Rechercher

Élections : Ben Gvir menace de faire cavalier seul si Smotrich continue de l’ignorer

Un sondage montre que le parti Sionisme religieux serait plus fort sous la direction du kahaniste Ben Gvir, qui se dit prêt à faire des compromis au nom de « l’unité »

Le député Itamar Ben Gvir, à gauche, s'exprime lors d’une conférence de presse avant les prochaines élections, à Jérusalem, le 11 juillet 2022 ; le député Bezalel Smotrich, à droite, dirige une réunion de son parti à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Itamar Ben Gvir, à gauche, s'exprime lors d’une conférence de presse avant les prochaines élections, à Jérusalem, le 11 juillet 2022 ; le député Bezalel Smotrich, à droite, dirige une réunion de son parti à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef du parti extrémiste Otzma Yehudit, le député Itamar Ben Gvir, a déclaré lundi qu’en dépit des sondages qui lui son extrêmement favorables, il serait prêt, en cas d’alliance avec la parti Sionisme religieux, à en laisser la direction à son chef, Bezalel Smotrich, en vue des prochaines élections. Il a toutefois laissé entendre que les négociations étaient au point mort et qu’il était probable que les deux partis fassent finalement cavaliers seuls.

Dans une interview accordée à la radio publique Kan, Ben Gvir a indiqué avoir appelé Smotrich après que ce dernier l’ait accusé de « faire appel aux médias » plutôt que de « décrocher son téléphone » pour négocier, regrettant que l’appel ait été infructueux.

« Un jour, il suggère de négocier et le suivant, il refuse », a regretté Ben Gvir à propos de cet appel téléphonique d’une quinzaine de minutes.

Sans dire explicitement que Smotrich ne souhaitait pas le rencontrer, Ben Gvir a laissé entendre que le fait que les deux hommes ne se soient pas encore entretenus était lié aux récents sondages qui lui étaient très favorables.

Un sondage publié dimanche par la Treizième chaîne a montré qu’avec Ben Gvir à sa tête, le parti Sionisme religieux obtiendrait 13 sièges, contre 10 avec l’actuel chef du parti, Smotrich.

Pour autant, Ben Gvir s’est déclaré prêt à « laisser la première place [au sein d’une liste commune] à Smotrich ».

Le chef du parti Sionisme religieux Bezalel Smotrich, à gauche, et Itamar Ben Gvir, du parti d’extrême droite Otzma Yehudit, lors d’une tournée électorale au marché Mahane Yehuda de Jérusalem, le 19 mars 2021, quatre jours avant les élections. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ces sondages ne me font pas perdre de vue mon objectif », a-t-il ajouté. « Je le mérite peut-être, tous les sondages soulignent ma force [politique], mais je souhaite avant tout faire une alliance pour battre la gauche. »

« Malheureusement », a-t-il poursuivi, « il semble que le simple fait de s’asseoir ensemble pour en discuter soit impossible. Chaque seconde qui passe et nous en éloigne nuit à l’Etat d’Israël », a-t-il ajouté.

Smotrich a rétorqué, sur les ondes de la radio de l’armée, que la « campagne médiatique » de Ben Gvir ne lui semblait « pas claire ».

« Ça me fait de la peine de le voir ainsi. La calomnie ne fait qu’éloigner les électeurs », a-t-il affirmé.

La semaine passée, Ben Gvir a suggéré que des recherches indépendantes soient menées afin de déterminer combien de sièges chaque parti obtiendrait dans le cadre d’une liste unie et leur positionnement.

Ben Gvir estime qu’une alliance avec Smotrich, dès maintenant, avant-même les primaires du parti Sionisme religieux, lui garantirait les postes ministériels qu’il convoite, dans le cadre d’un futur gouvernement.

Les négociations entre Ben Gvir, Smotrich et les chefs d’autres partis partenaires possibles s’annoncent plus difficiles que prévues, Ben Gvir et Smotrich paraissant certains de franchir le seuil requis pour entrer à la Knesset, même avec des listes séparées.

Le parti Otzma Yehudit de Ben Gvir s’était allié au parti Sionisme religieux et au parti anti-LGBT Noam afin d’emporter six sièges et entrer au Parlement israélien en 2021, à la demande du chef du Likud, Benjamin Netanyahu.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...