Ex-chef de la BBC : les juifs votant pour Corbyn sont comme les musulmans votant pour Trump
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Ex-chef de la BBC : les juifs votant pour Corbyn sont comme les musulmans votant pour Trump

Danny Cohen ne pense pas que le Parti travailliste anglais a suffisamment attaqué ses éléments antisémites

Danny Cohen, l'ex directeur de la BBC (Crédit : autorisation)
Danny Cohen, l'ex directeur de la BBC (Crédit : autorisation)

Etre un juif britannique qui vote pour le Parti travailliste de Jeremy Corbyn est comme être un musulman américain qui vote pour Donald Trump, a déclaré l’ancien directeur juif de BBC Television pendant un entretien publié samedi, alors qu’il se lançait dans le débat en cours sur les attitudes antisémites au sein du parti de l’opposition sous sa nouvelle direction.

S’adressant au Times of London, Danny Cohen a exprimé ses préoccupations profondes sur la montée de l’antisémitisme au sein du parti travailliste, qui empêche selon lui les juifs de le soutenir.

« Si vous êtes juifs, comment pouvez-vous voter pour eux ? Comment ? Pour moi, ce serait comme être musulman et voter pour Donald Trump, commet pouvez-vous ? », a demandé Cohen, faisait référence au candidat républicain à la présidentielle américaine qui avait appelé à interdire l’entrée des Etats-Unis aux musulmans.

Cohen a également critiqué la réponse qu’il a dite terne du parti au sentiment antisémite dans ses rangs.

« Vous devez être absolument certain qu’il est totalement inacceptable et que cela ne sera pas toléré et je n’ai personnellement pas le sentiment que c’est ce qu’il se produit au Parti travailliste », a-t-il déclaré.

Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn pendant la conférence annuelle de son parti à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015. (Crédit : Leon Neal / AFP)
Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn pendant la conférence annuelle de son parti à Brighton, en Angleterre, le 29 septembre 2015. (Crédit : Leon Neal / AFP)

Les détracteurs de Corbyn disent que son soutien passé à des ennemis d’Israël comme le Hamas et le Hezbollah enhardit maintenant des militants travaillistes qui font des remarques antisémites, et érode la confiance de la communauté juive dans ce parti qui a historiquement été le foyer politique de beaucoup de ses membres. Les partisans de Corbyn affirment cependant que le renvoi de tels militants illustre la détermination du chef du Parti travailliste à combattre les injures et l’antisémitisme.

Le débat a atteint un point critique le mois dernier quand Jonathan Arkush, dirigeant du conseil des députés juifs de Grande-Bretagne, a déclaré que sous Corbyn, « la plupart des personnes de la communauté juive ne pouvaient plus faire confiance au Parti travailliste ». Pendant un entretien avec l’Evening Standard, Arkush a cité une série d’incidents antisémites impliquant des militants travaillistes. Les médias britanniques ont parlé d’au moins cinq cas depuis mars.

L’affaire qui a déclenché les reproches d’Arkush est celle de Vicky Kirby, une militante qui a suggéré sur les réseaux sociaux qu’Adolf Hitler a pu être un « dieu sioniste » et que les juifs ont des « grands nez ». Elle a été suspendue.

Dans un autre cas, Aysegul Gurbuz, élue municipale de la région de Londres, a été suspendue puis a démissionné après qu’il a été trouvé sur son compte Twitter de vieux tweets rendant hommage à Hitler et au projet de l’Iran pour « effacer Israël de la carte ».

Arkush a accusé Corbyn la semaine dernière de diminuer le problème d’antisémitisme présumé du parti.

« Nous ne pouvons pas imaginer que les préoccupations d’une autre minorité soient rejetées de cette manière », a-t-il déclaré selon les Jewish news de Londres, ajoutant qu’il était « profondément préoccupé » par la gestion du parti de la haine antisémite dans ses rangs.

« Ces dernières semaines, nous avons été témoins d’un flot d’affaires claires d’antisémitisme au Parti travailliste, qui ne peut pas être simplement mis sur le dos de différents sur Israël », a-t-il déclaré.

Corbyn a déclaré que tout incident antisémite déclencherait immédiatement une enquête, mais des membres importants de son parti ont exprimé des inquiétudes, craignant que le parti n’en fasse pas assez.

JTA et l’AFP ont contribué à cet article.

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