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En Irak, les deux yachts de Saddam Hussein, vestiges de sa folie des grandeurs

L'Al-Mansour, touché par les frappes américaines en 2003, gît échoué sur son flanc au milieu d'un fleuve ; le Basrah Breeze, devenu musée, est rattaché à un centre de recherches

  • Cette photo prise le 13 mai 2003 montre des enfants irakiens devant le luxueux yacht du dictateur Saddam Hussein, le Al-Mansur, amarré à Bassorah après avoir été bombardé lors de l'invasion de l'Irak par les États-Unis, qui a mis fin à des décennies de règne sans partage de Saddam Hussein. Mesurant 120 mètres de long et pesant plus de 7 000 tonnes, l'ancien yacht présidentiel avait été assemblé en Finlande et livré à l'Irak en 1983, selon le site web du designer danois Knud E. Hansen. (Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP)
    Cette photo prise le 13 mai 2003 montre des enfants irakiens devant le luxueux yacht du dictateur Saddam Hussein, le Al-Mansur, amarré à Bassorah après avoir été bombardé lors de l'invasion de l'Irak par les États-Unis, qui a mis fin à des décennies de règne sans partage de Saddam Hussein. Mesurant 120 mètres de long et pesant plus de 7 000 tonnes, l'ancien yacht présidentiel avait été assemblé en Finlande et livré à l'Irak en 1983, selon le site web du designer danois Knud E. Hansen. (Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP)
  • Cette photo prise le 10 avril 2003 montre des enfants irakiens devant le luxueux yacht du dictateur Saddam Hussein, le Al-Mansur, amarré à Bassorah après avoir été bombardé lors de l'invasion de l'Irak par les États-Unis, qui a mis fin à des décennies de règne sans partage de Saddam Hussein. Mesurant 120 mètres de long et pesant plus de 7 000 tonnes, l'ancien yacht présidentiel avait été assemblé en Finlande et livré à l'Irak en 1983, selon le site web du designer danois Knud E. Hansen. (Crédit : SIMON WALKER / POOL / AFP)
    Cette photo prise le 10 avril 2003 montre des enfants irakiens devant le luxueux yacht du dictateur Saddam Hussein, le Al-Mansur, amarré à Bassorah après avoir été bombardé lors de l'invasion de l'Irak par les États-Unis, qui a mis fin à des décennies de règne sans partage de Saddam Hussein. Mesurant 120 mètres de long et pesant plus de 7 000 tonnes, l'ancien yacht présidentiel avait été assemblé en Finlande et livré à l'Irak en 1983, selon le site web du designer danois Knud E. Hansen. (Crédit : SIMON WALKER / POOL / AFP)
  • Un visiteur est assis dans un bureau du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd'hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, dans le sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
    Un visiteur est assis dans un bureau du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd'hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, dans le sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
  • La suite présidentielle à l'intérieur du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd'hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
    La suite présidentielle à l'intérieur du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd'hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
  • Une salle de réunion à l'intérieur du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd'hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
    Une salle de réunion à l'intérieur du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd'hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
  • Cette image aérienne montre le Basrah Breeze (à gauche), un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
    Cette image aérienne montre le Basrah Breeze (à gauche), un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
  • Une salon à l'intérieur du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd'hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
    Une salon à l'intérieur du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd'hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
  • Cette image aérienne montre le Basrah Breeze (à gauche), un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)
    Cette image aérienne montre le Basrah Breeze (à gauche), un yacht privé ayant appartenu à l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l'Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n'a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s'élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d'une mosquée et d'un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)

L’un gît échoué sur son flanc au milieu d’un fleuve, l’autre accueille désormais des visiteurs. Dans le sud de l’Irak, deux yachts témoignent de la folie des grandeurs de Saddam Hussein, renversé il y a 20 ans par une invasion américaine.

A Bassora, Al-Mansour (Le victorieux, en arabe) s’est incliné. Après avoir été touché par les frappes américaines en mars 2003, le bateau de 120 m de long a finalement pris l’eau.

A quelques centaines de mètres, Basrah Breeze, a lui été épargné. Amarré à un quai du Chatt al-Arab, fleuve où se mêlent les eaux du Tigre et de l’Euphrate, ce deuxième yacht de l’ancien dictateur irakien est en partie ouvert aux curieux depuis janvier.

A bord, le temps s’est figé.

Cette photo prise le 10 avril 2003 montre des enfants irakiens devant le luxueux yacht du dictateur Saddam Hussein, le Al-Mansur, amarré à Bassorah après avoir été bombardé lors de l’invasion de l’Irak par les États-Unis, qui a mis fin à des décennies de règne sans partage de Saddam Hussein. Mesurant 120 mètres de long et pesant plus de 7 000 tonnes, l’ancien yacht présidentiel avait été assemblé en Finlande et livré à l’Irak en 1983, selon le site web du designer danois Knud E. Hansen. (Crédit : SIMON WALKER / POOL / AFP)

Dans un salon, un fauteuil de barbier attend le client. Dans la suite présidentielle aux tons crèmes et dorés, un lit king size dominé par un baldaquin fait ménage avec des fauteuils imitant le style XVIIIe. Dans les salles de bains, la robinetterie est en or.

Rien de trop clinquant pour l’ancien président qui a dirigé l’Irak d’une main de fer de 1979 à 2003 et était connu pour son amour du luxe ostentatoire.

Surprise : Saddam Hussein n’a jamais navigué sur le Basrah Breeze. Et le luxueux bateau s’est trouvé une deuxième vocation. Il est rattaché au centre de recherches en sciences maritimes de l’université de Bassora.

« Tous ceux qui viennent sont médusés par le luxe du yacht », reconnaît Sajjad Kadhim, enseignant au centre.

La suite présidentielle à l’intérieur du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd’hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l’Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n’a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s’élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d’une mosquée et d’un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)

« Gaspillage » 

Long de 82 mètres, conçu par un chantier naval danois, le yacht livré au dictateur en 1981 peut embarquer près de 30 passagers et un équipage de 35 personnes.

Il y a 13 chambres, trois salles de réunion, une hélisurface, sans oublier un couloir secret menant à un sous-marin… pour s’enfuir en cas de danger, comme l’explique un panneau d’information.

« Tandis que le peuple irakien vivait les horreurs des guerres et un embargo, Saddam possédait un tel navire », déplore M. Kadhim, 48 ans, fustigeant le « gaspillage de l’ancien régime ».

Craignant les répercussions de la guerre Iran-Irak durant la décennie 1980, le dictateur l’avait cédé à la famille royale saoudienne, avant qu’il ne finisse en Jordanie, rappelle M. Kadhim.

Une salle de réunion à l’intérieur du Basrah Breeze, un yacht privé ayant appartenu à l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein, aujourd’hui amarré dans la voie navigable du Shatt al-Arab, dans la ville de Bassorah, au sud de l’Irak, le 2 mars 2023. Le navire, qui n’a jamais été utilisé par Saddam Hussein, mesure 82 mètres et s’élève sur quatre étages. Il est équipé de piscines, d’une mosquée et d’un lanceur de missiles. (Crédit : Hussein FALEH / AFP)

En 2008, alors amarré à Nice, en France, le bateau s’était retrouvé au cœur d’une saga judiciaire.

Les autorités irakiennes en revendiquaient la propriété après avoir découvert sa mise en vente pour près de 35 millions de dollars par une société basée aux Iles Caïman.

Le gouvernement irakien a finalement obtenu gain de cause. Mais n’arrivant pas à le vendre, il a finalement décidé en 2009 de le rapatrier à Bassora.

« Ce qui me plaît, c’est l’équipement ancien, le fax et les vieux téléphones dans la salle des commandes », raconte à l’AFP l’universitaire Abbas al-Maliki. « Ca m’a rappelé l’ère d’avant internet », ajoute ce visiteur.

Quant au second yacht, Al-Mansour, il est toujours à moitié immergé, sa carcasse rouillée dépassant des eaux du Chatt al-Arab.

Cette photo prise le 13 mai 2003 montre des enfants irakiens devant le luxueux yacht du dictateur Saddam Hussein, le Al-Mansur, amarré à Bassorah après avoir été bombardé lors de l’invasion de l’Irak par les États-Unis, qui a mis fin à des décennies de règne sans partage de Saddam Hussein. Mesurant 120 mètres de long et pesant plus de 7 000 tonnes, l’ancien yacht présidentiel avait été assemblé en Finlande et livré à l’Irak en 1983, selon le site web du designer danois Knud E. Hansen. (Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP)

« Protéger des bombardements » 

Pesant plus de 7 000 tonnes, Al-Mansour a été assemblé en Finlande et livré en 1983, selon le site du concepteur danois Knud E. Hansen. Il pouvait accueillir 32 passagers et un équipage de 65 personnes.

Amarré dans le Golfe juste avant l’offensive de 2003, Saddam l’avait fait remonter le long du Chatt al-Arab « pour le protéger des bombardements des avions américains », raconte l’ingénieur maritime Ali Mohamed. « Ce fut un échec ».

En mars 2003 « plusieurs raids ont été menés contre le yacht sur plusieurs jours. Il a été bombardé au moins à trois reprises, mais il n’a jamais coulé », raconte Qahtan al-Obeid, autrefois responsable du Patrimoine à Bassora.

Le président irakien Saddam Hussein salue ses partisans à Bagdad, en Irak, sur cette photo du 18 octobre 1995, un jour après avoir prêté serment comme président pendant encore sept ans. (AP Photo/INA)

Sur des photos prises par l’AFP en 2003, on peut voir Al-Mansour encore sur l’eau, les étages supérieurs ravagés par un incendie provoqué par les bombardements. Mais en juin 2003, le bateau penche déjà dangereusement.

Le navire a basculé « quand les moteurs ont été volés. Cela a créé des ouvertures et l’eau s’est engouffrée, provoquant un déséquilibre », explique M. Obeid.

Dans un pays déchiré par des décennies de guerre, les autorités ont lancé une campagne pour sortir les épaves de bateaux plus petits échoués dans le Chatt al-Arab.

Mais Al-Mansour « est un très grand bateau, il doit être découpé puis retiré », explique M. Obeid. « Ce sera coûteux et difficile ».

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