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Erdogan reçoit Abbas une semaine après le rétablissement des liens avec Israël

Le président turc a déclaré au chef de l'Autorité palestinienne qu'il utilisera les relations renouvelées avec Israël comme levier pour défendre les intérêts des Palestiniens

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à gauche, marchant avec le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au centre, lors d'une cérémonie officielle de bienvenue au complexe présidentiel d'Ankara, le 23 août 2022. (Crédit : Adem Altan/AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à gauche, marchant avec le dirigeant de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au centre, lors d'une cérémonie officielle de bienvenue au complexe présidentiel d'Ankara, le 23 août 2022. (Crédit : Adem Altan/AFP)

Mahmoud Abbas, dirigeant de l’Autorité palestinienne, a été accueilli par le président turc Recep Tayyip Erdogan mardi, une semaine seulement après que la Turquie et Israël ont annoncé un renforcement complet de leurs relations diplomatiques.

Erdogan a reçu Abbas pour la deuxième fois cette année. Cette visite est grandement considérée comme une tentative de rassurer le dirigeant de l’Autorité palestinienne sur le fait que le soutien de la Turquie aux Palestiniens ne faiblira pas malgré le renouvellement des relations avec l’État juif.

S’exprimant lors d’un événement médiatique conjoint à Ankara, Erdogan a déclaré que « les mesures prises dans [les] relations avec Israël ne diminueront en rien [le] soutien à la cause palestinienne ».

Erdogan a déclaré à Abbas que le renouvellement des relations profiterait à ses « frères » palestiniens, la Turquie pouvant utiliser ses nouveaux canaux diplomatiques pour plaider en faveur d’une « solution à la question palestinienne et améliorer la situation du peuple palestinien ».

Malgré le réchauffement des relations israélo-turques au cours de l’année écoulée, Erdogan ne s’est pas privé de critiquer la politique israélienne, tout récemment lors de l’opération Aube en août, un fait qu’il a souligné comme preuve du soutien continu de la Turquie à la cause palestinienne.

« La Turquie défend sa vision d’une solution à deux États sur tous les fronts, et nous avons clairement affiché notre réponse aux attaques israéliennes et aux pertes civiles », a déclaré Erdogan.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, et le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas se serrent la main lors d’une cérémonie de bienvenue à Ankara, en Turquie, le 23 août 2022. (Crédit : AP Photo/Burhan Ozbilici)

Sans faire référence aux relations renouvelées de la Turquie avec Israël, Abbas a remercié Erdogan pour le soutien de son pays à la cause palestinienne.

« Nous savons que la Turquie et ses institutions sont aux côtés du peuple palestinien et de l’État palestinien dans tous les domaines, et qu’elle les soutient sur la scène internationale. »

« Je tiens à vous remercier pour la grande attention et l’hospitalité que vous nous avez témoignées », a déclaré Abbas à Erdogan.

Israël, par le passé, était un allié de longue date de la Turquie – avant qu’un commando ne mène en 2010 un raid sur le navire Marmara qui, avec une flottille, s’était donné pour objectif de briser le blocus maritime de Gaza. Les affrontements qui avaient suivi entre membres de l’équipage et soldats israéliens avaient fait dix morts.

Les relations s’étaient ensuite quelque peu améliorées mais les deux pays avaient retiré leurs ambassadeurs après qu’Erdogan a accusé, en 2018, l’État juif de « terrorisme d’État » et de « génocide » quand des dizaines de Palestiniens ont été tués dans des émeutes à Gaza, au mois de mai de cette année-là. Les émeutes avaient été entraînées par le transfert controversé de l’ambassade américaine à Jérusalem, initié par le président Donald Trump.

Certains signes avaient montré, cette année, qu’Erdogan cherchait une accalmie avec Israël. Herzog s’était alors rendu à Ankara dans le cadre d’un déplacement officiel au mois de mars, et il avait été accueilli par une procession militaire.

La Turquie et Israël ont annoncé le rétablissement complet de leurs relations la semaine dernière, y compris la réinstallation de leurs ambassadeurs.

Erdogan a probablement cherché à améliorer les relations avec Jérusalem pour réduire l’isolement politique et économique croissant de la Turquie. La devise turque s’est écroulée, ces dernières années, ce qui laisse la Turquie dans de fortes difficultés économiques alors que des élections se profilent pour 2023.

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