. La conséquence de tensions nées de l’opposition de l’Etat hébreu à l’entrée dans l’ONU de l’Espagne au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en raison de sa proximité avec l’Allemagne nazie, rappelle Isaías Barreñada, professeur à l’Université Complutense de Madrid.

Madrid est ensuite allé jusqu’à jouer les médiateurs, accueillant ainsi en 1991 une Conférence de paix, avec pour la première fois l’ensemble des parties arabes en conflit direct avec l’Etat hébreu: Palestiniens, Syriens, Jordaniens et Libanais.

Deux ans après cette conférence, les accords d’Oslo, à travers lesquels Israël et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) se reconnaissaient mutuellement, étaient signés à Washington.

Mais globalement, l’Espagne reste perçue par de nombreux acteurs comme pro-arabe.

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