Erdogan jure de défendre Jérusalem face aux « envahisseurs » israéliens
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Erdogan jure de défendre Jérusalem face aux « envahisseurs » israéliens

Le Turc a affirmé qu'il combattra "ceux qui mènent un terrorisme d'Etat contre les Palestiniens" une semaine après qu'un article de presse a suggéré une réconciliation

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors qu'il serre la main à l'émir du Qatar, le sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, avant les discussions au palais présidentiel d'Ankara, en Turquie, le 15 août 2018 (Crédit : Service de presse présidentiel via l'AP , Pool)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors qu'il serre la main à l'émir du Qatar, le sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, avant les discussions au palais présidentiel d'Ankara, en Turquie, le 15 août 2018 (Crédit : Service de presse présidentiel via l'AP , Pool)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué dimanche qu’il défendra Jérusalem contre les « envahisseurs » israéliens et ceux qui mènent un « terrorisme d’Etat » contre les Palestiniens.

Dans un discours prononcé à la fondation TURKEN située à New York, le leader turc a également fait savoir qu’il continuera sa bataille diplomatique contre Israël et les Etats-Unis au sujet de l’avenir de la capitale israélienne, selon l’agence de presse Anadolu.

« Nous n’abandonnerons pas Jérusalem, notre première qiblah [direction de prière islamique] aux envahisseurs et à ceux qui perpétuent un terrorisme d’Etat à l’encontre des Palestiniens », a-t-il dit.

Erdogan, qui se trouve aux Etats-Unis pour assister à l’Assemblée générale de l’ONU, a ajouté que la Turquie continuera sa lutte contre « les violations perpétrées par les gouvernements israélien et des Etats-Unis dans la ville sainte au plus haut niveau de la diplomatie », a-t-il dit, des propos repris par l’agence.

Selon un article paru dans un média en hébreu, la semaine dernière, Israël et la Turquie discuteraient en coulisses pour tenter de réinstaurer des relations diplomatiques au plus bas actuellement entre les deux nations.

Une vue du mur Occidental et du dôme du rocher, certains des lieux les plus saints des Juifs et des musulmans, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 6 décembre 2017 (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Après les manifestations violentes sur la frontière avec Gaza au mois de mai, qui ont fait 60 morts du côté Palestinien – majoritairement des membres du Hamas et d’autres groupes terroristes – le leader turc avait attribué la responsabilité des morts à Israël, qualifiant le pays « d’Etat terroriste » coupable de « génocide ». La Turquie avait ensuite rappelé son ambassadeur et expulsé l’envoyé israélien, Eitan Naeh, et le consul à Istanbul.

Israël avait alors riposté en expulsant le consul-général de Turquie à Jérusalem et convoqué le vice-ambassadeur du pays à Tel Aviv pour le réprimander.

Selon l’article paru dans le quotidien Yedioth Ahronoth, si ces dernières négociations doivent porter leurs fruits, les deux gouvernements feront revenir respectivement leurs envoyés après la période des fêtes juives, approximativement au début du mois d’octobre, environ cinq mois après cette vive querelle – la dernière en date d’une série de crises diplomatiques survenues au cours des dernières années.

Deux jets privés, israélien et turc, ont quitté leurs pays respectifs pour Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis, dimanche matin, via Amman, selon l’article. Ces vols seraient liés aux pourparlers en cours, mais aucun des deux gouvernements n’a confirmé cette information.

La Turquie a déjà rétabli ses liens économiques avec Israël.

Alors qu’Ankara, sous la gouvernance du président islamiste Recep Tayyip Erdogan, s’est positionné comme partisan du Hamas et autres groupes terroristes farouchement anti-israéliens depuis son arrivée au pouvoir en 2003, les deux nations se retrouvent à partager des intérêts vitaux sur plusieurs fronts et en particulier en Syrie.

Alors que la guerre civile syrienne touche à sa fin, la Turquie sunnite craint, à l’instar d’Israël, la domination de l’Iran chiite sur ce territoire voisin, au sud.

Des manifestants palestiniens rassemblés le long de la barrière frontalière israélienne à l’est de la ville de Gaza, alors que de la fumée émane de pneus, le 21 septembre 2018. (AFP / Said Khatib)

Les observateurs ont noté ces dernières semaines que la Turquie, habituellement au premier plan pour critiquer Israël, a conservé le silence sur les frappes aériennes rapportées de l’armée israélienne contre les transports d’armes et installations militaires de l’Iran et du Hezbollah en Syrie.

La Turquie doit également affronter une crise économique et une devise qui ne cesse de s’effondrer dans un contexte de brouille diplomatique et de dispute commerciale avec les Etats-Unis sur la détention par Ankara d’un pasteur américain dans le pays, qui est accusé d’espionnage.

Même à l’apogée de la dernière crise diplomatique, au mois de mai, les responsables israéliens ont toujours pris la peine d’établir clairement que les relations pouvaient encore être restaurées.

« La Turquie est un État important dans la région et même si son président a tenu des propos très graves contre les dirigeants et les actions israéliennes, je pense que nous avons agi aussi dans la même veine », avait alors commenté la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely. « Nous avons dit qu’un dictateur comme lui, qui laisse couler le sang et se comporte avec tant de cruauté, n’a pas de leçons à nous donner ».

Les responsables israéliens avaient rendu à Erdogan la monnaie de sa pièce, le Premier ministre Benjamin Netanyahu estimant qu’Erdogan « comprend très bien ce que sont le terrorisme et les massacres » et qu’il n’avait pas de leçons à donner sur l’éthique militaire.

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