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Jérusalem : Sous la pression des Haredim, Café Basimta décide de fermer le samedi

Selon les propriétaires de ce café - projet officiel de Jews for Jesus -, ces « tensions » qui durent depuis des mois sont contraires à leur foi ; pour un responsable politique local, cette décision marque une victoire pour le « terrorisme »

Des hommes haredim manifestent devant le Café Basimta pour dénoncer son ouverture à Shabbat, tandis que des contre-manifestants laïques se tiennent face à eux, à Jérusalem, le 8 août 2026. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)
Des hommes haredim manifestent devant le Café Basimta pour dénoncer son ouverture à Shabbat, tandis que des contre-manifestants laïques se tiennent face à eux, à Jérusalem, le 8 août 2026. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

Le Café Basimta, un établissement du centre-ville de Jérusalem pris pour cible à plusieurs reprises par des manifestants ultra-orthodoxes parce qu’il reste ouvert à Shabbat, a annoncé jeudi qu’il fermerait désormais ses portes le samedi.

La décision de fermer, à compter de ce Shabbat, « a été prise après de longues délibérations et à contrecœur, dans le but d’apaiser la colère et de rétablir la paix au sein du café », a indiqué Basimta dans un communiqué.

Le porte-parole de Basimta avait annoncé mercredi que l’établissement du centre-ville de Jérusalem, pris pour cible à plusieurs reprises par des manifestants ultra-orthodoxes parce qu’il reste ouvert à Shabbat, envisageait de fermer ses portes le samedi pour faire face à la pression croissante.

Les manifestations se sont intensifiées ces dernières semaines, et certains craignent que la situation ne dégénère et ne devienne incontrôlable.

Le café prendra une décision définitive à ce sujet dans les prochains jours, a précisé le porte-parole.

Les manifestations contre le Café Basimta ont commencé le 4 juillet, lorsque des dizaines de manifestants ultra-orthodoxes, dont beaucoup étaient mineurs, se sont rassemblés devant l’établissement en plusieurs vagues, frappant les vitres et, selon le personnel, renversant des tables.

Des manifestants ultra-orthodoxes s’affrontant avec la police lors d’une manifestation contre un café ouvert le samedi, dans le centre-ville de Jérusalem, le 25 juillet 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

À une autre occasion, des dizaines d’hommes haredim ont enfoncé les barricades et tenté de s’introduire de force à l’intérieur.

Le mois dernier, une femme a collé la serrure du café, provoquant un bref retard à son ouverture.

Des clients laïcs ont afflué au café en réponse aux manifestations afin de soutenir l’établissement. Des contre-manifestations en faveur du maintien de l’ouverture du café à Shabbat ont également eu lieu, la police étant présente sur place pour minimiser les affrontements entre les groupes.

Le conflit est compliqué par le fait que ce café est un projet officiel de « Jews for Jesus », une organisation missionnaire chrétienne qui cherche à convertir les Juifs à la foi en Jésus. Yoel Ben David, le gérant du café, est le responsable en chef du groupe à Jérusalem.

Ce lien a suscité un certain malaise chez des partisans laïcs qui se sont mobilisés pour soutenir le café. Le club de football Hapoel Jérusalem a retiré son offre de publicité gratuite pour l’établissement après avoir pris connaissance de son affiliation, tout en réaffirmant son soutien à la liberté d’exploitation du café.

« Il s’agit d’une décision difficile et douloureuse qui découle d’un profond sens des responsabilités envers nos clients, notre foi et la société israélienne dans son ensemble », a déclaré jeudi Eli Birnbaum, PDG de Jews for Jesus.

« Ces derniers mois, le café est devenu un foyer de tensions et de dangers, une réalité qui va à l’encontre de notre identité en tant que Juifs croyant en Jésus et de notre conviction qu’il faut aimer les autres, faire preuve de respect et rapprocher les gens. Nous souhaitons redonner au Café Basimta sa vocation initiale : un lieu calme, agréable et ouvert, propice au café, à la culture et à la conversation. »

Adir Schwartz, le chef du parti municipal libéral de Jérusalem, Hitorerut, a estimé que la décision de fermer le café créait « un dangereux précédent, celui d’une victoire du terrorisme extrémiste, malgré le soutien massif des sionistes dont cet établissement a bénéficié, tant de notre part que de celle des citoyens de tout le pays ».

Schwartz a ajouté qu’Hitorerut « étudiait la possibilité d’ouvrir un café à cet endroitdurant Shabbat – car nous ne pouvons tout simplement pas laisser la violence l’emporter ». On ignore pour l’instant s’il faisait référence à l’ouverture d’un autre café à proximité.

De son côté, l’organisation haredi anti-missionnaire Yad LeAchim s’est engagée dans un communiqué à poursuivre ses piquets de grève devant le café jusqu’à sa fermeture définitive.

« La guerre n’est pas finie », a lancé le groupe haredi. « Nous nous battrons sans relâche jusqu’à ce que… la souillure missionnaire disparaisse de la ville sainte de Jérusalem. »

L’application des lois relatives au travail pendant Shabbat est un sujet de discorde récurrent en Israël, sur fond de désaccord plus général concernant les relations entre la religion et l’État.

Des militants laïcs brandissant des pancartes lors d’une contre-manifestation contre des hommes haredim au Café Basimta, à Jérusalem, le 15 août 2026. L’inscription en hébreu signifie « Nous préférerions mourir plutôt que de boire du café instantané », un jeu de mots sur un slogan utilisé par les hommes haredim contre la conscription dans l’armée. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Les législations municipales et nationales divergent souvent, ce qui peut entraîner des conflits entre les autorités municipales et le gouvernement national, ainsi que des dissensions locales.

Partout dans le pays, des commerces sont parfois vandalisés par des extrémistes haredim qui s’opposent à leur ouverture à Shabbat.

Jérusalem est devenue de plus en plus orthodoxe au fil des ans, chassant ainsi une grande partie de sa population laïque.

Ces affrontements s’inscrivent dans un contexte de tensions plus larges entre la communauté ultra-orthodoxe et la population laïque autour de la question du service militaire des Haredim. Ces derniers mois ont été marqués par des manifestations répétées contre l’enrôlement et l’arrestation de réfractaires ultra-orthodoxes, dont certaines ont été violentes à Jérusalem.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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