Espagne : La loi sur la citoyenneté prolongée d’un an pour les juifs séfarades
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Espagne : La loi sur la citoyenneté prolongée d’un an pour les juifs séfarades

La législation qui offre la nationalité espagnole aux descendants des Juifs contraints à fuir durant l'Inquisition va rester en vigueur jusqu'en octobre 2019

Des colonnes à l’intérieur de la synagogue de Toledo, Espagne, juin 2008 (Crédit : Zmorgan/domaine publique/Wikimedia Commons)
Des colonnes à l’intérieur de la synagogue de Toledo, Espagne, juin 2008 (Crédit : Zmorgan/domaine publique/Wikimedia Commons)

MADRID – L’Espagne a fait savoir vendredi qu’elle prolongerait d’un an une loi qui facilite l’obtention de la citoyenneté en faveur des descendants des Juifs contraints de fuir, il y a cinq siècles, durant l’Inquisition espagnole.

Cette législation – qui a pour objectif de corriger « l’erreur historique » de l’envoi des Juifs en exil en 1492, les forçant à se convertir au catholicisme sous peine de finir sur le bûcher – était entrée en vigueur au mois d’octobre 2015 et devait s’achever au mois d’octobre 2018.

Mais un porte-parole du gouvernement, Inigo Mendez de Vigo, a indiqué que le cabinet espagnol avait accepté de prolonger cette mesure d’un an, jusqu’au mois d’octobre 2019.

Jusqu’à présent, ce sont 6 432 Juifs d’origine espagnole – également connus sous le nom de Juifs séfarades – qui ont obtenu la citoyenneté espagnole sans devoir abandonner leur autre nationalité, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse qui a suivi une réunion hebdomadaire de cabinet.

Le gouvernement espagnol avait estimé, lors de l’adoption de la loi, qu’approximativement 90 000 personnes réclameraient la citoyenneté, même si les responsables avaient ajouté qu’il n’y avait pas de moyen précis de savoir combien de descendants pourraient répondre aux critères nécessaires.

Les candidats à la citoyenneté ne doivent pas être nécessairement pratiquants mais leurs origines juives doivent être confirmées par la Fédération espagnole des communautés juives, une organisation-cadre pour les groupes juifs, ou par les rabbins dans leur lieu d’habitation initial.

Des enfants se tiennent aux abords de la synagogue‘El Transito’ et du musée séfarade de Tolède, en Espagne, le 27 février 2014 (Crédit : AFP/Gerard Julien)

Ils doivent également passer des tests sur la culture et la langue espagnoles, et prouver qu’ils entretiennent une « connexion spéciale » avec l’Espagne. Mais ils n’ont pas besoin de vivre dans le pays.

Avant l’adoption de la loi, les Juifs séfarades devaient, dans la majorité des cas, vivre en Espagne depuis au moins deux ans avant d’obtenir la nationalité espagnole et ils devaient abandonner leur citoyenneté existante, ce qui avait écarté de nombreux candidats potentiels.

Alors que les groupes Juifs ont salué la loi lors de son adoption, certains leaders de la communauté ont estimé que les exigences étaient trop lourdes.

Le gouvernement a fait savoir dans un communiqué qu’il avait prolongé la loi en raison des « difficultés » affrontées par les candidats lors de l’obtention des documents nécessaires et face au « temps requis pour passer les tests ».

Même si les estimations varient, les historiens estiment qu’au moins 200 000 Juifs vivaient en Espagne avant que les souverains catholiques Isabella et Ferdinand ne leur ordonnent de se convertir au catholicisme ou de quitter le pays.

Un grand nombre de Juifs qui avaient refusé étaient morts sur les bûchers de l’inquisition.

Jusqu’à 3,5 millions de personnes dans le monde seraient d’origine juive séfarade – le mot en hébreu voulant dire « espagnol ».

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