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Eli Cohen : La France pourrait aider à « empêcher une guerre au Liban »

Les appels à la "désescalade" valent pour tous, y compris Israël, répond la cheffe de la diplomatie française qui s'est exprimée aussi sur la guerre contre le Hamas et la violence en Cisjordanie

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen (à droite) rencontre la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, en visite, le 17 décembre 2023. (Crédit : Shlomi Amsalem/Ministère des Affaires étrangères)
Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen (à droite) rencontre la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, en visite, le 17 décembre 2023. (Crédit : Shlomi Amsalem/Ministère des Affaires étrangères)

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen a déclaré que la France pourrait jouer un rôle clé dans la prévention d’une éventuelle guerre totale entre Israël et le groupe terroriste Hezbollah basé au Liban, qui soutient son homologue du Hamas et multiplie les tirs vers Israël depuis le lendemain de ses massacres sadiques.

« La France pourrait jouer un rôle positif et significatif pour empêcher une guerre au Liban », a déclaré Cohen lors d’un point de presse conjoint avec la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna.

« Il y a encore une possibilité d’empêcher la guerre au Liban. Si la communauté internationale n’y parvient pas, nous n’aurons pas d’autre choix que de nous en charger nous-mêmes », a expliqué le diplomate en chef.

« Mais nous ferons tout pour protéger nos compatriotes (…). Nous sommes tenus d’assurer leur sécurité pour qu’ils puissent revenir chez eux », a insisté Cohen. « Il y a deux façons de le faire: par la diplomatie ou par la force », a encore averti le chef de la diplomatie israélienne.

« S’il y avait un engrenage, un embrasement, je crois que personne n’en bénéficierait et je le dis aussi à Israël », a dit Colonna en présence d’un haut responsable de l’armée israélienne « La France, comme ses partenaires, appelle les responsables politiques libanais à tout faire pour éviter un engrenage dont le Liban serait la première victime », a-t-elle indiqué, précisant que des « messages clairs » avaient aussi été passés au Hezbollah pro-Iran en ce sens.

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Ce dernier affirme être entré dans la bataille pour soutenir son homologue palestinien, son allié au sein de ce qu’il appelle « l’axe de résistance » iranien et anti-israélien, et auquel il faut ajouter les Houthis du Yémen, qui  eux multiplient les attaques en mer Rouge contre des navires liés à Israël ou se dirigeant vers l’État juif. « Ces attaques ne peuvent rester sans réponse » et « nous étudions plusieurs options » défensives « avec nos partenaires » notamment pour « éviter que cela ne recommence », a commenté la ministre française.

Israël a évacué environ 50 000 habitants de la zone du nord qui vit au rythme des sirènes d’alerte, sous la menace de frappes sophistiquées du Hezbollah.

Au moins sept soldats israéliens et quatre civils ont été tués en Israël dans les attaques en provenance du Liban, selon les autorités depuis le 8 octobre. Au moins 91 combattants du Hezbollah, 17 civils incluant trois journalistes ont été tués lors de représailles israéliennes. Un soldat libanais a trouvé la mort et Israël s’était excusé.

Colonna doit se rendre au Liban lundi, où elle doit rencontrer des officiels et le commandant de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) dont la France fournit le premier contingent » avec 700 soldats.

Avant Colonna, le patron du renseignement extérieur français, Bernard Emié, s’était rendu il y a deux semaines à Beyrouth dans le même cadre, selon des responsables libanais qui l’ont rencontré.

Bernard Emié, patron du renseignement extérieur français. (Crédit : capture d’écran Facebook)

Selon une source diplomatique occidentale à Beyrouth, « Israël veut que le Hezbollah s’éloigne de 40 kilomètres de la frontière ». Les responsables israéliens demandent en particulier le retrait des combattants de la force Al-Radwan, l’unité d’élite du Hezbollah, et des armes lourdes des zones proches de la frontière, selon cette source qui a requis l’anonymat.

Le Hezbollah assure qu’il n’a pas de présence visible dans la zone frontalière, d’où ses combattants et ceux de formations alliées lancent pourtant des attaques contre les positions israéliennes de façon presque quotidienne depuis les massacres barbares commis par la branche palestinienne des Frères musulmans en Israël.

« Nous ne discutons avec personne d’aucun déploiement dans le sud du Liban, tant que l’agression contre Gaza se poursuit », a assuré mardi le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem.

A Paris, on souligne que « le risque est bien réel » si les Libanais sous-estiment la détermination d’Israël à protéger ses frontières et le traumatisme des Israéliens après les attaques sans précédent du 7 octobre perpétrées par le Hamas. Mais les dirigeants israéliens ne doivent pas se tromper en s’engageant dans un conflit qui n’apporterait pas nécessairement la sécurité régionale, fait-on valoir de source diplomatique française.

Le général Naim Qassem, secrétaire général du Hezbollah, parle dans le quartier de Ghobeiry du sud de Beyrouth, le 13 mai 2016. (AFP Photo/Stringer)

Israël réclame également « l’application pleine et entière de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU », selon des sources diplomatiques occidentales.

Cette résolution adoptée pour mettre fin à la guerre qui a opposé Israël et le Hezbollah en 2006 stipule en effet que seules l’armée libanaise et la Force Intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) soient déployées dans le sud du Liban.

Les médiateurs proposent, pour obtenir un arrêt des hostilités, « un règlement du litige frontalier » entre les deux pays, qui s’opposent sur la démarcation de la frontière, selon la source diplomatique occidentale.

Elle évoque un retrait d’Israël de deux secteurs contestés : le mont Dov (connu sous le nom de fermes de Chebaa) et la partie libanaise du village d’Al Ghajar.

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A Paris, on estime que la mise en œuvre de la résolution 1701 est une base du travail. Mais il faut définir des paramètres qui pourraient être proposés aux Libanais et Israéliens et conduire à une désescalade.

Sur le front sud – contre le Hamas

La France est préoccupée « au plus haut point » par la situation à Gaza et appelle à « une nouvelle trêve immédiate et durable », a déclaré la ministre française des Affaires étrangères à l’issue de l’entretien avec son homologue israélien à Tel-Aviv.

« Trop de civils sont tués », a déclaré Colonna. De son côté, Cohen, venu l’accueillir à sa descente d’avion, a qualifié tout appel au cessez-le-feu « d’erreur » et de « cadeau pour le Hamas », dont les massacres sauvages du 7 octobre ont déclenché la guerre.

Plus de 3 000 terroristes palestiniens ainsi que des civils ont fait irruption en Israël depuis la terre, l’air et la mer, sous le couvert de milliers de roquettes. Ils se sont infiltrés dans plus de 20 communautés à travers le sud du pays, tuant près de 1 200 personnes et capturant plus de 240 otages. Des familles ont été massacrées chez elles devant leurs proches, et au moins 364 personnes ont été assassinées lors d’un festival de musique en plein air.

Plus de 18 800 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé dirigé par les terroristes du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ils incluraient ses propres terroristes et hommes armés, tués en Israël et à Gaza, et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza. Selon les estimations de l’armée israélienne, 5 000 membres du Hamas auraient été tués dans la bande de Gaza, auxquels s’ajoutent plus de 1 000 terroristes tués en Israël lors de l’assaut du 7 octobre.

De la fumée s’élevant après une frappe israélienne dans la bande de Gaza, vue depuis le sud d’Israël, le 16 décembre 2023. (Crédit : Ariel Schalit/AP Photo)

Colonna rencontrera dans la matinée les familles des Français disparus.

Elle a promis que la France « n’oublie pas » les personnes « assassinées avec une cruauté absolue, dont 41 compatriotes » le 7 octobre. Elle a rappelé que trois Français sont « retenus, disparus ou otages dans la bande de Gaza » assurant que la France ne ménage pas ses efforts pour les faire libérer.

Elle a en particulier abordé les crimes dont les femmes ont été victimes.

« Parmi le flot de récits épouvantables de ces exactions barbares commises par le Hamas, les récits des violences sexuelles et sexistes infligées par les terroristes du Hamas sont glaçants par leur caractère systématique et peut-être même systémique », a-t-elle dit, déplorant « l’énergie que mettent certains à nier ces crimes ».

« Inutile de dire que la France croit en la parole de ces femmes victimes, que la France croit celles et ceux qui ont eu à constater ces viols et ces mutilations, ces profanations », a-t-elle déclaré.

A LIRE – « Jamais vu ce degré de barbarie » : Israël montre les corps massacrés par le Hamas

« Personne ne doit oublier ce qui s’est passé le 7 octobre, une attaque terroriste massive commise avec barbarie (…) et avec ce que vous savez d’abomination, de violence, y compris de violences sexuelles », avait auparavant souligné la ministre qui va visiter le centre d’identification des corps et des victimes installé sur une base militaire à Choura, à quelques kilomètres de Tel-Aviv.

Elle rencontrera en outre des responsables d’associations de défense de victimes féminines qui collectent des preuves et qui entendent faire reconnaître ces violences face au déluge de personnes, dont le monde associatif féminin dans le monde, qui cherchent à les nier.

Sur la violence en Cisjordanie

« Depuis le 7 octobre, malheureusement, certains colons [résidents d’implantations], entraînés par leur aveuglement idéologique ou leur vision de leur sécurité, ont commis des crimes » que la France a vigoureusement condamnés, avait souligné la ministre peu avant son arrivée en Israël.

« Nous en parlons à nos homologues israéliens. Nous leur disons que ça n’est pas acceptable en soi, encore moins acceptable dans une démocratie », avait-elle ajouté, précisant que la France avait demandé « que ces colons soient sanctionnés par la loi israélienne qui doit s’appliquer ».

« Je demanderai (…) si effectivement certains d’entre eux ont été poursuivis comme il le faut ».

« Ce sont des actes graves qui minent la perspective d’une solution politique et qui fragilisent l’Autorité palestinienne, qui peut-être même peuvent pousser à de nouveaux développements et à une déstabilisation de la Cisjordanie, ce qui n’est pas, encore une fois, dans l’intérêt bien compris d’Israël », a ensuite déclaré Catherine Colonna.

Elle a jugé « important de se rendre compte d’une réalité que nous connaissons par ailleurs mais de la voir sur le terrain et avec ses yeux et la vision que nous avons de toutes ces collines qui, progressivement sont colonisées par une colonisation dont je rappelle qu’elle est illégale au regard du droit international ».

La France a d’ores et déjà indiqué qu’elle travaillait à des sanctions contres les responsables de violences. Vendredi, l’Union européenne, l’Australie, le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni et la Suisse ont exhorté Israël à « prendre des mesures concrètes pour faire cesser la violence sans précédent des colons israéliens en Cisjordanie occupée ».

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