Erdan: le remplacement de Roni Alsheich n’a rien à voir avec le Premier ministre
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Erdan: le remplacement de Roni Alsheich n’a rien à voir avec le Premier ministre

Gilad Erdan reconnaît avoir des divergences de vues avec Roni Alsheich, et désigne les candidats au poste de futur chef de la police : Moshe Edri, David Bitan, et Yoram Halevi

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan annonce les candidats au poste de chef de la police pour succéder à Roni Alsheich, le 13 septembre 2018. (Roy Alima/Flash90)
Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan annonce les candidats au poste de chef de la police pour succéder à Roni Alsheich, le 13 septembre 2018. (Roy Alima/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a insisté jeudi sur le fait qu’il n’avait pas été influencé par le Premier ministre dans sa décision de ne pas prolonger le mandat du chef de la police Roni Alsheich, en annonçant trois candidats pour le remplacer.

Erdan a expliqué que lui et Alsheich avaient eu « des désaccords sur diverses questions importantes » mais a ajouté qu’il ne regrettait pas sa nomination. Au sujet de la décision de ne pas prolonger le mandat du chef de la police, il a déclaré : « la prolongation du mandat n’est pas un fait acquis et ne l’a jamais été et constitue en soi une mesure exceptionnelle. »

La décision de M. Erdan a fait l’objet de critiques immédiates, car M. Alsheich a dirigé la police dans son enquête sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans trois affaires de corruption distinctes.

Il a démenti les allégations selon lesquelles la décision de ne pas prolonger le mandat d’Alsheich pour une quatrième année, comme il est d’usage, venait d’en haut en raison de la relation conflictuelle du chef de la police avec le Premier Ministre et comme une éventuelle tentative destinée à contenir l’action policière à l’égard de ce dernier.

« J’ai reçu des instructions claires du procureur général sur les personnes que je pouvais consulter au cours du processus et je les ai suivies », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. « Je n’ai pas informé le Premier ministre ou les ministres [sur le processus]. »

Après l’annonce, la chef de l’opposition Tzipi Livni de l’Union sioniste a appelé à mettre fin à la « pratique grotesque » consistant à limiter le mandat à trois ans et à « permettre au chef de la police d’être indépendant sans constamment remettre en cause la prorogation de son mandat ». Le président de Yesh Atid, Yair Lapid, a déclaré que cette décision était directement liée aux enquêtes du Premier ministre et le président de l’Union sioniste, Avi Gabbay, a déclaré qu’une « ombre lourde » plane sur cette décision.

Le chef de la police israélienne Roni Alsheich s’exprime lors d’une conférence de presse au quartier général de la police à Jérusalem, le 17 avril 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu, qui fait l’objet d’une enquête dans trois affaires, n’avait guère caché ses différends avec Alsheich au cours de l’année écoulée, l’accusant de divulguer des informations à la presse et de mener une « chasse aux sorcières ».

M. Alsheich doit quitter son poste en décembre.

Erdan a présenté les candidats pour remplacer Alsheich : Yoram Halevi, chef de la police de Jérusalem, David Bitan, chef de la police de Tel Aviv, et Moshe Edri, ancien chef de la police de Tel Aviv et directeur général du ministère de la Sécurité publique.

Le chef de la police de Jérusalem, Yoram Halevi, s’adresse à la presse au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 27 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les trois candidats seront soumis à une commission gouvernementale qui devra donner son avis sur la pertinence éthique des personnes proposées.

Il a déclaré que la tâche principale du prochain chef de la police sera la lutte contre la violence et la criminalité dans le secteur arabe. Les dirigeants arabes accusent depuis longtemps les dirigeants israéliens de ne pas faire assez pour endiguer la criminalité et les meurtres endémiques dans les villes arabes du pays.

« Des fonds importants ont été alloués ces dernières années, mais les résultats ne sont pas encore satisfaisants et la criminalité dans la population arabe reste très élevée », a reconnu M. Erdan.

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