Espagne : 4 302 descendants de Juifs séfarades expulsés en 1492, ont été naturalisés
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Espagne : 4 302 descendants de Juifs séfarades expulsés en 1492, ont été naturalisés

Au moins 200 000 Juifs vivaient en Espagne lorsqu'ils ont dû choisir entre l'expulsion ou la conversion

Rue des Juifs, Toledo, Espagne, juin 2010 (Crédit : CC BY Daytonarolexboston/Wikimedia Commons)
Rue des Juifs, Toledo, Espagne, juin 2010 (Crédit : CC BY Daytonarolexboston/Wikimedia Commons)

Le Conseil des ministres espagnols a octroyé vendredi la nationalité espagnole à 4 302 descendants de Juifs séfarades expulsés de la péninsule ibérique en 1492, par un « décret royal du gouvernement » de naturalisation, en dehors de la procédure classique.

Le ministre de la Justice, Rafael Catala, a rappelé qu’une nouvelle loi facilitant la naturalisation des descendants des Juifs séfarades, votée en juin, était bien entrée en vigueur jeudi. Mais il a expliqué que le gouvernement avait décidé d' »accélérer la procédure » pour 4 302 dossiers déposés il y a déjà longtemps.

Il s’agit « de pouvoir accorder la nationalité à 4 302 personnes d’origine séfarade qui pourraient bénéficier de la loi de 2015 mais cela se fait de cette manière pour faciliter les formalités, parce que leurs dossiers étaient déjà en cours de traitement depuis longtemps », a expliqué Catala.

Cette décision discrétionnaire du gouvernement prend en considération l’existence de « circonstances exceptionnelles », a dit le ministre, en référence à des « liens historiques avec l’Espagne ».

En juin, le Congrès (chambre basse) avait adopté une loi permettant aux descendants des Juifs expulsés d’Espagne par les rois catholiques en 1492 d’obtenir facilement la nationalité, pour réparer « une erreur historique », cinq siècles plus tard. Proposée par le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy, la loi avait été votée à l’unanimité. En Israël, le ministère des Affaires étrangères s’en était félicité.

Avant l’entrée en vigueur de cette loi, l’Espagne acceptait déjà d’octroyer la nationalité aux Juifs dont l’origine séfarade avait été prouvée.

Mais ils pouvaient seulement la solliciter à l’issue de deux ans de résidence en Espagne ou par le biais d’une lettre de naturalisation, donc à la discrétion du Conseil des ministres. Dans la majorité des cas, il fallait aussi que les intéressés abandonnent tout autre passeport.

Les estimations varient mais selon les historiens, au moins 200 000 Juifs vivaient en Espagne lorsque les rois Isabelle et Ferdinand leur ont ordonné de se convertir ou de partir après des années de ségrégation grandissante.

Les Juifs d’Espagne, qui avaient vécu en paix avec musulmans et chrétiens pendant des siècles, devaient partir en quelques semaines et avaient interdiction de revenir, sous peine de mort.

Les exilés avaient fui vers l’Italie, l’Afrique du nord, l’Empire Ottoman, les Balkans ou encore le Portugal. Ce sont les Juifs « séfarades » – ce mot signifiant « Espagne » en hébreu – dont la culture s’est répandue ensuite dans toute l’aire méditerranéenne.

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